Al-Hadid 57:1-29 - Le fer et l'équilibre de la vie

📖 Tafsir - Al-Hadid 57:1-29 - Le fer et l’équilibre de la vie

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📚 Étude des Versets

📌 La glorification universelle, les noms divins et la parabole de la vie

Référence : Sourate Al-Hadid (57), Versets 1-29

Contexte du signet :

Al-Hadid (Le Fer) est une sourate médinoise qui s’ouvre par la glorification d’Allah par tout ce qui est dans les cieux et la terre. Elle contient l’un des versets les plus profonds sur les noms divins : « Il est le Premier et le Dernier, l’Apparent et le Caché » (v.3). La sourate exhorte les croyants à dépenser dans le sentier d’Allah avant que la mort ne les surprenne, présente une parabole saisissante de la vie d’ici-bas comparée à une pluie éphémère, et rappelle que le fer a été « descendu » avec une grande force et de nombreux bienfaits. Elle mentionne également le monachisme inventé par les chrétiens, qu’Allah n’avait pas prescrit.

Versets clés en français :

57:1-2 : « Tout ce qui est dans les cieux et la terre glorifie Allah. Et c’est Lui le Puissant, le Sage. À Lui appartient la souveraineté des cieux et de la terre. Il fait vivre et Il fait mourir, et Il est Omnipotent. »

57:3 : « C’est Lui le Premier (Al-Awwal) et le Dernier (Al-Âkhir), l’Apparent (Az-Zâhir) et le Caché (Al-Bâtin). Et Il est Omniscient. »

57:4 : « C’est Lui qui a créé les cieux et la terre en six jours puis S’est établi sur le Trône. Il sait ce qui pénètre dans la terre et ce qui en sort, ce qui descend du ciel et ce qui y monte. Et Il est avec vous où que vous soyez. Et Allah observe parfaitement ce que vous faites. »

57:10 : « Pourquoi ne dépenseriez-vous pas dans le sentier d’Allah, alors que c’est à Allah qu’appartient l’héritage des cieux et de la terre ? »

57:16 : « Le moment n’est-il pas venu pour ceux qui ont cru, que leurs cœurs s’humilient à l’évocation d’Allah et devant ce qui est descendu de la vérité ? »

57:20 : « Sachez que la vie d’ici-bas n’est que jeu, amusement, vaine parure, rivalité entre vous et course aux richesses et aux enfants. Elle est pareille à une pluie dont la végétation émerveille les cultivateurs, puis elle se fane, tu la vois jaunir, puis elle devient de la paille. Et dans l’au-delà, il y a un châtiment sévère et aussi un pardon et un agrément d’Allah. Et la vie présente n’est que jouissance trompeuse. »

57:25 : « Nous avons effectivement envoyé Nos messagers avec des preuves évidentes, et fait descendre avec eux le Livre et la balance, afin que les gens établissent la justice. Et Nous avons fait descendre le fer, dans lequel il y a une force redoutable et des utilités pour les gens. »

57:27 : « Et le monachisme qu’ils ont inventé — Nous ne le leur avions nullement prescrit — uniquement par recherche de l’agrément d’Allah. Mais ils ne l’ont pas observé comme il se devait. »

Tafsir consulté :

  • [x] Ibn Kathir
  • [ ] At-Tabari
  • [ ] Al-Qurtubi
  • [ ] Autre : _______________

Notes du tafsir :

Ibn Kathir présente cette sourate comme un appel à la prise de conscience de la grandeur divine, de la nature éphémère de la vie, et de l’urgence de dépenser pour la cause d’Allah.

Points clés :

  1. Les quatre noms divins (v.3) : « Il est le Premier (Al-Awwal) — rien n’existait avant Lui ; le Dernier (Al-Âkhir) — rien ne subsistera après Lui ; l’Apparent (Az-Zâhir) — rien n’est au-dessus de Lui ; le Caché (Al-Bâtin) — rien n’est plus proche que Lui. » Le Prophète ﷺ expliquait ce verset dans son invocation : « Ô Allah ! Tu es le Premier, rien n’existait avant Toi ; Tu es le Dernier, rien ne subsistera après Toi ; Tu es l’Apparent, rien n’est au-dessus de Toi ; Tu es le Caché, rien n’est en deçà de Toi. » (Sahih Muslim, n°2713). Ibn Kathir note que ces quatre noms englobent toutes les dimensions : le temps (Premier/Dernier) et l’espace (Apparent/Caché).

