📖 Tafsir - An-Najm 53:31-62 - La rétribution et la toute-puissance
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📚 Étude des Versets
📌 La responsabilité individuelle et les attributs de la puissance divine
Référence : Sourate An-Najm (53), Versets 31-62
Contexte du signet :
La seconde moitié de Sourate An-Najm établit un ensemble de principes fondamentaux de la foi islamique : nul ne porte le fardeau d’autrui, l’homme n’obtient que le fruit de son effort, Allah détient le pouvoir de faire rire et pleurer, de donner la vie et la mort, de créer les paires et d’enrichir ou d’appauvrir. Elle rappelle la destruction des peuples anciens — les 'Ad, les Thamud, le peuple de Nuh, les villes renversées de Lut — comme preuves tangibles de la puissance et de la justice d’Allah.
Versets clés en français :
53:31 : « À Allah appartient tout ce qui est dans les cieux et tout ce qui est sur la terre, afin qu’Il rétribue ceux qui font le mal selon ce qu’ils ont fait, et récompense ceux qui font le bien par la plus belle récompense. »
53:32 : « Ceux qui évitent les grands péchés et les turpitudes et ne commettent que des fautes légères… certes, le pardon de ton Seigneur est immense. »
53:38-39 : « Qu’aucune âme ne portera le fardeau d’une autre, et qu’en vérité, l’homme n’obtient que le fruit de ses efforts, »
53:40-41 : « et que son effort, certes, lui sera présenté, puis il en sera récompensé pleinement. »
53:43-44 : « Et que c’est Lui qui a fait rire et qui a fait pleurer. Et que c’est Lui qui a fait mourir et qui a fait vivre. »
53:45-46 : « Et que c’est Lui qui a créé les deux éléments de couple, le mâle et la femelle, d’une goutte de sperme quand elle est éjaculée. »
53:48-49 : « Et que c’est Lui qui a donné la richesse et qui a rendu satisfait. Et que c’est Lui le Seigneur de Sirius (ash-Shi’râ). »
53:57-58 : « L’imminente [l’Heure] est proche ! Personne en dehors d’Allah ne peut la dévoiler. »
53:62 : « Prosternez-vous devant Allah et adorez-Le ! »
Tafsir consulté :
- [x] Ibn Kathir
- [ ] At-Tabari
- [ ] Al-Qurtubi
- [ ] Autre : _______________
Notes du tafsir :
Ibn Kathir présente cette section comme un résumé des fondements de la croyance : la responsabilité individuelle, les attributs divins et l’urgence de l’adoration.
Points clés :
Le pardon des fautes légères (v.32) : « Ceux qui évitent les grands péchés (kabâ’ir) et les turpitudes (fawâhish) et ne commettent que des fautes légères (lamam)… le pardon de ton Seigneur est immense. » Ibn Kathir rapporte que le lamam désigne les petits péchés commis par inadvertance ou faiblesse humaine, sans persistance. Le Prophète ﷺ a dit : « Les cinq prières, le vendredi au vendredi, le Ramadan au Ramadan expient les péchés commis entre eux, tant que les grands péchés sont évités. » (Sahih Muslim, n°233). Allah rassure les croyants : les fautes mineures sont pardonnées quand on évite les majeurs.
Nul ne porte le fardeau d’autrui (v.38) : Ce principe fondamental — « Aucune âme ne portera le fardeau d’une autre » — réfute les croyances pré-islamiques et chrétiennes de péché originel ou de rédemption substitutive. Ibn Kathir note que ce verset est attribué aux « feuillets d’Ibrahim et de Moussa » (v.36-37), soulignant l’universalité de ce principe à travers toutes les révélations. Chaque individu est responsable de ses propres actes devant Allah.
L’homme n’obtient que le fruit de son effort (v.39-41) : « L’homme n’obtient que ce qu’il a fait (sa’â). » Ibn Kathir précise que ce verset ne contredit pas le fait que les invocations des vivants bénéficient aux morts — car l’invocation du fils est considérée comme faisant partie de l’effort du père qui l’a éduqué. Le Prophète ﷺ a dit : « Quand l’homme meurt, ses actions cessent sauf trois : une aumône continue, une science bénéfique, ou un enfant pieux qui invoque pour lui. » (Sahih Muslim, n°1631)
Les attributs de la toute-puissance (v.43-49) : Une série d’attributs divins est énumérée : Allah fait rire et pleurer, fait mourir et fait vivre, crée le mâle et la femelle d’une goutte, accorde la richesse et la satisfaction, et Il est le Seigneur de Sirius (ash-Shi’râ). Ibn Kathir note que l’étoile Sirius était adorée par certains Arabes (Khuzâ’a) ; ce verset affirme qu’Allah en est le Seigneur et qu’elle ne mérite aucune adoration. Chaque attribut démontre la souveraineté absolue d’Allah sur les émotions, la vie, la procréation, la subsistance et les astres.
La destruction des peuples anciens (v.50-54) : Les 'Ad (premiers) furent anéantis, les Thamud pareillement — « il n’en resta aucun » —, le peuple de Nuh avant eux (« ils étaient encore plus injustes et plus transgresseurs »), et les « villes renversées » (al-mu’tafikât) — les cités de Lut — furent recouvertes de ce qui les recouvrit (pierres d’argile). Ibn Kathir rappelle que ces destructions sont des faits historiques dont les traces étaient visibles pour les Arabes sur leurs routes commerciales.
L’imminence de l’Heure (v.57-58) : « L’imminente (al-Âzifa) est proche ! » — un autre nom du Jour du Jugement, qui souligne sa proximité imminente. « Personne en dehors d’Allah ne peut la dévoiler (kâshifa). » Ibn Kathir explique que nul ne peut la repousser ni en préciser le moment ; elle appartient exclusivement à la science d’Allah. L’urgence est le message central : il ne reste plus de temps pour l’insouciance.
L’appel final à la prosternation (v.59-62) : « De ce discours (hadîth) vous étonnez-vous ? Et vous riez et ne pleurez pas, tout en restant dans l’amusement ? Prosternez-vous devant Allah et adorez-Le ! » Ce verset contient une sajda tilâwa (prosternation de récitation). Ibn Kathir note le reproche : comment entendre le Coran — parole d’Allah décrivant le Paradis, l’Enfer, la résurrection — et rire au lieu de pleurer ? La réponse appropriée est la prosternation.
Hadiths connexes :
Le Prophète ﷺ a dit : « Quand le fils d’Adam meurt, ses œuvres cessent sauf trois : une aumône continue, une science dont on tire profit, ou un enfant pieux qui invoque pour lui. » (Sahih Muslim, n°1631)
Le Prophète ﷺ a dit : « Les cinq prières, le vendredi au vendredi, le Ramadan au Ramadan sont des expiations pour les péchés commis entre eux, tant que les grands péchés sont évités. » (Sahih Muslim, n°233)
Date de vérification : 2026-02-21
Dernière mise à jour : 2026-02-21