📖 Tafsir - Ad-Dukhan 44:30-59 - La délivrance des Enfants d’Israël et l’au-delà
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📚 Étude des Versets
📌 Le choix de Bani Isra’il, l’arbre de Zaqqoum, les délices du Paradis et le Coran facilité
Référence : Sourate Ad-Dukhan (44), Versets 30-59
Contexte du signet :
Cette seconde partie de la sourate Ad-Dukhan traite du choix des Enfants d’Israël, réfute ceux qui nient la résurrection, puis présente un contraste saisissant entre le sort des damnés — nourris de l’arbre de Zaqqoum et abreuvés d’eau bouillante — et celui des pieux — vêtus de soie et de brocart, accompagnés de houris aux grands yeux. La sourate se conclut par l’affirmation que le Coran a été « facilité dans ta langue » pour servir de rappel, et que la promesse d’Allah est certaine.
Versets clés en français :
44:34-36 : « Ceux-là [les polythéistes] disent : “Il n’y a que notre première mort et nous ne serons pas ressuscités. Faites-nous donc revenir nos ancêtres, si vous êtes véridiques !” Sont-ils meilleurs que le peuple de Tubba’ et ceux qui les ont précédés ? Nous les avons anéantis. Ils étaient certes des criminels. »
44:38-39 : « Ce n’est pas par divertissement que Nous avons créé les cieux et la terre et ce qui est entre eux. Nous ne les avons créés qu’en toute vérité. Mais la plupart d’entre eux ne savent pas. »
44:43-46 : « Certes l’arbre de Zaqqoum sera la nourriture du pécheur. Comme du métal en fusion, il bouillonnera dans les ventres comme l’eau bouillante. “Saisissez-le et traînez-le en plein dans la Fournaise, puis déversez sur sa tête la souffrance de l’eau bouillante !” »
44:47 : « “Goûte ! Toi [qui prétendais être] le puissant, le noble !” »
44:51-55 : « Les pieux seront dans une demeure sûre, dans des jardins et des sources, vêtus de soie fine et de brocart, face à face. C’est ainsi. Et Nous leur donnerons pour épouses des houris aux grands yeux. Ils y demanderont en toute quiétude toutes sortes de fruits. Ils n’y goûteront pas la mort sauf leur première mort. Et [Allah] les aura préservés du châtiment de la Fournaise. »
44:58 : « Nous l’avons rendu facile [le Coran] dans ta langue, afin qu’ils se rappellent. »
44:59 : « Attends donc ! Eux aussi attendent. »
Tafsir consulté :
- [x] Ibn Kathir
- [ ] At-Tabari
- [ ] Al-Qurtubi
- [ ] Autre : _______________
Notes du tafsir :
Ibn Kathir conclut l’analyse d’Ad-Dukhan par un contraste entre les certitudes de la résurrection, le sort des damnés et celui des bienheureux, et la facilité du Coran.
Points clés :
Le déni de la résurrection réfuté (v.34-36) : Les polythéistes disent : « Il n’y a que notre première mort et nous ne serons pas ressuscités. » Ils défient : « Faites-nous revenir nos ancêtres ! » Allah répond par un argument historique : « Sont-ils meilleurs que le peuple de Tubba’ ? » Ibn Kathir explique que Tubba’ était un roi du Yémen (des rois himyarites) dont le peuple fut anéanti pour sa mécréance. Si des peuples plus puissants que les Qurayshites ont été détruits, comment les Qurayshites peuvent-ils se sentir en sécurité ? Le Prophète ﷺ a dit : « Ne maudissez pas Tubba’, car il était devenu croyant. » (Rapporté par At-Tabarani ; cité par Ibn Kathir)
La création n’est pas un jeu (v.38-39) : « Ce n’est pas par divertissement (lâ’ibîn) que Nous avons créé les cieux et la terre. Nous ne les avons créés qu’en toute vérité (bi-l-haqq). » Ibn Kathir souligne que ce verset établit le principe fondamental du dessein divin : la création a un but — l’épreuve, l’adoration, la rétribution. Si la création avait été sans but, il n’y aurait ni Jugement ni résurrection. Or la vérité exige que chaque acte soit rétribué — d’où la nécessité du Jour du Jugement. « Mais la plupart d’entre eux ne savent pas. »
Le Jour du Jugement : le Jour du Départage (v.40-42) : « Le Jour du Départage (yawm al-fasl) est le rendez-vous de tous. Le jour où un allié ne sera d’aucune utilité pour un autre, et ils ne seront pas secourus, sauf celui à qui Allah aura accordé Sa miséricorde. » Ibn Kathir explique que ce jour « départagera » définitivement la vérité du mensonge, les croyants des mécréants. Aucun allié, aucun protecteur ne servira — sauf la miséricorde d’Allah pour ceux qui l’ont méritée par la foi et les bonnes œuvres.
