📖 Tafsir - Al-Anbiya 21:1-35 - L’Heure approche et les prophètes
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📚 Étude des Versets
📌 Al-Anbiya : Le Jour du Jugement approche et la vérité des prophètes
Référence : Sourate Al-Anbiya (21), Versets 1-35
Contexte du signet :
La sourate Al-Anbiya (Les Prophètes) est une sourate mecquoise qui s’ouvre sur un avertissement solennel : le jugement des hommes approche tandis qu’ils demeurent dans l’insouciance. Elle est nommée ainsi car elle mentionne le plus grand nombre de prophètes dans une même sourate — seize prophètes y sont évoqués. Cette première section établit la réalité du Jugement, réfute les arguments des mécréants contre la prophétie et le Coran, affirme que le ciel et la terre furent un seul bloc avant d’être séparés (v.30), et rappelle que toute âme goûtera la mort (v.35). Ibn Kathir la considère comme une réponse divine à l’ensemble des objections polythéistes.
Versets clés en français :
21:1 : « [L’heure] du règlement de leur compte approche pour les hommes, alors que dans leur insouciance ils s’en détournent. »
21:7 : « Et Nous n’avons envoyé avant toi que des hommes à qui Nous faisions des révélations. Demandez donc aux gens du rappel si vous ne savez pas. »
21:16-17 : « Ce n’est pas par jeu que Nous avons créé le ciel et la terre et ce qui est entre eux. Si Nous avions voulu prendre un divertissement, Nous l’aurions pris de Nous-même, si vraiment Nous avions voulu le faire. »
21:30 : « Ceux qui ont mécru n’ont-ils pas vu que les cieux et la terre formaient une masse compacte ? Ensuite Nous les avons séparés et fait de l’eau toute chose vivante. Ne croiront-ils donc pas ? »
21:33 : « Et c’est Lui qui a créé la nuit et le jour, le soleil et la lune, chacun voguant dans une orbite. »
21:35 : « Toute âme goûtera la mort. Nous vous éprouverons par le mal et par le bien [à titre] de tentation. Et c’est à Nous que vous serez ramenés. »
Tafsir consulté :
- [x] Ibn Kathir
- [ ] At-Tabari
- [ ] Al-Qurtubi
- [ ] Autre : _______________
Notes du tafsir :
Ibn Kathir ouvre son commentaire sur l’urgence de l’avertissement et la réfutation méthodique des objections des mécréants.
Points clés :
L’Heure approche dans l’insouciance (v.1-3) : Ibn Kathir explique que « iqtaraba » (s’est approché) est au passé pour souligner la certitude de l’événement — le Jugement est si proche dans la perspective divine qu’il est comme s’il avait déjà eu lieu. Malgré cette proximité, les hommes demeurent insouciants (ghafla), amusés par les divertissements de ce monde. Chaque nouveau rappel qui leur parvient, ils l’écoutent en se moquant, le cœur distrait. Le Prophète ﷺ a dit : « J’ai été envoyé, moi et l’Heure, comme ces deux-là » — et il montra son index et son majeur. (Sahih al-Bukhari, Livre du riqaq, n°6503.)
Des hommes, pas des anges (v.7-8) : Les mécréants objectaient : si ce message vient d’Allah, pourquoi l’envoyer par un homme et non par un ange ? Ibn Kathir répond que l’envoi d’un messager humain est un acte de miséricorde : un ange ne pourrait pas servir de modèle aux hommes, ne connaîtrait pas leurs épreuves et ne parlerait pas leur langue. De plus, tous les messagers précédents étaient des hommes. Le verset « Demandez aux gens du rappel » invite les Quraysh à interroger les Gens du Livre, qui confirmeront que Moussa, 'Issa et tous les prophètes avant eux étaient humains.
La création n’est pas un jeu (v.16-17) : « Ce n’est pas par jeu que Nous avons créé le ciel et la terre. » Ibn Kathir souligne que cette affirmation est une preuve de la résurrection : si la création avait un but — et elle en a un — alors il doit y avoir un jugement et une rétribution. Un univers créé sans but serait un « jeu » (la’ib) indigne d’Allah. La logique est implacable : la création a un sens, donc la mort n’est pas la fin, donc le Jugement est une nécessité rationnelle.
Les cieux et la terre formaient une masse compacte (v.30) : Ce verset, d’une portée scientifique considérable, affirme que « les cieux et la terre formaient une masse compacte (ratq) puis Nous les avons séparés (fatq) ». Ibn Kathir rapporte les interprétations d’Ibn 'Abbas رضي الله عنه : les cieux étaient joints et ne laissaient pas descendre la pluie, la terre était jointe et ne faisait pas pousser la végétation ; puis Allah sépara le ciel de la terre, fit descendre la pluie et germer les plantes. D’autres savants, comme Al-Hasan Al-Basri, interprètent le verset comme signifiant que le ciel et la terre étaient littéralement une seule masse qui fut séparée. La seconde partie — « et fait de l’eau toute chose vivante » — affirme que l’eau est le fondement de toute vie.
Les montagnes comme ancres (v.31-32) : Ibn Kathir explique que les montagnes (rawasiya) ont été placées sur la terre pour la stabiliser et empêcher qu’elle ne vacille avec ses habitants. Les passages entre les montagnes (fijaj) servent de chemins naturels pour les voyageurs. Le ciel est décrit comme un « toit protégé » (saqf mahfuz) — protégé par Allah contre les fissures et contre les démons espions. Chaque élément de la création a une fonction précise, rien n’est superflu.
Toute âme goûtera la mort (v.35) : Ibn Kathir considère ce verset comme l’un des plus universels du Coran. La mort est inévitable pour toute créature vivante — prophètes, rois, pauvres, anges eux-mêmes finiront par mourir avant la résurrection. La vie est une épreuve (fitna) composée de « mal et de bien » — les épreuves testent la patience et les bienfaits testent la gratitude. Les deux sont des tests, pas seulement les difficultés. Le Prophète ﷺ a dit : « L’épreuve la plus intense touche les prophètes, puis les meilleurs après eux, puis les meilleurs après eux. » (At-Tirmidhi, n°2398, sahih.)
L’immortalité n’est pour personne (v.34) : « Nous n’avons accordé l’immortalité à nul homme avant toi. Est-ce que si tu meurs, toi, ils seront, eux, éternels ? » Ibn Kathir rapporte que ce verset fut révélé en réponse aux mécréants qui attendaient la mort du Prophète ﷺ pour se réjouir. Allah leur rappelle que personne — ni prophète ni roi — n’a été immortel. La mort du Prophète ﷺ ne serait pas une réfutation de son message, tout comme la mort de Moussa ou de 'Issa عليهما السلام n’invalida pas le leur. Ce verset fut récité par Abu Bakr رضي الله عنه le jour de la mort du Prophète ﷺ, avec le verset de la sourate Al 'Imran (3:144).
Hadiths connexes :
Le Prophète ﷺ a dit : « J’ai été envoyé, moi et l’Heure, comme ces deux-là » — et il montra son index et son majeur rapprochés. (Sahih al-Bukhari, Livre du riqaq, n°6503) — en lien avec le verset 1 sur l’approche de l’Heure.
Le Prophète ﷺ a dit : « L’épreuve la plus intense touche les prophètes, puis les meilleurs après eux, puis les meilleurs après eux. L’homme est éprouvé selon le degré de sa foi. » (At-Tirmidhi, n°2398, sahih) — en lien avec le verset 35 sur l’épreuve par le bien et le mal.
Date de vérification : 2026-02-21
Dernière mise à jour : 2026-02-21