Al-'Adiyat 100:1-11 - Les coursiers

📖 Tafsir - Al-'Adiyat 100:1-11 - Les coursiers

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📚 Étude de la Sourate

📌 Al-'Adiyat : Le serment par les chevaux et l’ingratitude de l’homme

Référence : Sourate Al-'Adiyat (100), Versets 1-11

Contexte du signet :

Al-'Adiyat (Les Coursiers) est une sourate mecquoise de 11 versets. Elle s’ouvre par un serment solennel évoquant des chevaux de guerre chargeant au galop à l’aube, puis dénonce l’ingratitude fondamentale de l’homme envers son Seigneur et son attachement excessif aux biens matériels. La sourate se conclut par un rappel du Jour où les tombes seront retournées et les secrets des cœurs exposés. Ibn Kathir rapporte que la majorité des savants considèrent que les « coursiers » désignent les chevaux de guerre, bien qu’Ibn 'Abbas رضي الله عنهما ait mentionné l’opinion qu’il pourrait s’agir des chameaux des pèlerins à 'Arafat.

Versets clés en français :

100:1-3 : « Par les coursiers qui halètent, qui font jaillir des étincelles, qui attaquent au matin. »

100:4-5 : « Et soulèvent alors un nuage de poussière, et pénètrent au centre de la troupe ennemie. »

100:6-7 : « L’homme est, certes, ingrat envers son Seigneur ; et lui-même en est témoin. »

100:8 : « Et pour l’amour des richesses, il est certes ardent. »

100:9-11 : « Ne sait-il pas que lorsque ce qui est dans les tombes sera bouleversé, et que sera dévoilé ce qui est dans les poitrines, ce jour-là, leur Seigneur sera certes parfaitement Connaisseur d’eux. »

Tafsir consulté :

  • [x] Ibn Kathir
  • [ ] At-Tabari
  • [ ] Al-Qurtubi
  • [ ] Autre : _______________

Notes du tafsir :

Ibn Kathir commente cette sourate en insistant sur le contraste entre la noblesse des chevaux au service d’Allah et la bassesse de l’homme ingrat.

Points clés :

  1. Le serment par les coursiers (v.1-5) : Allah jure par les chevaux de guerre : ceux qui « halètent » (dabhan — le souffle haletant du cheval au galop), qui « font jaillir des étincelles » (qadhan — le choc de leurs sabots contre les pierres), qui « attaquent au matin » (subhan — la charge à l’aube, moment privilégié des raids). Ibn Kathir, suivant l’opinion d’Ibn Mas’ud, Mujahid, 'Ikrimah et de la majorité, affirme qu’il s’agit des chevaux de guerre lancés dans le jihad. Le serment par ces chevaux magnifie leur noblesse et leur dévouement — des animaux qui se dépensent dans le sentier d’Allah, tandis que l’homme, lui, se montre ingrat.

  2. Le nuage de poussière et la pénétration (v.4-5) : Les chevaux soulèvent un nuage de poussière (naq’an) et pénètrent au centre des rangs ennemis (jam’an). Ibn Kathir décrit la scène de la charge de cavalerie à l’aube, combinant le bruit, les étincelles, la poussière et l’irruption soudaine au cœur de l’ennemi. Cette image puissante sert de prélude au sujet réel de la sourate : l’état de l’homme.

  3. L’ingratitude de l’homme (v.6) : « Inna-l-insâna li-Rabbihi lakanûd » — l’homme est « kanûd » envers son Seigneur. Ibn Kathir rapporte les paroles d’Ibn 'Abbas رضي الله عنهما : « Kanûd signifie celui qui est ingrat (kâfir li-n-ni’am) — il compte les malheurs et oublie les bienfaits. » Al-Hasan al-Basri a dit : « Kanûd est celui qui, quand un bien le touche, le cache ; et quand un mal l’atteint, il s’en plaint. » Le cheval, créature sans raison, se dévoue totalement ; l’homme, doué de raison, se montre ingrat.

  4. Il en est lui-même témoin (v.7) : « Wa innahu 'alâ dhâlika la-shahîd » — l’homme est lui-même témoin de sa propre ingratitude. Ibn Kathir donne deux interprétations : soit l’homme est conscient de son propre état d’ingratitude (il sait qu’il est ingrat mais ne change pas), soit Allah Lui-même est témoin de cela. La première interprétation est plus forte : le jour du Jugement, l’homme ne pourra pas nier, car il était déjà conscient.

  5. L’amour ardent des richesses (v.8) : « Wa innahu li-hubbi-l-khayri la-shadîd » — l’homme est « ardent » (shadîd) dans son amour des « biens » (al-khayr, ici les richesses). Ibn Kathir note que « al-khayr » dans le Coran, quand il se réfère aux biens, désigne la richesse matérielle. L’homme est avare, amasse et refuse de dépenser dans les voies du bien. Cet attachement excessif aux richesses est une des manifestations de son ingratitude : il attribue le mérite de ses biens à lui-même plutôt qu’à Allah.

  6. Les tombes bouleversées (v.9) : « Bu’thira mâ fi-l-qubûr » — le contenu des tombes sera retourné, c’est-à-dire que les morts ressusciteront pour le Jugement. Ibn Kathir explique que « bu’thira » implique que la terre sera fouillée et que les corps en seront extraits pour la Résurrection. C’est un rappel brutal : tout l’or amassé et toute l’arrogance de cette vie ne serviront à rien quand les tombes s’ouvriront.

  7. Les secrets des cœurs exposés (v.10-11) : « Hussila mâ fi-s-sudûr » — ce qui est dans les poitrines (les intentions, les croyances secrètes, les sentiments cachés) sera exposé et trié. Ibn Kathir commente que le verbe « hussila » signifie extraire et clarifier — les intentions sincères seront séparées des hypocrites. « Ce jour-là, leur Seigneur sera certes parfaitement Connaisseur d’eux » — bien qu’Allah connaisse déjà tout, cette connaissance sera manifestée ce jour-là par la rétribution. L’homme qui cachait son ingratitude derrière des apparences sera pleinement dévoilé.

Date de vérification : 2026-02-21


Dernière mise à jour : 2026-02-21

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