Adh-Dhariyat 51:1-30 - Les vents qui dispersent

📖 Tafsir - Adh-Dhariyat 51:1-30 - Les vents qui dispersent

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📚 Étude des Versets

📌 Les serments divins et la récompense des pieux

Référence : Sourate Adh-Dhariyat (51), Versets 1-30

Contexte du signet :

Adh-Dhariyat (Les Vents qui dispersent) est une sourate mecquoise qui s’ouvre par quatre serments cosmiques — les vents, les nuages, les navires et les anges — pour affirmer la certitude du Jour du Jugement. Elle décrit ensuite la récompense des pieux au Paradis, qui se distinguaient par leur dévotion nocturne et leur générosité envers les nécessiteux. La sourate interpelle également les mécréants sur les signes de la création et l’unité divine.

Versets clés en français :

51:1-4 : « Par les vents qui dispersent, puis les nuages porteurs de charges, puis les navires qui glissent aisément, puis les anges qui distribuent les affaires par ordre, »

51:5-6 : « ce qui vous est promis est certainement vrai. Et le Jugement arrivera inévitablement. »

51:7-9 : « Par le ciel aux voies parfaitement tracées ! Vous êtes certes dans une parole discordante. En est détourné celui qui est détourné [par le Destin]. »

51:15-18 : « Les pieux seront dans des jardins et des sources, recevant ce que leur Seigneur leur aura donné. Avant cela, ils étaient bienfaisants : ils dormaient peu la nuit, et aux dernières heures de la nuit ils demandaient pardon, »

51:19 : « et dans leurs biens il y avait un droit pour le mendiant et le déshérité. »

51:20-21 : « Il y a sur terre des signes pour ceux qui croient avec certitude, ainsi qu’en vous-mêmes. Ne voyez-vous donc pas ? »

51:22-23 : « Et dans le ciel est votre subsistance et ce qui vous est promis. Par le Seigneur du ciel et de la terre ! Ceci est tout aussi vrai que le fait que vous parliez. »

Tafsir consulté :

  • [x] Ibn Kathir
  • [ ] At-Tabari
  • [ ] Al-Qurtubi
  • [ ] Autre : _______________

Notes du tafsir :

Ibn Kathir présente cette sourate comme une démonstration de la véracité de la promesse divine à travers les serments par les phénomènes de la création.

Points clés :

  1. Les quatre serments (v.1-4) : Allah jure par quatre éléments : (a) « adh-dhâriyât » — les vents qui dispersent poussière et pollen, (b) « al-hâmilât » — les nuages chargés de pluie, © « al-jâriyât » — les navires qui glissent sur la mer, et (d) « al-muqassimât » — les anges qui répartissent les affaires par ordre d’Allah. Ibn Kathir rapporte cette interprétation d’après 'Ali ibn Abi Talib رضي الله عنه. Ces serments prouvent la maîtrise totale d’Allah sur l’univers et la certitude de Sa promesse.

  2. La promesse est vraie (v.5-6) : L’objet du serment est clair : « Ce qui vous est promis est certainement vrai. Et le Jugement arrivera inévitablement. » Ibn Kathir insiste sur la force de l’expression : Allah jure par Ses plus grands signes pour confirmer la réalité de la résurrection et de la rétribution. Celui qui nie le Jugement nie l’évidence même.

  3. Le ciel aux voies tracées (v.7-9) : « Le ciel aux voies (hubuk) » désigne les orbites et les trajectoires parfaitement tracées des astres. Ibn Kathir note que certains exégètes interprètent hubuk comme « la beauté » et « l’harmonie » du ciel. Les versets enchaînent : « Vous êtes dans une parole discordante (qawl mukhtalif) » — les mécréants de La Mecque divergeaient dans leurs accusations : sorcier, poète, fou, devin. Cette confusion même prouve leur absence d’argument solide.

  4. Le portrait des pieux (v.15-19) : La récompense des croyants est détaillée : jardins et sources. Mais Ibn Kathir attire l’attention sur la cause de cette récompense : (a) ils étaient « bienfaisants » (muhsinîn) avant le Paradis — c’est-à-dire dans leur vie terrestre, (b) ils dormaient peu la nuit — passant la majeure partie en prière, © aux dernières heures avant l’aube (al-ashâr), ils demandaient pardon — moment le plus méritoire pour l’istighfâr, et (d) dans leurs biens, ils reconnaissaient un droit au mendiant et au déshérité. Le Prophète ﷺ a dit : « Allah descend chaque nuit au ciel le plus proche durant le dernier tiers de la nuit et dit : “Qui M’invoque pour que Je l’exauce ? Qui Me demande pour que Je lui donne ? Qui implore Mon pardon pour que Je lui pardonne ?” » (Sahih al-Bukhari, n°1145 ; Sahih Muslim, n°758)

  5. Les signes en vous-mêmes (v.20-21) : « Il y a sur terre des signes pour ceux qui croient avec certitude, ainsi qu’en vous-mêmes. Ne voyez-vous donc pas ? » Ibn Kathir rapporte qu’Ibn 'Abbas رضي الله عنهما dit : les signes en vous-mêmes comprennent la création de l’homme à partir d’une goutte, les étapes de son développement, l’agencement de ses organes, le fonctionnement de ses sens. Chaque être humain est en lui-même une preuve de l’existence et de la sagesse d’Allah.

  6. Le serment par le Seigneur du ciel (v.22-23) : « Par le Seigneur du ciel et de la terre ! Ceci est tout aussi vrai que le fait que vous parliez. » Allah jure par Lui-même que la résurrection est aussi certaine que la parole que vous prononcez. Ibn Kathir note la puissance de cette comparaison : on ne doute pas de sa propre capacité à parler ; de même, on ne devrait pas douter de la capacité d’Allah à ressusciter.

Hadiths connexes :

  • Le Prophète ﷺ a dit : « Notre Seigneur — béni et exalté soit-Il — descend chaque nuit au ciel le plus proche quand il reste le dernier tiers de la nuit, et Il dit : “Qui M’invoque pour que Je l’exauce ?” » (Sahih al-Bukhari, n°1145)

  • Abu Hurayra رضي الله عنه rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « Le meilleur moment de la nuit pour la prière est le milieu de la dernière moitié. » (Sunan Abu Dawud, n°1316 — sahih)

Date de vérification : 2026-02-21


Dernière mise à jour : 2026-02-21

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