📖 Tafsir - Al-Qari’ah 101:1-11 - Le fracas du Jour Dernier
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📚 Étude de la Sourate
📌 Al-Qari’ah : Le fracas qui ébranle les cœurs et la pesée des actes
Référence : Sourate Al-Qari’ah (101), Versets 1-11
Contexte du signet :
Al-Qari’ah (Le Fracas / Celle qui Frappe) est une sourate mecquoise de 11 versets. Son nom est l’un des noms du Jour de la Résurrection, dérivé de « qar’a » (frapper avec violence). Cette sourate décrit en images saisissantes le chaos cosmique du Jour Dernier, puis expose le principe de la Balance (al-Mîzân) qui déterminera le sort éternel de chaque être humain. Sa structure est simple mais percutante : description du Jour, pesée des actes, deux destins.
Versets clés en français :
101:1-3 : « Le Fracas ! Qu’est-ce que le Fracas ? Et qui te dira ce qu’est le Fracas ? »
101:4 : « Le jour où les gens seront comme des papillons éparpillés. »
101:5 : « Et les montagnes comme de la laine cardée. »
101:6-7 : « Quant à celui dont la balance sera lourde, il sera dans une vie agréable. »
101:8-9 : « Et quant à celui dont la balance sera légère, sa mère [destination] sera l’Abîme. »
101:10-11 : « Et qui te dira ce que c’est ? Un Feu ardent. »
Tafsir consulté :
- [x] Ibn Kathir
- [ ] At-Tabari
- [ ] Al-Qurtubi
- [ ] Autre : _______________
Notes du tafsir :
Ibn Kathir commente cette sourate comme une description concise et terrifiante du Jour de la Résurrection et de ses conséquences éternelles.
Points clés :
Al-Qari’ah — un nom du Jour du Jugement (v.1-3) : Le mot « Qari’ah » vient de « qar’a » : frapper violemment. C’est l’un des noms du Jour de la Résurrection, comme « As-Sâkhkhah » (le Cri assourdissant), « At-Tâmmah » (la Catastrophe suprême) et « Al-Ghâshiyah » (l’Enveloppante). Ibn Kathir note que la répétition du mot trois fois — « Al-Qari’ah. Mâ-l-Qari’ah. Wa mâ adrâka mâ-l-Qari’ah » — amplifie le sentiment de terreur et de gravité. La formule « wa mâ adrâka » (et qui te dira ce que c’est) indique que la réalité de ce Jour dépasse toute imagination humaine.
Les gens comme des papillons éparpillés (v.4) : « Ka-l-farâshi-l-mabthûth » — les gens seront comme des papillons (farâsh) dispersés dans toutes les directions. Ibn Kathir explique que le farâsh est l’insecte qui vole de manière désordonnée autour de la lumière, sans direction ni but. Cette image traduit la panique, la confusion et l’impuissance totales des êtres humains ce Jour-là. Ils iront dans tous les sens, ne sachant où aller, comme Allah le dit aussi dans sourate Al-Qamar (54:7) : « Les regards baissés, ils sortiront des tombes comme des sauterelles éparpillées. »
Les montagnes comme de la laine cardée (v.5) : « Ka-l-'ihni-l-manfûsh » — les montagnes, symboles de solidité et de permanence, deviendront comme de la laine cardée qui se disperse au vent. Ibn Kathir rapproche cela d’autres versets : « Et les montagnes seront comme des dunes de sable mouvant » (73:14), « Et tu verras les montagnes, que tu croyais figées, passer comme passent les nuages » (27:88). Si les montagnes — les structures les plus massives de la terre — sont pulvérisées, que dire de l’homme ?
La Balance lourde : le salut (v.6-7) : « Celui dont la balance sera lourde » (thaqulat mawâzînuhu) sera dans « une vie agréable » ('îshatin râdiyah). Ibn Kathir explique que les « mawâzîn » (balances, au pluriel) seront établies le Jour du Jugement, et que les actes seront véritablement pesés. Le Prophète ﷺ a dit : « Deux paroles sont légères sur la langue, lourdes dans la balance, aimées du Tout Miséricordieux : “Subhân Allahi wa bi-hamdihi, Subhân Allahi-l-'Azîm” (Gloire à Allah et louange à Lui, Gloire à Allah le Très Grand). » (Sahih al-Bukhari, n°6406 ; Sahih Muslim, n°2694). La « vie agréable » est la vie du Paradis.
La Balance légère : la perdition (v.8-9) : Celui dont la balance sera légère — ses mauvaises actions l’emportant sur ses bonnes — aura pour « mère » (ummuhu) l’Abîme (Hâwiyah). Ibn Kathir mentionne deux interprétations du mot « ummuhu » : soit c’est sa destination finale (comme on dit « la mère » d’une chose pour son essence), soit c’est le sommet de sa tête (umm ar-ra’s) — il tombera tête la première dans le Feu. L’expression « Hâwiyah » vient de « hawâ » (tomber/chuter dans un gouffre) — un abîme sans fond.
Le Feu ardent (v.10-11) : « Wa mâ adrâka mâ hiyah ? Nârun hâmiyah » — la même formule d’interrogation rhétorique revient : « Et qui te dira ce que c’est ? » La réponse est brève et terrifiante : « Un Feu ardent » (nâr hâmiyah — un feu brûlant à l’extrême). Ibn Kathir commente que « hâmiyah » signifie un feu d’une chaleur qui a atteint son paroxysme. Le Prophète ﷺ a dit : « Votre feu [de ce monde] est un soixante-dixième du feu de l’Enfer. » Les Compagnons dirent : « Par Allah, il aurait suffi, ô Messager d’Allah ! » Il dit : « Il a été renforcé de soixante-neuf parts, chacune ayant la chaleur de votre feu. » (Sahih al-Bukhari, n°3265 ; Sahih Muslim, n°2843)
La structure rhétorique de la sourate : Ibn Kathir souligne la progression de la sourate : elle commence par la terreur (le fracas), passe par le chaos cosmique (les gens et les montagnes), puis arrive au cœur du sujet — la pesée des actes et les deux destins. Cette structure en entonnoir — du général (le Jour) au particulier (le sort de chacun) — est caractéristique des sourates eschatologiques mecquoises. Chaque être humain fait face à deux chemins uniquement : la balance lourde menant au Paradis, ou la balance légère menant à l’Abîme.
Date de vérification : 2026-02-21
Dernière mise à jour : 2026-02-21