📖 Tafsir - Al-Qasas 28:1-43 - L’histoire de Moussa et la tyrannie de Pharaon
#islam #tafsir #versets #exégèse
📚 Étude des Versets
📌 De la naissance de Moussa à sa mission prophétique
Référence : Sourate Al-Qasas (28), Versets 1-43
Contexte du signet :
Sourate mecquoise dont le nom « Al-Qasas » (Les Récits) renvoie aux histoires des prophètes, en particulier celle de Moussa عليه السلام. Cette sourate offre le récit le plus détaillé de la vie de Moussa avant sa prophétie : sa naissance sous la menace de Pharaon, son adoption par la famille royale, l’homicide involontaire, la fuite vers Madyan, le mariage, et enfin l’appel divin au buisson ardent.
Versets clés en français :
28:4-5 : « Pharaon était hautain sur terre ; il répartit en castes ses habitants, opprimant une partie d’entre eux […]. Mais Nous voulions favoriser ceux qui avaient été opprimés sur terre et en faire des dirigeants et en faire les héritiers. »
28:7 : « Et Nous inspirâmes à la mère de Moussa : “Allaite-le. Et quand tu craindras pour lui, jette-le dans le fleuve. Ne crains pas et ne t’attriste pas : Nous te le rendrons et ferons de lui un messager.” »
28:9 : « Et la femme de Pharaon dit : “[Cet enfant] sera une joie pour moi et pour toi. Ne le tuez pas. Il nous sera peut-être utile, ou nous l’adopterons comme fils.” Et ils ne pressentaient rien. »
28:15 : « [Moussa] entra dans la ville à un moment d’inattention de ses habitants et y trouva deux hommes qui se battaient […] Il le frappa de son poing et le tua. Il dit : “C’est l’œuvre du Diable. C’est vraiment un ennemi, un égareur manifeste.” »
28:24 : « Il abreuva [le troupeau] pour elles, puis se retira à l’ombre et dit : “Seigneur, j’ai grand besoin de tout bien que Tu feras descendre vers moi.” »
28:27 : « [Le père] dit : “Je voudrais te marier à l’une de mes deux filles que voici, à condition que tu travailles à mon service pendant huit ans.” »
28:30 : « Quand il y arriva, on l’appela du flanc droit de la vallée, dans la place bénie, à partir de l’arbre : “Ô Moussa, c’est Moi Allah, le Seigneur de l’univers.” »
Tafsir consulté :
- [x] Ibn Kathir
- [ ] At-Tabari
- [ ] Al-Qurtubi
- [ ] Autre : _______________
Notes du tafsir :
Ibn Kathir présente ce récit comme la démonstration que les plans d’Allah surpassent toujours les machinations des tyrans : Pharaon massacrait les nouveau-nés pour éviter un sauveur, mais c’est dans sa propre maison que ce sauveur grandit.
Points clés :
Le renversement divin (v.4-6) : Pharaon divisait son peuple en castes et massacrait les nouveau-nés mâles des Bani Isra’il. Allah annonça qu’Il allait inverser la situation : les opprimés deviendraient les dirigeants. Ibn Kathir souligne que ce schéma se répète dans l’histoire : la tyrannie porte en elle les germes de sa propre destruction, car Allah ne laisse pas l’injustice prospérer indéfiniment. Le Prophète ﷺ a dit : « Craignez l’invocation de l’opprimé, car il n’y a entre elle et Allah aucun voile. » (Sahih al-Bukhari, Livre de la Zakat, n°1496 ; Sahih Muslim, n°19.)
L’inspiration à la mère de Moussa (v.7) : Allah inspira (awhayna) à la mère de Moussa — non pas une révélation prophétique, mais une inspiration instinctive (ilham) — de mettre son bébé dans le fleuve. Ibn Kathir note le triple réconfort divin : « Ne crains pas, ne t’attriste pas, Nous te le rendrons. » Une mère jette son enfant dans le Nil sur l’ordre d’Allah, et c’est l’acte qui le sauve. La confiance en Allah dépasse la logique humaine.
Asiya, femme de Pharaon (v.9) : Asiya رضي الله عنها intercéda pour sauver Moussa et le prit comme fils adoptif. Le Prophète ﷺ a dit : « Parmi les femmes parfaites, il y a Asiya, la femme de Pharaon. » (Sahih al-Bukhari, Livre des Prophètes, n°3411 ; Sahih Muslim, n°2431.) Ibn Kathir souligne l’ironie divine : Pharaon éleva dans sa maison celui qui allait le détruire.
L’homicide involontaire (v.15-16) : Moussa عليه السلام, intervenant pour défendre un Israélite, frappa un Égyptien qui mourut. Il reconnut immédiatement son erreur et invoqua le pardon d’Allah. Ibn Kathir précise que Moussa ne voulait pas tuer mais protéger ; son repentir fut immédiat et sincère. Cet épisode montre que les prophètes, bien que protégés dans leur mission, sont des êtres humains sujets aux erreurs avant leur prophétie.
La fuite vers Madyan et l’invocation (v.21-24) : Moussa, menacé de mort, quitta l’Égypte seul, sans provisions ni direction précise, et arriva à Madyan. Il abreuva le troupeau de deux femmes par galanterie et sens de la justice, puis s’assit à l’ombre et fit cette invocation célèbre : « Seigneur, j’ai grand besoin de tout bien que Tu feras descendre vers moi. » Ibn Kathir rapporte qu’il avait faim et n’avait rien, et que cette du’a fut exaucée immédiatement : il reçut nourriture, mariage et stabilité.
Le mariage et le contrat de travail (v.27-28) : Le père des deux femmes — identifié par certains exégètes comme Shu’ayb عليه السلام, bien qu’il y ait divergence — proposa à Moussa d’épouser l’une de ses filles en échange de huit ans de travail (dix par générosité). Ibn Kathir note que ce contrat illustre la noblesse des relations sociales en Islam : un mariage fondé sur la vertu et le travail honnête, sans ostentation.
L’appel au buisson ardent (v.29-35) : Après avoir accompli son terme, Moussa voyagea avec sa famille et aperçut un feu sur le mont Tûr. Allah l’appela par son nom et lui donna les deux signes miraculeux : le bâton et la main lumineuse. Puis Il lui assigna Harun comme soutien. Ibn Kathir souligne que la prophétie de Moussa débuta dans un moment de vulnérabilité — seul, de nuit, dans un lieu désert — montrant que la force vient d’Allah, non des circonstances extérieures.
Date de vérification : 2026-02-21
Dernière mise à jour : 2026-02-21