Al-Anbiya 21:36-77 - Ibrahim et les idoles

📖 Tafsir - Al-Anbiya 21:36-77 - Ibrahim et les idoles

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📚 Étude des Versets

📌 Al-Anbiya : Ibrahim brise les idoles et les prophètes délivrés par Allah

Référence : Sourate Al-Anbiya (21), Versets 36-77

Contexte du signet :

Cette section centrale de la sourate Al-Anbiya contient le récit emblématique d’Ibrahim عليه السلام détruisant les idoles de son peuple et étant jeté dans le feu qui devint fraîcheur et paix par ordre d’Allah. Le récit se poursuit avec la mention de Lut عليه السلام sauvé de la cité perverse, de Nuh عليه السلام délivré du déluge, et de Dawud et Sulayman عليهما السلام dotés de sagesse et de pouvoir. Ibn Kathir présente Ibrahim comme l’archétype du courage dans le tawhid — seul face à un peuple entier, mais soutenu par la puissance d’Allah.

Versets clés en français :

21:51-52 : « En effet, Nous avons mis Ibrahim, auparavant, sur le droit chemin. Et Nous en étions Connaisseur. Quand il dit à son père et à son peuple : “Que sont ces statues auxquelles vous vous attachez ?” »

21:58 : « Il les mit en pièces, hormis [la statue] la plus grande, afin qu’ils puissent lui [demander]. »

21:62-63 : « Ils dirent : “Est-ce toi qui as fait cela à nos divinités, Ibrahim ?” Il dit : “C’est la plus grande d’entre elles qui a fait cela. Demandez-leur donc, si elles peuvent parler.” »

21:66-67 : « Il dit : “Adorez-vous donc, en dehors d’Allah, ce qui ne saurait en rien vous être utile ni vous nuire ? Fi de vous et de ce que vous adorez en dehors d’Allah ! Ne raisonnez-vous donc pas ?” »

21:69 : « Nous dîmes : “Ô feu, sois fraîcheur et paix pour Ibrahim.” »

21:76 : « Et Nuh, quand auparavant il fit son appel. Nous l’exauçâmes et le sauvâmes, ainsi que sa famille, de la grande angoisse. »

Tafsir consulté :

  • [x] Ibn Kathir
  • [ ] At-Tabari
  • [ ] Al-Qurtubi
  • [ ] Autre : _______________

Notes du tafsir :

Ibn Kathir développe le récit d’Ibrahim comme un modèle de raisonnement logique et de courage spirituel face à l’idolâtrie.

Points clés :

  1. Ibrahim guidé avant tous (v.51) : Ibn Kathir souligne qu’Allah avait « mis Ibrahim sur le droit chemin auparavant » — avant même sa confrontation avec les idolâtres. Sa guidance n’était pas le fruit d’une recherche tâtonnante mais d’un choix divin. Ibrahim était qualifié dès le départ : sa raison pure (fitra), sa réflexion sur les astres (relatée dans la sourate Al-An’am 6:75-79) et sa certitude intérieure l’avaient préparé à cette mission. Ibn Kathir cite le verset : « Et Nous en étions Connaisseur » — Allah savait qu’Ibrahim était digne de cette responsabilité.

  2. La destruction des idoles (v.57-58) : Ibrahim عليه السلام attendit que son peuple quitte le temple pour une fête, puis brisa toutes les statues sauf la plus grande, autour du cou de laquelle il plaça la hache. Ibn Kathir rapporte que ce n’était pas un acte de vandalisme impulsif mais une stratégie argumentative brillante : en épargnant la grande idole, Ibrahim préparait le terrain pour un raisonnement par l’absurde qui forcerait son peuple à reconnaître l’impuissance de leurs dieux.