L’arbre de Zaqqoum et l’humiliation du pécheur (v.43-48) : Le Zaqqoum — l’arbre infernal — sera la nourriture du pécheur (al-athîm). « Comme du métal en fusion (ka-l-muhl), il bouillonnera dans les ventres. » On saisira le pécheur, on le traînera au milieu de la Fournaise, et on lui déversera de l’eau bouillante sur la tête. Puis l’humiliation suprême : « Goûte ! Toi qui prétendais être le puissant, le noble (al-'azîz al-karîm) ! » Ibn Kathir note le sarcasme divin : celui qui se croyait puissant et noble dans le dunya est ridiculisé dans l’au-delà. « Voilà bien ce dont vous doutiez ! » — la certitude du châtiment remplace le doute qu’ils avaient dans la vie.
Les pieux dans les jardins (v.51-55) : Le contraste est saisissant : « Les pieux (al-muttaqîn) seront dans une demeure sûre (maqâmin amîn), dans des jardins et des sources. » Ils porteront « soie fine (sundus) et brocart (istabraq) », seront face à face, et auront pour épouses « des houris aux grands yeux (hûrin 'în). » Ils demanderont toutes sortes de fruits « en toute quiétude » (âminîn) — sans crainte de pénurie ni de fin. La grâce suprême : « Ils n’y goûteront pas la mort sauf leur première mort » — l’immortalité au Paradis. Ibn Kathir insiste sur le mot « amîn » (sûr, en sécurité) qui revient deux fois : sécurité de la demeure et sécurité dans la jouissance.
Le Coran facilité dans ta langue (v.58) : « Nous l’avons rendu facile dans ta langue afin qu’ils se rappellent. » Ibn Kathir explique que le Coran fut révélé en arabe — la langue du Prophète ﷺ et de son peuple — pour faciliter sa compréhension et sa mémorisation. Le mot « facile » (yassarnâhu) indique que le Coran, malgré sa profondeur, est accessible à tout un chacun — un miracle en soi. Le Prophète ﷺ a dit : « Le meilleur d’entre vous est celui qui apprend le Coran et l’enseigne. » (Sahih al-Bukhari, n°5027)
« Attends donc ! Eux aussi attendent » (v.59) : La sourate se conclut par une phrase concise et chargée de sens : « Fartaqib, innahum murtaqibûn » — Attends, ils attendent aussi. Ibn Kathir explique que cette attente est asymétrique : le Prophète ﷺ attend la victoire d’Allah et l’accomplissement de Sa promesse, tandis que les mécréants attendent que les « calamités du temps » (dawâ’ir) frappent les musulmans. Chacun attend, mais l’issue est déjà décrétée en faveur de la vérité. Cette conclusion laconique est un modèle de force rhétorique coranique.
Hadiths connexes :
Le Prophète ﷺ a dit : « Le meilleur d’entre vous est celui qui apprend le Coran et l’enseigne. » (Sahih al-Bukhari, n°5027)
Le Prophète ﷺ a dit : « Si une goutte de Zaqqoum tombait dans le dunya, elle corromprait les moyens de subsistance des gens. Que dire alors de celui qui en fait sa nourriture ? » (Sunan At-Tirmidhi, n°2585 — hassan sahih)
Date de vérification : 2026-02-21
Dernière mise à jour : 2026-02-21