📖 Tafsir - Ar-Ra’d 13:1-43 - Le tonnerre et les signes d’Allah
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📚 Étude des Versets
📌 Ar-Ra’d : Le tonnerre glorifie Allah et les signes dans la création
Référence : Sourate Ar-Ra’d (13), Versets 1-43
Contexte du signet :
La sourate Ar-Ra’d (Le Tonnerre) est une sourate médinoise selon la majorité des savants, bien que certains la considèrent mecquoise. Elle tire son nom du verset 13 où le tonnerre est décrit comme glorifiant Allah par Sa louange. La sourate établit un lien profond entre les signes naturels observables — la foudre, la pluie, les montagnes, les fleuves — et la réalité de la résurrection et du Jugement. Elle contient l’un des versets les plus cités sur la responsabilité humaine : « Allah ne modifie point l’état d’un peuple tant que celui-ci ne modifie pas ce qui est en lui-même » (v.11). Ibn Kathir classe cette sourate parmi celles qui utilisent les phénomènes naturels comme preuves irréfutables de l’unicité d’Allah et de Sa puissance créatrice.
Versets clés en français :
13:2 : « Allah est Celui qui a élevé les cieux sans piliers visibles, puis S’est établi sur le Trône. Il a soumis le soleil et la lune, chacun poursuivant sa course vers un terme fixé. Il règle l’ordre de tout et expose en détail les signes, afin que vous ayez la certitude de la rencontre de votre Seigneur. »
13:3 : « Et c’est Lui qui a étendu la terre et y a placé des montagnes et des fleuves. Et de chaque espèce de fruits, Il y a établi deux éléments de couple. Il fait que la nuit couvre le jour. Voilà bien là des signes pour des gens qui réfléchissent. »
13:11 : « Il [l’homme] a des anges qui se succèdent devant lui et derrière lui, qui le gardent par ordre d’Allah. En vérité, Allah ne modifie point l’état d’un peuple tant que les [individus qui le composent] ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes. Et lorsqu’Allah veut un mal pour un peuple, nul ne peut le repousser. Et ils n’ont, en dehors de Lui, aucun protecteur. »
13:13 : « Le tonnerre Le glorifie par Sa louange, et aussi les anges, sous l’effet de Sa crainte. Et Il lance les foudres dont Il atteint qui Il veut. Or ils disputent au sujet d’Allah alors qu’Il est redoutable en Sa force. »
13:17 : « Il a fait descendre une eau du ciel, à laquelle des vallées servent de lit, selon leur grandeur. Le flot charrie une écume flottante ; et de ce qu’on porte à fondre au feu pour [fabriquer] des bijoux et des ustensiles, vient une écume semblable. Ainsi Allah représente le vrai et le faux. Quant à l’écume, elle s’en va au rebut ; mais ce qui est utile aux hommes demeure sur terre. Ainsi Allah propose des paraboles. »
13:28 : « Ceux qui croient et dont les cœurs se tranquillisent au rappel d’Allah. N’est-ce point par le rappel d’Allah que se tranquillisent les cœurs ? »
Tafsir consulté :
- [x] Ibn Kathir
- [ ] At-Tabari
- [ ] Al-Qurtubi
- [ ] Autre : _______________
Notes du tafsir :
Ibn Kathir présente cette sourate comme une démonstration magistrale de la puissance divine à travers les phénomènes naturels, tout en réfutant les arguments des négateurs.
Points clés :
Les cieux sans piliers visibles (v.2-4) : Ibn Kathir explique qu’Allah a créé les cieux sans aucun pilier que l’on puisse voir, ce qui témoigne de Sa puissance infinie. Ibn 'Abbas رضي الله عنه a précisé : « Qui te dit qu’il n’y a pas de piliers ? Peut-être y a-t-il des piliers que vous ne voyez pas. » La soumission du soleil et de la lune à une orbite précise constitue une preuve de l’unicité d’Allah : un système aussi ordonné ne peut être le fruit du hasard.