  3. L’argument imparable (v.62-67) : Quand le peuple interrogea Ibrahim, il répondit : « C’est la plus grande d’entre elles qui a fait cela. Demandez-leur donc, si elles peuvent parler. » Ibn Kathir explique que cette réponse n’est pas un mensonge mais un stratagème rhétorique (ta’rid) : Ibrahim voulait que son peuple arrive par lui-même à la conclusion logique. Et c’est ce qui se passa : « Ils se consultèrent entre eux et dirent : “C’est vous qui êtes les injustes” » (v.64) — un bref éclair de lucidité. Mais l’orgueil reprit le dessus et ils retombèrent dans leur entêtement. L’argument était irréfutable : si vos idoles ne peuvent ni parler ni se défendre, comment peuvent-elles vous aider ?

  4. Le feu devenu fraîcheur et paix (v.68-70) : Le peuple décida de brûler Ibrahim vivant. Selon les récits, un immense bûcher fut construit pendant des jours, et Ibrahim y fut projeté par une catapulte tant la chaleur était intense. Mais Allah ordonna au feu : « Sois fraîcheur et paix (bardan wa salaman) pour Ibrahim. » Ibn Kathir rapporte qu’Ibn 'Abbas رضي الله عنه précisa : « Si Allah n’avait pas ajouté “et paix”, le froid du feu aurait nui à Ibrahim. » Ce miracle est l’un des plus spectaculaires du Coran : le feu, par nature brûlant, obéit à Allah et change de propriété. « Ils voulurent lui faire du mal mais Nous fîmes d’eux les plus grands perdants. »

  5. Lut sauvé, son peuple détruit (v.71-75) : Ibrahim et Lut عليهما السلام furent sauvés vers la terre bénie (Syrie-Palestine). Lut fut installé dans une ville dont les habitants pratiquaient les turpitudes. Ibn Kathir mentionne que Lut reçut « la sagesse et la science » et que son peuple fut détruit pour ses abominations. La mention succincte de Lut après Ibrahim souligne la continuité prophétique : chaque prophète continue l’œuvre de ses prédécesseurs.

  6. Nuh et le déluge (v.76-77) : Nuh عليه السلام est mentionné pour rappeler qu’il invoqua Allah contre son peuple après 950 ans de prédication sans résultat significatif. Allah l’exauça, le sauva ainsi que sa famille du « grand désastre » (al-karb al-'azim) — le déluge — et détruisit ceux qui avaient renié ses signes. Ibn Kathir souligne que « le mal des gens » (v.77) englobe non seulement leur mécréance mais aussi leur persécution physique et morale de Nuh pendant près d’un millénaire.

  7. Dawud et Sulayman : la sagesse et le jugement (v.78-79) : Ibn Kathir évoque le cas où Dawud et Sulayman عليهما السلام rendirent un jugement au sujet d’un champ ravagé par le troupeau d’un berger. Dawud donna le troupeau au propriétaire du champ en compensation, mais Sulayman — encore enfant — proposa une solution plus équitable : que le propriétaire du champ profite du troupeau (lait, laine) le temps que le berger restaure le champ, puis que chacun récupère son bien. Allah approuva le jugement de Sulayman. Ce récit illustre que la sagesse n’est pas fonction de l’âge et que le meilleur jugement est celui qui préserve les droits de tous.

Hadiths connexes :

  • Le Prophète ﷺ a dit : « Ibrahim ne mentit que trois fois » et il mentionna parmi elles : « C’est le plus grand d’entre eux qui a fait cela. » (Sahih al-Bukhari, Livre des prophètes, n°3358) — Ibn Kathir précise que ces « mensonges » sont en réalité des ta’rid (stratagèmes) au service de la vérité.

  • Le Prophète ﷺ a dit au sujet de la nuit de l’Isra’ : « Je suis passé devant Ibrahim, et il m’a dit : “Ô Muhammad, transmets à ta communauté mon salut et dis-leur que le Paradis a une terre bonne et une eau douce, et que ses plants sont : ‘Subhan Allah, wal-hamdu lillah, wa la ilaha illa Allah, wa Allahu akbar.’” » (At-Tirmidhi, n°3462, hasan) — en lien avec Ibrahim évoqué dans cette sourate.

Date de vérification : 2026-02-21


Dernière mise à jour : 2026-02-21

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