Al-Kawthar 108:1-3 - L'abondance

📖 Tafsir - Al-Kawthar 108:1-3 - L’abondance

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📚 Étude de la Sourate

📌 Al-Kawthar : Le don immense et la promesse de pérennité

Référence : Sourate Al-Kawthar (108), Versets 1-3

Contexte du signet :

Al-Kawthar (L’Abondance) est la sourate la plus courte du Coran — seulement 3 versets. Malgré sa brièveté, elle porte un message immense de consolation pour le Prophète ﷺ et de condamnation pour ses détracteurs. La majorité des savants considèrent qu’elle est mecquoise, bien que certains disent médinoise. Elle fut révélée en réponse aux moqueries d’Al-'As ibn Wa’il as-Sahmi (ou, selon d’autres, de 'Amr ibn al-'As avant sa conversion, ou de ‘Uqbah ibn Abi Mu’ayt) qui avait qualifié le Prophète ﷺ d’« abtar » (الأبتر — celui qui est coupé, sans descendance mâle) après la mort de son fils Al-Qasim. Allah répondit en lui accordant « al-Kawthar » — un bien d’une abondance incommensurable — et en déclarant que c’est son insulteur qui serait le véritable « abtar ».

Versets clés en français :

108:1 : « Nous t’avons certes accordé l’Abondance (al-Kawthar). »

108:2 : « Accomplis la prière (salât) pour ton Seigneur et sacrifie. »

108:3 : « Celui qui te hait, c’est lui le découpé (l’abtar, le privé de tout bien). »

Tafsir consulté :

  • [x] Ibn Kathir
  • [ ] At-Tabari
  • [ ] Al-Qurtubi
  • [ ] Autre : _______________

Notes du tafsir :

Ibn Kathir consacre un commentaire riche à cette sourate malgré sa brièveté, rapportant de nombreux hadiths sur al-Kawthar.

Points clés :

  1. La signification d’al-Kawthar (v.1) : Le mot « kawthar » est un superlatif de « kathîr » (abondant) — il désigne le bien extrêmement abondant. Ibn Kathir rapporte qu’Ibn 'Abbas رضي الله عنه a dit : « Al-Kawthar est le bien immense qu’Allah a donné au Prophète ﷺ. » Quand on demanda à Sa’id ibn Jubayr ce qu’Ibn 'Abbas entendait par là, il répondit : « C’est le fleuve au Paradis. » Mais Ibn 'Abbas englobait aussi la prophétie, le Coran, l’intercession, et toutes les bénédictions accordées au Prophète ﷺ. Le fleuve al-Kawthar est la manifestation la plus éminente de ce bien.

  2. Le fleuve al-Kawthar au Paradis : Le Prophète ﷺ a décrit al-Kawthar en détail. Anas ibn Malik رضي الله عنه rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « Tandis que je marchais au Paradis, je vis un fleuve dont les deux rives étaient des dômes de perles creuses. Je demandai : “Qu’est-ce que ceci, ô Jibrîl ?” Il répondit : “C’est al-Kawthar qu’Allah t’a accordé.” » Le Prophète ﷺ ajouta : « Son eau est plus blanche que le lait, plus douce que le miel, et sa terre (son lit) est plus parfumée que le musc. » (Sahih al-Bukhari, n°6581). Dans une autre narration : « C’est un fleuve qu’Allah m’a promis ; il contient un bien immense. C’est un bassin (hawd) vers lequel ma communauté viendra le Jour de la Résurrection. Ses récipients sont aussi nombreux que les étoiles du ciel. » (Sahih Muslim, n°400)

  3. La prière et le sacrifice (v.2) : « Fa-salli li-Rabbika wa-nhar » — prie pour ton Seigneur et sacrifie. Ibn Kathir explique que c’est un ordre d’accomplir la prière et d’immoler (nahr — égorger les bêtes de sacrifice) en signe de gratitude pour ce don immense. Certains savants interprètent « nahr » comme le fait de placer la main droite sur la main gauche sur la poitrine pendant la prière (position du nahr). Mais l’interprétation majoritaire est qu’il s’agit de la prière de l’Aïd et du sacrifice rituel. Le message est : devant l’abondance des bienfaits d’Allah, la réponse appropriée est l’adoration exclusive — « li-Rabbika » (pour ton Seigneur) et pour personne d’autre.

  4. La réponse aux polythéistes : Ibn Kathir souligne que ce verset s’oppose directement aux pratiques polythéistes : les Quraysh priaient pour les idoles et sacrifiaient en leur nom. Allah ordonne au Prophète ﷺ de consacrer sa prière et son sacrifice exclusivement à Lui. Le Prophète ﷺ a dit : « Allah a maudit celui qui sacrifie pour autre qu’Allah. » (Sahih Muslim, n°1978)

  5. Al-Abtar — le véritable « coupé » (v.3) : « Inna shâni’aka huwa-l-abtar » — celui qui te hait, c’est lui le coupé, le privé de toute descendance et de tout bien. Le mot « shâni’ » vient de « shana’ân » (la haine). « Al-abtar » signifie littéralement celui dont la queue est coupée, puis par extension celui qui est privé de descendance et de toute postérité. Ibn Kathir rapporte que lorsque le fils du Prophète ﷺ, Al-Qasim, mourut, Al-'As ibn Wa’il dit : « Laissez-le, c’est un homme abtar (sans descendance), quand il mourra personne ne se souviendra de lui. » Allah retourna cette insulte : c’est l’insulteur lui-même qui sera oublié et coupé de tout bien.

  6. La prophétie réalisée : Ibn Kathir fait remarquer l’accomplissement miraculeux de ce verset. Le Prophète ﷺ, que ses ennemis qualifiaient de « coupé », a une descendance spirituelle de plus d’un milliard de fidèles. Son nom est prononcé cinq fois par jour dans chaque adhân à travers le monde. Quant à Al-'As ibn Wa’il et ceux qui l’ont insulté, ils sont effectivement tombés dans l’oubli — leur mention ne survit que dans le contexte de cette sourate, comme exemple de perdants. Le Coran lui-même est la preuve vivante de cette prophétie.

  7. La brièveté porteuse de sens : Avec seulement 3 versets et 10 mots en arabe, cette sourate contient un bienfait immense (v.1), un commandement complet (v.2) et une promesse de victoire (v.3). Ibn Kathir y voit un exemple de l’inimitabilité du Coran (i’jâz) : aucune parole humaine ne peut contenir autant de sens en si peu de mots.

Hadiths connexes :

  • Anas ibn Malik رضي الله عنه rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « Tandis que je marchais au Paradis, je vis un fleuve dont les deux rives étaient des dômes de perles creuses. Je demandai : “Qu’est-ce que ceci, ô Jibrîl ?” Il répondit : “C’est al-Kawthar.” Et sa terre était du musc pur. » (Sahih al-Bukhari, n°6581)

  • Le Prophète ﷺ a dit : « Al-Kawthar est un fleuve au Paradis que mon Seigneur m’a promis. Il contient un bien immense. C’est un bassin vers lequel ma communauté viendra le Jour de la Résurrection. Ses récipients sont aussi nombreux que les étoiles. Un serviteur en sera écarté, et je dirai : “Seigneur, c’est un membre de ma communauté !” On me répondra : “Tu ne sais pas ce qu’il a innové après toi.” » (Sahih Muslim, n°400)

Date de vérification : 2026-02-21


Dernière mise à jour : 2026-02-21

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