An-Najm 53:1-30 - L'étoile et la révélation

📖 Tafsir - An-Najm 53:1-30 - L’étoile et la révélation

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📚 Étude des Versets

📌 Le serment par l’étoile et la vision de Jibril

Référence : Sourate An-Najm (53), Versets 1-30

Contexte du signet :

An-Najm (L’Étoile) est une sourate mecquoise célèbre pour contenir la description de la rencontre du Prophète ﷺ avec Jibril عليه السلام sous sa forme véritable lors du voyage nocturne (al-Isra wal-Mi’raj). Elle s’ouvre par un serment divin par l’étoile pour attester que Muhammad ﷺ ne s’égare pas et ne parle pas sous l’effet de la passion : sa parole est une révélation. C’est la première sourate au cours de laquelle le Prophète ﷺ se prosterna publiquement, et les mécréants eux-mêmes se prosternèrent avec lui (Sahih al-Bukhari).

Versets clés en français :

53:1-4 : « Par l’étoile à son déclin ! Votre compagnon ne s’est pas égaré et n’a pas été induit en erreur, et il ne prononce rien sous l’effet de la passion. Ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée. »

53:5-7 : « Que lui a enseigné un être d’une force prodigieuse, doué de sagacité ; c’est alors qu’il se manifesta sous sa forme réelle, alors qu’il se trouvait à l’horizon supérieur. »

53:8-10 : « Puis il se rapprocha et descendit encore plus bas, et fut à deux portées d’arc ou plus près encore. Il révéla à Son serviteur ce qu’Il révéla. »

53:13-15 : « Il l’a pourtant vu une autre fois, près du Lotus de la limite (Sidrat al-Muntaha), près duquel se trouve le Jardin du refuge (Jannat al-Ma’wa). »

53:17-18 : « La vue n’a nullement dévié ni outrepassé la mesure. Il a certes vu certains des plus grands signes de son Seigneur. »

53:19-23 : « Avez-vous vu al-Lat, al-'Uzza, et Manat, la troisième idole ? Sera-ce à vous le garçon et à Lui la fille ? Que voilà donc un partage injuste ! Ce ne sont que des noms que vous avez inventés, vous et vos ancêtres. Allah n’a fait descendre aucune preuve à leur sujet. »

53:29 : « Écarte-toi donc de celui qui tourne le dos à Notre rappel et qui ne désire que la vie présente. »

Tafsir consulté :

  • [x] Ibn Kathir
  • [ ] At-Tabari
  • [ ] Al-Qurtubi
  • [ ] Autre : _______________

Notes du tafsir :

Ibn Kathir présente cette sourate comme la preuve fondamentale de l’authenticité de la révélation et un rejet catégorique de l’idolâtrie.

Points clés :

  1. Le serment par l’étoile (v.1-4) : Allah jure par l’étoile (an-najm) « à son déclin » (idhâ hawâ) — quand elle se couche ou tombe. Le serment vise à attester une vérité capitale : « Votre compagnon (sâhibukum) ne s’est pas égaré. » L’emploi de « votre compagnon » est délibéré — Muhammad ﷺ n’est pas un étranger, les Quraysh le connaissent depuis sa naissance, ils savent qu’il est véridique (as-Sâdiq al-Amîn). Sa parole n’est pas de la poésie, ni de la divination, ni de la folie : c’est une révélation (wahy yûhâ).

  2. La première vision de Jibril (v.5-10) : « Un être d’une force prodigieuse » (shadîd al-quwâ) — c’est Jibril عليه السلام. Il se manifesta au Prophète ﷺ sous sa forme originelle à l’horizon supérieur — avec ses six cents ailes qui couvraient l’horizon. Ibn Kathir rapporte le hadith d’Aisha رضي الله عنها qui dit que les versets « puis il se rapprocha… à deux portées d’arc » décrivent le rapprochement de Jibril vers le Prophète ﷺ, et non une vision directe d’Allah. Cette interprétation est celle de la majorité des Compagnons, notamment Ibn Mas’ud et Abu Hurayra رضي الله عنهما.

  3. Sidrat al-Muntaha (v.13-18) : Lors du Mi’raj, le Prophète ﷺ vit Jibril une seconde fois près du « Lotus de la limite » (Sidrat al-Muntaha) — l’arbre au-delà duquel aucune créature ne passe. Le Prophète ﷺ a décrit cette vision : « Le Lotus était recouvert de ce qu’Allah voulut, de papillons d’or. Il me fut montré quatre fleuves : deux apparents et deux cachés. Les deux apparents sont le Nil et l’Euphrate. » (Sahih al-Bukhari, n°3887). « La vue n’a nullement dévié » — le Prophète ﷺ a vu exactement ce qui lui fut montré, sans hallucination ni exagération.

  4. La réfutation des idoles (v.19-23) : Le passage passe brutalement de la sublimité du Mi’raj à la bassesse de l’idolâtrie : « Avez-vous vu al-Lat, al-'Uzza, et Manat ? » Ces trois divinités majeures des Quraysh ne sont que des noms inventés, sans aucune autorité descendue d’Allah. Ibn Kathir note le contraste voulu : après avoir décrit la grandeur de la révélation divine, le Coran expose la vanité totale des idoles — des noms vides, des pierres sans pouvoir.

  5. Les anges ne sont pas des filles d’Allah (v.21-22, 27) : Les Arabes pré-islamiques attribuaient des filles à Allah (les anges) tout en préférant les garçons pour eux-mêmes. Le Coran dénonce cette double injustice : non seulement ils attribuent des enfants à Allah (ce qui est impossible), mais en plus ils Lui attribuent ce qu’ils méprisent eux-mêmes. Ibn Kathir souligne l’absurdité logique de cette croyance.

  6. La science limitée des mécréants (v.28-30) : « Ils ne suivent que la conjecture (az-zann) et la conjecture ne sert à rien face à la vérité. » Ibn Kathir rappelle que les croyances des polythéistes ne reposent sur aucune preuve, seulement sur les traditions héritées de leurs ancêtres. Le verset 30 résume : « Voilà la limite de leur savoir » — leur connaissance se borne à la vie d’ici-bas et ils sont aveugles à l’au-delà.

Hadiths connexes :

  • 'Abdullah ibn Mas’ud رضي الله عنه rapporte à propos de « Il a certes vu certains des plus grands signes de son Seigneur » : « Le Prophète ﷺ a vu Jibril avec six cents ailes. » (Sahih al-Bukhari, n°4856 ; Sahih Muslim, n°174)

  • Ibn 'Abbas رضي الله عنهما rapporte : « Le Prophète ﷺ a récité sourate An-Najm et s’est prosterné, et tous ceux qui étaient avec lui — musulmans, polythéistes, djinns et humains — se prosternèrent. » (Sahih al-Bukhari, n°1071)

Date de vérification : 2026-02-21


Dernière mise à jour : 2026-02-21

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