📖 Tafsir - Al-Mu’minun 23:51-77 - Les messagers et la nourriture pure
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📚 Étude des Versets
📌 L’unité du message prophétique et l’épreuve des bienfaits
Référence : Sourate Al-Mu’minun (23), Versets 51-77
Contexte du signet :
Ces versets s’adressent à l’ensemble des messagers avec un commandement universel — manger de ce qui est licite et accomplir le bien — puis décrivent la fragmentation des communautés en sectes rivales. Allah avertit que les bienfaits matériels ne sont pas signe de Sa satisfaction, mais une épreuve, et que la vraie réussite appartient à ceux qui craignent leur Seigneur.
Versets clés en français :
23:51 : « Ô messagers ! Mangez de ce qui est licite et bon, et faites le bien. Certes, Je suis Omniscient de ce que vous faites. »
23:52 : « Cette communauté qui est la vôtre est une communauté unique, et Je suis votre Seigneur. Craignez-Moi donc ! »
23:53 : « Mais ils se sont divisés en sectes, chaque groupe exultant de ce qu’il détient. »
23:55-56 : « Pensent-ils que ce que Nous leur accordons en biens et en enfants, c’est que Nous Nous empressons de leur faire du bien ? Mais ils n’en sont pas conscients. »
23:60 : « Et ceux qui donnent ce qu’ils donnent, tandis que leurs cœurs sont pleins de crainte à la pensée qu’ils retourneront à leur Seigneur. »
23:62 : « Nous n’imposons à aucune âme que selon sa capacité. Et auprès de Nous est un Livre qui dit la vérité, et ils ne seront pas lésés. »
23:71 : « Si la vérité était conforme à leurs passions, certes les cieux et la terre et tout ce qui s’y trouve seraient corrompus. »
Tafsir consulté :
- [x] Ibn Kathir
- [ ] At-Tabari
- [ ] Al-Qurtubi
- [ ] Autre : _______________
Notes du tafsir :
Ibn Kathir explique que ces versets rassemblent des principes fondamentaux : la licéité de la nourriture, l’unité de la communauté et la mise en garde contre l’illusion des biens matériels.
Points clés :
L’injonction aux messagers (v.51) : Allah ordonne à tous Ses messagers — de Nuh à Muhammad ﷺ — de manger du licite (halal) et du bon (tayyib), et de faire le bien. Ibn Kathir souligne que le licite dans la nourriture est une condition de l’acceptation des œuvres. Le Prophète ﷺ a dit : « Allah est Bon (Tayyib) et n’accepte que ce qui est bon. » Puis il mentionna l’homme qui, au cours d’un long voyage, dépenaillé et poussiéreux, lève les mains au ciel en disant : « Ô Seigneur ! Ô Seigneur ! », alors que sa nourriture est illicite, sa boisson illicite, ses vêtements illicites. « Comment sa prière serait-elle exaucée ? » (Sahih Muslim, Livre de la Zakat, n°1015.)
La communauté unique (v.52) : Tous les prophètes formaient une seule communauté (ummah wahidah), unie par le monothéisme pur (tawhid). Le Prophète ﷺ a dit : « Les prophètes sont des frères de même père (de religion) ; leurs mères sont différentes (leurs législations), mais leur religion est une. » (Sahih al-Bukhari, Livre des Prophètes, n°3443.)
La division en sectes (v.53) : Malgré l’unicité du message, les communautés se sont fragmentées, chaque groupe se réjouissant de ce qu’il possède comme doctrine. Ibn Kathir note que cette division est un blâme sévère, car elle contredit la volonté divine d’unité. Le Prophète ﷺ a averti que sa communauté se diviserait en 73 sectes, toutes au Feu sauf une : celle qui suit sa voie et celle de ses Compagnons. (Rapporté par At-Tirmidhi, n°2641 ; hasan.)
L’illusion de la richesse (v.55-56) : Les biens et les enfants accordés aux mécréants ne sont pas un signe d’agrément divin. Ibn Kathir cite le verset : « Que leurs biens et leurs enfants ne t’émerveillent pas ; Allah ne veut par là que les châtier ici-bas » (At-Tawbah, 9:55). C’est un istidraj — une avancée progressive vers la ruine sans en avoir conscience.
Ceux qui donnent avec crainte (v.60) : Aisha رضي الله عنها demanda au Prophète ﷺ si ce verset parlait de ceux qui commettent des péchés tout en ayant peur. Il répondit : « Non, ô fille du Véridique ! C’est celui qui prie, jeûne et fait l’aumône, mais craint que cela ne soit pas accepté de lui. » (Rapporté par At-Tirmidhi, n°3175 ; hasan.) Ce sont les vrais croyants qui s’empressent dans le bien.
Nulle âme n’est chargée au-delà de sa capacité (v.62) : Ce principe de justice divine traverse tout le Coran (cf. Al-Baqarah 2:286). Ibn Kathir affirme qu’Allah, dans Sa miséricorde, n’impose jamais une obligation impossible à Ses serviteurs, et chaque acte est consigné avec une exactitude parfaite dans le Livre divin.
Si la vérité suivait les passions (v.71) : Si Allah légiférait selon les désirs des gens, l’univers entier serait corrompu. La sagesse divine exige que la vérité soit indépendante des caprices humains. Ibn Kathir y voit une preuve que la Shari’ah sert l’intérêt véritable de l’humanité, même si les gens ne le perçoivent pas toujours.
Date de vérification : 2026-02-21
Dernière mise à jour : 2026-02-21