  2. La compagnie divine (v.4) : « Et Il est avec vous où que vous soyez. » Ibn Kathir précise qu’il s’agit de la compagnie de la science, de l’observation et de la surveillance — Allah voit et sait tout, où que se trouvent Ses créatures. Ce n’est pas une présence physique (huluul), mais une présence par Sa science ('ilm). Ce verset est un fondement de la conscience de la surveillance divine (murâqaba).

  3. L’appel à l’humilité des cœurs (v.16) : « Le moment n’est-il pas venu pour ceux qui ont cru, que leurs cœurs s’humilient ? » Ibn Kathir rapporte que ce verset fut révélé lorsque certains Compagnons commencèrent à se relâcher après leur émigration à Médine. Ibn Mas’ud رضي الله عنه dit : « Il ne s’écoula que quatre ans entre notre conversion et la révélation de ce reproche. » C’est un rappel universel : même les croyants sincères peuvent connaître la dureté du cœur et doivent la combattre.

  4. La parabole de la pluie (v.20) : La vie d’ici-bas est comparée à une pluie dont la végétation émerveille les cultivateurs, puis se fane, jaunit et devient paille sèche. Ibn Kathir détaille les cinq étapes mentionnées : (a) jeu (la’ib) — l’insouciance de l’enfance, (b) amusement (lahw) — les divertissements de la jeunesse, © parure (zîna) — l’embellissement de l’âge adulte, (d) rivalité (tafâkhur) — la compétition de la maturité, (e) course aux richesses et aux enfants (takâthur) — l’accumulation de la vieillesse. Puis la mort vient, et tout se fane comme l’herbe. C’est l’une des paraboles les plus complètes du Coran sur la nature éphémère du monde.

  5. La descente du fer (v.25) : « Nous avons fait descendre le fer (al-hadîd), dans lequel il y a une force redoutable (ba’s shadîd) et des utilités pour les gens. » Ibn Kathir explique que le fer est à la fois un instrument de guerre (épées, armures) et un outil de paix (agriculture, construction, artisanat). L’expression « fait descendre » (anzalnâ) a suscité l’attention des savants contemporains, car le fer est effectivement formé dans les étoiles et « descend » sur terre via les météorites et la formation planétaire. Ibn Kathir s’en tient à l’interprétation classique : Allah l’a créé et mis à disposition des hommes.

  6. Le monachisme inventé (v.27) : « Et le monachisme (rahbâniyya) qu’ils ont inventé — Nous ne le leur avions nullement prescrit. » Ibn Kathir explique que des chrétiens fervents, face à la corruption de leurs rois, se retirèrent dans les monastères pour préserver leur foi. Bien que leur intention fût louable (recherche de l’agrément d’Allah), ce mode de vie n’avait pas été prescrit par 'Issa عليه السلام. De plus, « ils ne l’ont pas observé comme il se devait » — beaucoup finirent par abandonner même leurs propres règles. L’islam rejette le monachisme : le Prophète ﷺ a dit : « Pas de monachisme en islam. » (Rapporté par Ahmad ; voir aussi Sahih al-Bukhari, n°5063 sur le mariage comme sunna)

  7. L’appel final à la piété et à la confiance (v.28-29) : La sourate conclut en appelant les croyants à craindre Allah et à croire en Son Messager, promettant une double part de miséricorde et une lumière pour marcher. Ibn Kathir rapporte que ce verset vise aussi les Gens du Livre : ceux qui croient en Muhammad ﷺ recevront une double récompense — pour leur foi antérieure et pour leur foi en le dernier Prophète.

Hadiths connexes :

  • Le Prophète ﷺ invoquait : « Ô Allah ! Tu es le Premier, rien n’existait avant Toi ; Tu es le Dernier, rien ne subsistera après Toi ; Tu es l’Apparent, rien n’est au-dessus de Toi ; Tu es le Caché, rien n’est en deçà de Toi. Acquitte notre dette et enrichis-nous contre la pauvreté. » (Sahih Muslim, n°2713)

  • Le Prophète ﷺ a dit : « Trois femmes vinrent me dire qu’elles voulaient se consacrer uniquement à l’adoration. Il dit : “Par Allah, je suis le plus pieux d’entre vous envers Allah, et pourtant je jeûne et je romps le jeûne, je prie et je dors, et j’épouse les femmes. Quiconque se détourne de ma sunna n’est pas des miens.” » (Sahih al-Bukhari, n°5063)

Date de vérification : 2026-02-21


Dernière mise à jour : 2026-02-21

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