📖 Tafsir - Al-Qamar 54:1-27 - La lune fendue et les peuples détruits
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📚 Étude des Versets
📌 Le miracle de la lune fendue et la facilité du Coran
Référence : Sourate Al-Qamar (54), Versets 1-27
Contexte du signet :
Al-Qamar (La Lune) est une sourate mecquoise qui s’ouvre par l’un des miracles les plus spectaculaires du Prophète ﷺ : la fission de la lune en deux parties, visible par les habitants de La Mecque. Malgré ce prodige, les mécréants crièrent à la sorcellerie. La sourate enchaîne ensuite avec les récits de Nuh, des 'Ad et des Thamud, ponctués par un refrain répété quatre fois : « Et Nous avons certes rendu le Coran facile pour le rappel. Y a-t-il quelqu’un pour se rappeler ? » (v.17, 22, 32, 40). Le Prophète ﷺ récitait cette sourate lors des prières des deux fêtes et du vendredi.
Versets clés en français :
54:1-2 : « L’Heure approche et la lune s’est fendue. Et s’ils voient un prodige, ils s’en détournent et disent : “Une magie persistante.” »
54:3 : « Ils ont crié au mensonge et ont suivi leurs passions. Or chaque chose arrivera à son terme fixé. »
54:6 : « Détourne-toi d’eux. Le jour où l’Appeleur appellera vers une chose terrible, »
54:9-10 : « Avant eux, le peuple de Nuh avait crié au mensonge. Ils traitèrent Notre serviteur de menteur et dirent : “C’est un possédé !” Et il fut repoussé. Il invoqua donc son Seigneur : “Je suis vaincu. Fais donc triompher [Ta cause] !” »
54:11-12 : « Nous ouvrîmes alors les portes du ciel à une eau torrentielle, et fîmes jaillir la terre en sources, et les eaux se rencontrèrent d’après un ordre prédestiné. »
54:13-14 : « Et Nous le portâmes sur un [vaisseau] fait de planches et de clous, voguant sous Nos yeux, en récompense de celui qu’on avait renié. »
54:17 : « Et Nous avons certes rendu le Coran facile pour le rappel. Y a-t-il quelqu’un pour se rappeler ? »
54:18-21 : « Les 'Ad traitèrent [leur messager] de menteur. Comment furent Mon châtiment et Mes avertissements ? Nous envoyâmes contre eux un vent mugissant en un jour de malheur continu, arrachant les gens comme des souches de palmiers déracinées. Comment furent Mon châtiment et Mes avertissements ? »
54:23-26 : « Les Thamud traitèrent les avertissements de mensonges. […] Nous enverrons la chamelle comme épreuve pour eux. […] Ils appelèrent leur compagnon qui prit [son couteau] et la tua. Comment furent Mon châtiment et Mes avertissements ? »
Tafsir consulté :
- [x] Ibn Kathir
- [ ] At-Tabari
- [ ] Al-Qurtubi
- [ ] Autre : _______________
Notes du tafsir :
Ibn Kathir présente cette sourate comme une démonstration de la puissance divine à travers les miracles et les récits des peuples détruits, articulée autour du refrain sur la facilité du Coran.
Points clés :
La fission de la lune (v.1-2) : « La lune s’est fendue (inshaqqa l-qamar). » Ibn Kathir affirme catégoriquement qu’il s’agit d’un événement historique réel survenu à La Mecque. Anas ibn Malik رضي الله عنه rapporte : « Les gens de La Mecque demandèrent au Messager d’Allah ﷺ de leur montrer un signe. Il leur montra la fission de la lune en deux parties, au point qu’ils virent la montagne de Hira entre les deux. » (Sahih al-Bukhari, n°3868 ; Sahih Muslim, n°2802). Malgré ce miracle visible de tous, les Quraysh dirent : « Muhammad nous a ensorcelés ! » Ibn Kathir note que s’il avait ensorcelé La Mecque, les voyageurs d’autres régions auraient vu la lune intacte — or personne ne le rapporta.
Le récit de Nuh (v.9-16) : Nuh عليه السلام invoqua son Seigneur après des siècles de rejet : « Je suis vaincu. Fais triompher [Ta cause] ! » (innî maghlûb fantasir). Cette invocation puissante dans sa concision déclencha l’ouverture des portes du ciel et le jaillissement des sources terrestres — les eaux d’en haut et d’en bas se rencontrèrent « selon un décret prédestiné » (amr qad qudir). L’Arche, faite de simples planches et clous, voguait « sous Nos yeux » — c’est-à-dire sous la protection d’Allah. Ibn Kathir souligne le contraste : la simplicité matérielle du navire vs la grandeur de la protection divine.
Le refrain (v.17, 22, 32, 40) : « Nous avons certes rendu le Coran facile pour le rappel (dhikr). Y a-t-il quelqu’un pour se rappeler ? » Ce refrain est répété quatre fois, après chaque récit de peuple détruit. Ibn Kathir explique que « facile pour le rappel » signifie que le Coran est facilement mémorisable, compréhensible et accessible à quiconque s’y engage sincèrement. Aucun autre livre de cette taille n’est mémorisé intégralement par des millions de personnes — enfants comme adultes, arabophones comme non-arabophones. C’est un miracle en soi.
La destruction des 'Ad (v.18-22) : Les 'Ad — peuple de Hud عليه السلام — reçurent un « vent mugissant » (rîh sarsar) en un « jour de malheur continu » (yawm nahs mustamirr). Ce vent dura sept nuits et huit jours (comme précisé dans Sourate Al-Haqqah 69:7) et arracha les gens « comme des souches de palmiers déracinées » (a’jâz nakhlin munqa’ir). Ibn Kathir note l’image saisissante : des corps humains projetés et brisés comme des troncs de palmiers vides, sans vie.
L’épreuve de la chamelle chez les Thamud (v.23-27) : Allah envoya la chamelle comme « épreuve » (fitna) pour les Thamud — elle avait le droit de boire un jour et eux le jour suivant. Ils « appelèrent leur compagnon » — Qudâr ibn Sâlif — qui la tua. Ibn Kathir rapporte que les Thamud furent avertis : « Jouissez [de la vie] pendant trois jours » (Hud 11:65), puis le cri (as-sayha) les anéantit. La leçon est claire : défier les signes d’Allah mène à la destruction.
Hadiths connexes :
Anas ibn Malik رضي الله عنه rapporte : « Les gens de La Mecque demandèrent au Prophète ﷺ un signe. La lune se fendit en deux à La Mecque. » (Sahih al-Bukhari, n°3868 ; Sahih Muslim, n°2802)
Abu Hurayra رضي الله عنه rapporte que le Prophète ﷺ récitait dans la prière du vendredi sourate Al-Jumu’ah et sourate Al-Munafiqun, et qu’il récitait sourate Qaf et sourate Al-Qamar lors des prières des deux fêtes. (Sahih Muslim, n°878, 891)
Date de vérification : 2026-02-21
Dernière mise à jour : 2026-02-21