📖 Tafsir - Al-Fil 105:1-5 - L’éléphant et la protection de la Kaaba
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📚 Étude de la Sourate
📌 Al-Fil : La destruction miraculeuse de l’armée d’Abraha
Référence : Sourate Al-Fil (105), Versets 1-5
Contexte du signet :
Al-Fil (L’Éléphant) est une sourate mecquoise de 5 versets qui rappelle un événement historique majeur survenu l’année de la naissance du Prophète ﷺ (vers 570 ap. J.-C.). Abraha al-Ashram, le gouverneur abyssin du Yémen, avait construit une cathédrale somptueuse à Sanaa (al-Qullays) pour détourner le pèlerinage des Arabes de la Kaaba. Face à l’échec de son projet, il décida de marcher sur La Mecque avec une armée comprenant des éléphants pour détruire la Kaaba. Les Quraysh, incapables de résister militairement, se retirèrent dans les montagnes. 'Abd al-Muttalib, le grand-père du Prophète ﷺ, prononça sa célèbre parole : « La Maison a un Seigneur qui la protégera. » Allah envoya alors des oiseaux en volées qui anéantirent l’armée d’Abraha. Cet événement, connu de tous les Arabes de l’époque, est un rappel de la puissance divine et de la protection qu’Allah accorde à Sa Maison sacrée.
Versets clés en français :
105:1 : « N’as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les gens de l’éléphant ? »
105:2 : « N’a-t-Il pas rendu leur ruse complètement vaine ? »
105:3 : « Et Il envoya contre eux des oiseaux par volées (abâbîl), »
105:4 : « qui leur lançaient des pierres d’argile durcie (sijjîl). »
105:5 : « Et Il les rendit semblables à de la paille mâchée. »
Tafsir consulté :
- [x] Ibn Kathir
- [ ] At-Tabari
- [ ] Al-Qurtubi
- [ ] Autre : _______________
Notes du tafsir :
Ibn Kathir consacre un développement historique détaillé à cette sourate, rapportant le récit complet de l’expédition d’Abraha.
Points clés :
Le contexte historique (v.1) : Ibn Kathir relate en détail comment Abraha, vice-roi abyssin du Yémen, bâtit une cathédrale richement ornée (al-Qullays) pour rivaliser avec la Kaaba. Un Arabe de la tribu de Kinana la profana, ce qui provoqua la fureur d’Abraha qui jura de détruire la Kaaba. Il marcha vers La Mecque avec une armée considérable, incluant un ou plusieurs éléphants. « N’as-tu pas vu ? » (alam tara) — bien que le Prophète ﷺ n’ait pas vu l’événement de ses yeux, cette formule signifie : « N’as-tu pas su ? N’as-tu pas été informé ? », car l’événement était unanimement connu et attesté par tous.
La ruse déjouée (v.2) : « N’a-t-Il pas rendu leur ruse (kayd) complètement vaine ? » Le terme « tadlîl » signifie l’égarement et la perte. Ibn Kathir souligne que malgré la puissance militaire d’Abraha — éléphants, soldats, armement —, Allah a réduit sa stratégie à néant. Leur plan (kayd) contre la Maison d’Allah s’est retourné contre eux en destruction totale.
Les oiseaux abâbîl (v.3) : Le mot « abâbîl » décrit des oiseaux venant en groupes successifs, en vagues, de toutes les directions. Ibn Kathir rapporte différentes descriptions : certains narrateurs les décrivent comme des oiseaux noirs venant de la mer, d’autres comme des oiseaux semblables à des hirondelles. Chaque oiseau portait trois pierres : une dans le bec et une dans chaque patte. Ibn 'Abbas رضي الله عنه et d’autres compagnons ont décrit cette scène.
Les pierres de sijjîl (v.4) : Le terme « hijârah min sijjîl » (pierres d’argile durcie) fait l’objet de plusieurs interprétations. Ibn Kathir mentionne qu’il peut venir du persan « sang » (pierre) et « gil » (argile), signifiant des pierres d’argile cuite, durcies au feu. D’autres exégètes les rattachent à « sijill » (registre), suggérant que chaque pierre était marquée du nom de sa cible. Ces pierres, bien que petites, avaient un effet dévastateur par la puissance d’Allah.
Comme de la paille mâchée (v.5) : L’expression « ka-'asfin ma’kûl » compare les restes de l’armée à de la paille mâchée et recrachée par le bétail — une image de destruction absolue et d’humiliation totale. Ibn Kathir explique que « 'asf » désigne les feuilles de céréales ou la paille, et « ma’kûl » signifie mangé, mâché, troué par les vers. Les soldats d’Abraha furent laissés comme des corps percés et déchiquetés, vidés de toute substance.
Le sort d’Abraha : Ibn Kathir rapporte qu’Abraha lui-même fut frappé par la maladie après cette défaite. Son corps se désintégra morceau par morceau — ses doigts tombaient les uns après les autres — jusqu’à sa mort misérable à Sanaa. C’est un châtiment divin exemplaire pour celui qui avait osé s’attaquer à la Maison d’Allah.
La portée théologique : Cet événement survint l’année même de la naissance du Prophète ﷺ, comme un signe avant-coureur de la mission prophétique à venir. Allah protégea la Kaaba non pas pour les Quraysh — qui étaient alors idolâtres — mais pour préserver Sa Maison sacrée et préparer l’avènement de l’Islam. Ibn Kathir insiste sur le fait que c’est un rappel adressé aux Quraysh : Celui qui a protégé la Kaaba de l’éléphant est Celui qui a envoyé Muhammad ﷺ — pourquoi donc Le rejetez-vous ?
Date de vérification : 2026-02-21
Dernière mise à jour : 2026-02-21