Al-Hajj 22:38-78 - Le jihad et les rites du Hajj

📖 Tafsir - Al-Hajj 22:38-78 - Le jihad et les rites du Hajj

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📚 Étude des Versets

📌 Al-Hajj : La permission de combattre, les rites de chaque nation et l’effort dans la voie d’Allah

Référence : Sourate Al-Hajj (22), Versets 38-78

Contexte du signet :

Cette seconde partie de la sourate Al-Hajj contient le premier verset autorisant le combat dans l’Islam (v.39) — une permission historique accordée aux musulmans persécutés de Médine après des années de patience. Elle poursuit en affirmant que chaque nation a reçu des rites d’adoration (v.67), réfute l’impuissance des faux dieux par la parabole de la mouche (v.73), et culmine sur l’appel à « lutter pour Allah avec tout l’effort qu’Il mérite » (v.78). La sourate se clôt par l’affirmation qu’Ibrahim عليه السلام a nommé les croyants « musulmans » (muslimin). Ibn Kathir considère cette section comme le pont entre la patience mecquoise et la phase active de Médine.

Versets clés en français :

22:39-40 : « Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués [de se défendre] parce que vraiment ils sont lésés ; et Allah est certes Capable de les secourir. Ceux qui ont été expulsés de leurs demeures — Loss justice — simplement parce qu’ils disaient : “Notre Seigneur est Allah.” Si Allah ne repoussait pas les gens les uns par les autres, les ermitages, les synagogues, les oratoires et les mosquées où le nom d’Allah est beaucoup invoqué seraient démolis. »

22:52 : « Nous n’avons envoyé avant toi ni messager ni prophète qui n’ait récité [ce qui lui a été révélé] sans que le Diable n’y ait jeté [quelque tentation]. Mais Allah abroge ce que le Diable suggère, puis Allah renforce Ses versets. Allah est Omniscient et Sage. »

22:67 : « À chaque communauté, Nous avons assigné des rites qu’ils doivent suivre. Qu’ils ne disputent donc point avec toi en la matière ! Et appelle à ton Seigneur. Tu es certes sur une voie droite. »

22:73 : « Ô hommes ! Une parabole vous est proposée, écoutez-la : ceux que vous invoquez en dehors d’Allah ne sauraient même pas créer une mouche, quand même ils s’uniraient pour cela. Et si la mouche leur ravissait quelque chose, ils ne sauraient le lui reprendre. Le solliciteur est aussi faible que le sollicité. »

22:77 : « Ô vous qui croyez ! Inclinez-vous, prosternez-vous, adorez votre Seigneur, et faites le bien — peut-être réussirez-vous ! »

22:78 : « Et luttez pour Allah avec tout l’effort qu’Il mérite. C’est Lui qui vous a élus ; et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion, la voie de votre père Ibrahim. C’est lui [Ibrahim] qui vous a nommés “musulmans” avant [ce Livre] et dans ce [Livre], afin que le Messager soit témoin contre vous, et que vous soyez vous-mêmes témoins contre les gens. Accomplissez donc la prière, acquittez la zakat et attachez-vous à Allah. C’est Lui votre Maître. Quel excellent Maître ! Et quel excellent Soutien ! »

Tafsir consulté :

  • [x] Ibn Kathir
  • [ ] At-Tabari
  • [ ] Al-Qurtubi
  • [ ] Autre : _______________

Notes du tafsir :

Ibn Kathir analyse cette section comme l’établissement des fondements de la résistance légitime et de l’effort global (jihad) dans la voie d’Allah.

Points clés :

  1. La première autorisation de combattre (v.39-40) : Ibn Kathir rapporte que ce verset est le premier à autoriser le combat en Islam, révélé à Médine après des années de persécution à La Mecque où les musulmans avaient reçu l’ordre de patienter. La permission est conditionnée : « parce que vraiment ils sont lésés » — il ne s’agit pas d’une agression mais d’une défense légitime. Le verset 40 élargit le cadre : si les croyants ne résistent pas à l’oppression, tous les lieux de culte — ermitages (sawami’), synagogues (biya’), oratoires (salawat) et mosquées (masajid) — seraient détruits. Ibn Kathir note qu’Allah protège la liberté de culte de toutes les religions monothéistes par cette législation de défense.

