📖 Tafsir - Al-Furqan 25:1-40 - Le discernement et le rejet des mécréants
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📚 Étude des Versets
📌 Le Critère de la vérité et les objections des mécréants
Référence : Sourate Al-Furqan (25), Versets 1-40
Contexte du signet :
Sourate mecquoise dont le nom « Al-Furqan » (Le Discernement / Le Critère) désigne le Coran en tant qu’il sépare le vrai du faux. Elle s’ouvre en glorifiant Allah qui a révélé ce Critère à Son serviteur, puis rapporte les objections des mécréants contre le Prophète ﷺ et le Coran, avant de décrire le sort des peuples détruits qui les rejetèrent avant eux.
Versets clés en français :
25:1 : « Béni soit Celui qui a fait descendre le Discernement (Al-Furqan) sur Son serviteur, afin qu’il soit un avertisseur à l’univers. »
25:7 : « Et ils disent : “Qu’est-ce donc que ce messager qui mange de la nourriture et circule dans les marchés ? Que n’a-t-on fait descendre vers lui un ange qui eût été avertisseur en sa compagnie ?” »
25:20 : « Et Nous n’avons envoyé avant toi que des messagers qui mangeaient de la nourriture et circulaient dans les marchés. »
25:25 : « Et le jour où le ciel se fendra avec les nuages et où les anges seront fait descendre… »
25:27-29 : « Le jour où l’injuste se mordra les deux mains et dira : “Hélas pour moi ! Si seulement j’avais suivi le chemin avec le Messager ! Malheur à moi ! Hélas ! Si seulement je n’avais pas pris untel pour ami ! Il m’a égaré du Rappel après qu’il me fût parvenu.” »
25:30 : « Et le Messager dit : “Seigneur, mon peuple a pris ce Coran pour une chose délaissée.” »
25:32 : « Et ceux qui ont mécru dirent : “Pourquoi n’a-t-on pas fait descendre sur lui le Coran en une seule fois ?” Nous [l’avons révélé] ainsi pour raffermir ton cœur. Et Nous l’avons récité soigneusement. »
Tafsir consulté :
- [x] Ibn Kathir
- [ ] At-Tabari
- [ ] Al-Qurtubi
- [ ] Autre : _______________
Notes du tafsir :
Ibn Kathir analyse cette première moitié de la sourate comme une réponse divine aux objections des polythéistes de La Mecque contre la prophétie.
Points clés :
Le Discernement révélé (v.1) : Le Coran est appelé « Al-Furqan » car il distingue le vrai du faux, le licite de l’illicite, les croyants des mécréants. Ibn Kathir note que « tabâraka » (béni soit) est un attribut exclusif d’Allah, exprimant la grandeur et la permanence de Ses bienfaits. Le Prophète ﷺ est qualifié de « serviteur » ('abd), le plus noble des titres, car la servitude envers Allah est le sommet de la dignité humaine.
Les objections des Quraysh (v.7-9) : Ils reprochaient au Prophète ﷺ d’être un homme ordinaire qui mange et circule dans les marchés. Ils réclamaient un ange comme compagnon, un trésor, ou un jardin. Ibn Kathir explique que ces objections provenaient de l’orgueil : ils ne pouvaient accepter qu’un homme parmi eux soit choisi par Allah. Le Prophète ﷺ a dit : « L’orgueil, c’est le rejet de la vérité et le mépris des gens. » (Sahih Muslim, Livre de la Foi, n°91.)
Les messagers étaient humains (v.20) : Allah répond que tous les prophètes avant Muhammad ﷺ mangeaient et allaient aux marchés. Leur humanité n’invalide pas leur mission ; au contraire, elle la rend accessible et imitable. Ibn Kathir précise que c’est une miséricorde divine d’avoir envoyé un messager de la même espèce que les hommes, qui parle leur langue et vit leurs épreuves.
Le regret du mauvais compagnon (v.27-29) : L’injuste se mordra les mains de regret le Jour du Jugement, maudissant l’ami qui l’a égaré. Ibn Kathir rapporte que certains exégètes identifient « untel » (fulan) à Ubayy ibn Khalaf, qui était proche du Prophète ﷺ puis s’en détourna sous l’influence d’Uqbah ibn Abi Mu’ayt. Le Prophète ﷺ a dit : « L’homme suit la religion de son ami intime ; que chacun de vous regarde donc qui il prend pour ami. » (Rapporté par Abu Dawud, n°4833 ; At-Tirmidhi, n°2378 ; hasan.)
Le Coran délaissé (v.30) : La plainte du Prophète ﷺ devant son Seigneur est un avertissement pour la Oumma : délaisser le Coran — ne pas le lire, ne pas le méditer, ne pas l’appliquer — est une forme d’abandon (hijran). Ibn Kathir en distingue plusieurs formes : abandonner son écoute, son application, sa méditation, le jugement par lui, ou sa guérison spirituelle (ruqyah).
La révélation progressive (v.32) : Le Coran fut révélé en 23 ans, verset après verset, circonstance après circonstance. Ibn Kathir explique que cette progressivité servait à raffermir le cœur du Prophète ﷺ, à faciliter la mémorisation par les Compagnons, et à légiférer de manière adaptée aux situations réelles. L’ange Jibril عليه السلام récitait le Coran intégralement avec le Prophète ﷺ chaque Ramadan.
Le sort des peuples passés (v.35-40) : Moussa عليه السلام, 'Ad, Thamud, les gens de Ar-Rass, Lut عليه السلام — tous les peuples qui rejetèrent leurs messagers furent détruits. Ibn Kathir souligne que les ruines de ces civilisations étaient visibles des Quraysh sur leurs routes commerciales vers le Sham, notamment les vestiges de Sodome et Gomorrhe.
Date de vérification : 2026-02-21
Dernière mise à jour : 2026-02-21