Al-Mulk 67:15-22 - Les signes de la puissance divine

📖 Tafsir - Al-Mulk 67:15-22 - Les signes de la puissance divine

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📚 Étude des Versets

📌 La terre soumise, les oiseaux suspendus et l’avertissement

Référence : Sourate Al-Mulk (67), Versets 15-22

Contexte du signet :

Ce passage central d’Al-Mulk interpelle l’homme sur les bienfaits qu’il tient pour acquis : la terre rendue praticable, la subsistance, la protection contre les catastrophes, et le vol des oiseaux. Chaque signe est une preuve de la puissance et de la miséricorde d’Allah, et une invitation à la gratitude et à la réflexion.

Versets clés en français :

67:15 : « C’est Lui qui vous a rendu la terre soumise : parcourez donc ses grandes étendues et mangez de ce qu’Il fournit. Vers Lui est la résurrection. »

67:16 : « Êtes-vous à l’abri que Celui qui est au ciel vous enfouisse sous la terre ? Et voilà qu’elle tremble ! »

67:17 : « Ou êtes-vous à l’abri que Celui qui est au ciel envoie contre vous un ouragan de pierres ? Vous saurez alors comment était Mon avertissement. »

67:18 : « Et certes ceux d’avant eux ont crié au mensonge. Comment fut alors Ma réprobation ! »

67:19 : « N’ont-ils pas vu les oiseaux au-dessus d’eux, déployant et repliant leurs ailes ? Rien ne les retient hormis le Tout Miséricordieux. Car Il observe parfaitement toute chose. »

67:20 : « Quel est celui qui constituerait pour vous une armée pour vous secourir, en dehors du Tout Miséricordieux ? Les mécréants sont dans l’illusion. »

67:21 : « Quel est celui qui pourrait vous nourrir s’Il retenait Sa subsistance ? Mais ils persistent dans leur insolence et leur répulsion. »

67:22 : « Celui qui marche penché sur son visage est-il mieux guidé que celui qui marche debout sur un chemin droit ? »

Tafsir consulté :

  • [x] Ibn Kathir
  • [ ] At-Tabari
  • [ ] Al-Qurtubi
  • [ ] Autre : _______________

Notes du tafsir :

Ibn Kathir développe ces versets comme une série d’interpellations divines montrant la dépendance totale de l’homme envers Allah.

Points clés :

  1. La terre soumise (v.15) : Le mot « dhalûl » (ذلول — soumise, docile) est habituellement utilisé pour un animal dompté. La terre, malgré sa taille immense, est rendue docile pour l’homme : il peut y marcher, y construire, y cultiver. Ibn Kathir rappelle que c’est un immense bienfait — la terre aurait pu être instable, inhospitalière ou toxique. Le verset se conclut par « Vers Lui est la résurrection » (an-nushûr) — un rappel que cette terre temporaire mène à un retour vers Allah.

  2. La menace du tremblement (v.16-17) : Deux scénarios terrifiants : Allah pourrait faire trembler la terre et l’engloutir (comme Il le fit avec Qarûn), ou envoyer un ouragan de pierres (comme sur le peuple de Lut). L’expression « Celui qui est au ciel » (man fi-s-samâ’) désigne Allah dont la puissance s’exerce depuis le Trône, au-dessus des cieux. Ibn Kathir précise que cela n’implique pas qu’Allah est contenu dans le ciel, mais qu’Il est au-dessus de Sa création, comme l’affirme le consensus des Salaf.

  3. La leçon des peuples passés (v.18) : Les peuples de Nuh, 'Ad, Thamud, et Lut ont tous crié au mensonge face aux avertissements, et tous ont été détruits. Ibn Kathir renvoie à de nombreux passages coraniques décrivant ces destructions pour souligner que la menace est réelle et historiquement prouvée.

  4. Les oiseaux en vol (v.19) : Verset d’une délicatesse remarquable. Les oiseaux « déployant et repliant leurs ailes » sont maintenus en l’air par la seule volonté d’Allah. Les lois de l’aérodynamique existent parce qu’Allah les a créées. Le choix du nom « Ar-Rahman » (Le Tout Miséricordieux) dans ce contexte indique que le maintien des oiseaux en vol est un acte de miséricorde — tout comme Il soutient Ses créatures dans leur quotidien. « Il observe parfaitement toute chose » — rien n’échappe à Son attention, de l’oiseau en vol au plus petit insecte.

  5. L’absence de secoureur (v.20) : Question rhétorique puissante : qui pourrait constituer une armée pour vous protéger si Allah décidait votre perte ? Aucune force militaire, aucune alliance, aucune richesse ne peut s’opposer à la volonté d’Allah. Les mécréants qui se croient en sécurité « sont dans l’illusion » (ghurûr).

  6. La subsistance retenue (v.21) : Si Allah retenait Sa subsistance — pluie, récoltes, ressources — qui pourrait nourrir l’humanité ? Personne. Et pourtant, malgré cette dépendance totale, les hommes persistent dans l’insolence (nufûr — aversion, fuite loin de la vérité). Ibn Kathir y voit le comble de l’ingratitude : dépendre entièrement de quelqu’un et Le nier en même temps.

  7. La parabole du marcheur (v.22) : Image frappante comparant deux hommes : celui qui marche « penché sur son visage » (mukibban 'ala wajhihi) — trébuchant, ne voyant pas le chemin — et celui qui marche debout sur un chemin droit. Le premier représente le mécréant, aveugle et désorienté ; le second, le croyant guidé par la lumière de la foi. Ibn Kathir note que cette métaphore vaut aussi pour l’au-delà : les mécréants seront rassemblés le Jour du Jugement marchant sur leurs visages.

Date de vérification : 2026-02-21


Dernière mise à jour : 2026-02-21

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