  2. La protection des lieux de culte (v.40) : Ce verset est remarquable par sa mention explicite des lieux de culte non-musulmans. Ibn Kathir explique que l’ordre de protection s’étend aux ermitages des moines chrétiens, aux synagogues juives et aux églises, tant que le nom d’Allah y est invoqué. Le principe est clair : le combat autorisé en Islam a pour but de préserver la liberté religieuse, non de l’abolir. C’est sur ce verset que les juristes musulmans ont fondé l’interdiction de détruire les lieux de culte des non-musulmans en terre d’Islam.

  3. Allah abroge les tentations de Shaytan (v.52) : Ce verset affirme qu’aucun messager ni prophète n’a été épargné par les tentations du Diable dans sa mission. Ibn Kathir explique que « Shaytan jette » (alqa) des pensées parasites, des doutes ou des obstacles dans le parcours de la prédication. Mais Allah « abroge ce que Shaytan suggère » et renforce Ses propres versets. Ce verset rassure les prédicateurs de toutes les époques : les obstacles, les calomnies et les doutes sont inévitables, mais la vérité divine prévaudra toujours. La sagesse est qu’Allah éprouve par ces tentations ceux dont les cœurs sont malades, tandis que les croyants sincères voient leur foi renforcée.

  4. La parabole de la mouche (v.73) : Ibn Kathir considère ce verset comme l’argument le plus dévastateur contre l’idolâtrie. Les idoles, même réunies toutes ensemble, sont incapables de créer une simple mouche — l’une des créatures les plus insignifiantes. Pire encore : si la mouche leur volait quelque chose (un grain de parfum, une miette d’offrande), elles ne pourraient même pas le récupérer. « Le solliciteur est aussi faible que le sollicité » : celui qui invoque l’idole est aussi impuissant que l’idole elle-même. Cette parabole humilie l’orgueil de l’idolâtre en le confrontant à l’évidence de l’absurdité de son culte.

  5. À chaque communauté ses rites (v.67) : Ibn Kathir explique que chaque nation a reçu d’Allah des « mansak » — des rites d’adoration adaptés à son époque et son contexte. Les différences dans les détails rituels entre les communautés sont voulues par Allah et ne doivent pas être source de dispute. Le Prophète ﷺ est invité à ne pas se laisser entraîner dans des polémiques stériles avec les Gens du Livre sur les détails des rites. Le fondement reste unique : l’adoration d’Allah seul. Ce verset est aussi un appel à la tolérance dans la diversité des pratiques légitimes.

  6. L’effort total pour Allah (v.77-78) : « Luttez pour Allah avec tout l’effort qu’Il mérite (haqqa jihadihi). » Ibn Kathir explique que le jihad ici ne se limite pas au combat armé mais englobe l’ensemble de l’effort : le jihad contre soi-même (nafs), contre ses passions, contre l’ignorance, par la parole, par la main, par le cœur. Allah rassure : « Il ne vous a imposé aucune gêne (haraj) dans la religion » — l’Islam est une voie de facilité (yusr), pas de difficulté. La religion d’Ibrahim عليه السلام, dont l’Islam est la continuité, est une « hanifiyya samha » (un monothéisme souple). Le Prophète ﷺ a dit : « La religion la plus aimée d’Allah est la hanifiyya samha (le monothéisme souple). » (Rapporté par Ahmad, n°22291, sahih selon Al-Albani.)

  7. Ibrahim vous a nommés « musulmans » (v.78) : La sourate se clôt sur une révélation d’une portée immense : c’est Ibrahim عليه السلام qui a donné le nom de « musulmans » (muslimin) aux croyants — dans les Écritures précédentes et dans le Coran. Ibn Kathir souligne que ce nom n’est pas une invention historique mais un choix divin transmis par Ibrahim. La responsabilité qui en découle est double : le Messager Muhammad ﷺ sera témoin contre cette communauté, et cette communauté sera témoin contre les autres nations. Les trois piliers finaux — la prière, la zakat et l’attachement à Allah — résument tout le programme de cette mission.

Hadiths connexes :

  • Ibn 'Abbas رضي الله عنهما a dit : « Ce verset — “Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués” — fut le premier verset révélé au sujet du combat. » (Rapporté par At-Tirmidhi, n°3171, An-Nasa’i et Ahmad) — en lien avec le verset 39.

  • Le Prophète ﷺ a dit : « La religion la plus aimée d’Allah est la hanifiyya samha (le monothéisme pur et souple). » (Rapporté par Ahmad, n°22291, sahih selon Al-Albani) — en lien avec le verset 78 sur l’absence de gêne dans la religion.

Date de vérification : 2026-02-21


Dernière mise à jour : 2026-02-21

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