La parabole de l’eau et de l’écume (v.17) : C’est l’une des paraboles les plus éloquentes du Coran. Ibn Kathir explique que la vérité est comparée à l’eau pure qui demeure et profite aux hommes, tandis que le faux est comparé à l’écume qui s’en va au rebut, sans laisser de trace. De même, l’or fondu au feu produit une scorie inutile et un métal précieux. La vérité, même si elle semble submergée temporairement, finit toujours par s’établir.
Allah ne change pas un peuple tant qu’il ne change pas lui-même (v.11) : Ce verset est un principe fondamental de la philosophie sociale en Islam. Ibn Kathir souligne que les anges gardiens (mu’aqqibat) protègent l’homme par ordre d’Allah, mais cette protection cesse quand Allah décrète un malheur en raison de ce que le peuple a lui-même changé en son âme. Le changement — positif ou négatif — part toujours de l’intérieur. Ce verset responsabilise chaque individu et chaque communauté.
Le tonnerre glorifie Allah (v.13) : Ibn Kathir rapporte que 'Abdullah ibn az-Zubayr رضي الله عنه cessait de parler quand il entendait le tonnerre et disait : « Gloire à Celui que le tonnerre glorifie par Sa louange, ainsi que les anges, sous l’effet de Sa crainte. » Le tonnerre n’est pas un simple phénomène météorologique : c’est un acte d’adoration et de glorification (tasbih). Quant à la foudre, elle est un instrument de la volonté divine qu’Allah dirige où Il veut.
La tranquillité par le dhikr (v.28) : Ibn Kathir considère ce verset comme l’un des plus consolants du Coran. Le cœur humain, agité par les soucis et les angoisses de ce monde, ne trouve la sérénité véritable que dans le rappel d’Allah (dhikr). Cela inclut la récitation du Coran, l’invocation, la prière et toute forme de souvenir d’Allah. Le Prophète ﷺ a dit : « La différence entre celui qui mentionne son Seigneur et celui qui ne Le mentionne pas est comme la différence entre le vivant et le mort. » (Sahih al-Bukhari, Livre des invocations, n°6407.)
Le rejet obstiné malgré les signes (v.31, 38-39) : Ibn Kathir note qu’Allah pose une question rhétorique : même si un Coran faisait mouvoir les montagnes, fendre la terre ou parler les morts, les obstinés ne croiraient pas, car le problème n’est pas dans l’insuffisance des preuves mais dans l’aveuglement des cœurs. Allah efface ce qu’Il veut et confirme ce qu’Il veut, et auprès de Lui se trouve la Mère du Livre (Umm al-Kitab, v.39), la Table Préservée où tout est inscrit de toute éternité.
La conclusion : Allah est le meilleur des stratagèmes (v.42-43) : Les mécréants ont comploté, mais Allah est le meilleur des planificateurs. Ibn Kathir clôt son commentaire en rappelant que le témoignage d’Allah et de ceux qui possèdent la science du Livre suffit comme preuve de la véracité du Prophète ﷺ. Ce « témoin » est identifié par certains comme 'Abdullah ibn Salam رضي الله عنه, ancien rabbin converti à l’Islam, mais Ibn Kathir privilégie l’interprétation générale : Allah Lui-même témoigne, et cela suffit.
Hadiths connexes :
Le Prophète ﷺ a dit : « La différence entre celui qui mentionne son Seigneur et celui qui ne Le mentionne pas est comme la différence entre le vivant et le mort. » (Sahih al-Bukhari, Livre des invocations, n°6407) — en lien avec le verset 28 sur la tranquillité des cœurs par le dhikr.
Le Prophète ﷺ, quand il entendait le tonnerre, disait : « Ô Allah, ne nous tue pas par Ta colère, ne nous fais pas périr par Ton châtiment, et préserve-nous avant cela. » (Rapporté par At-Tirmidhi, n°3450, jugé hasan) — en lien avec le verset 13 sur le tonnerre.
Date de vérification : 2026-02-21
Dernière mise à jour : 2026-02-21