Ar-Rahman 55:46-78 - Les jardins du Paradis

📖 Tafsir - Ar-Rahman 55:46-78 - Les jardins du Paradis

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📚 Étude des Versets

📌 Les deux paires de jardins : la récompense des croyants

Référence : Sourate Ar-Rahman (55), Versets 46-78

Contexte du signet :

La dernière partie d’Ar-Rahman est entièrement consacrée à la description du Paradis. Allah y décrit deux paires de jardins : deux jardins supérieurs pour les rapprochés (muqarrabûn), puis deux autres jardins pour ceux qui suivent. Cette description, d’une beauté poétique inégalée, détaille les arbres, les sources, les fruits, les tapis, les épouses et la félicité éternelle promise aux croyants. La sourate se conclut par la glorification du nom d’Allah, « plein de majesté et de noblesse ».

Versets clés en français :

55:46 : « Et pour celui qui aura craint la comparution devant son Seigneur, il y aura deux jardins. »

55:48 : « Aux branches touffues. »

55:50 : « Dans lesquels il y aura deux sources coulantes. »

55:52 : « Dans lesquels il y aura deux espèces de chaque fruit. »

55:54 : « Accoudés sur des tapis dont l’intérieur est de brocart. Et les fruits des deux jardins seront à portée de main. »

55:56 : « Là, seront des houris aux regards chastes qu’aucun homme ni djinn n’a touchées avant eux. »

55:58 : « Elles seront semblables au rubis et au corail. »

55:60 : « Y a-t-il d’autre récompense pour le bien que le bien ? »

55:62 : « Et en deçà de ces deux jardins, il y en aura deux autres. »

55:64 : « Ils seront d’un vert foncé. »

55:66 : « Dans lesquels il y aura deux sources jaillissantes. »

55:68 : « Dans lesquels il y aura des fruits, des palmiers et des grenadiers. »

55:70 : « Dans lesquels il y aura des vertueuses et des belles. »

55:72 : « Des houris cloîtrées dans les tentes. »

55:76 : « Accoudés sur des coussins verts et de beaux tapis. »

55:78 : « Béni soit le nom de ton Seigneur, plein de majesté et de noblesse ! »

Tafsir consulté :

  • [x] Ibn Kathir
  • [ ] At-Tabari
  • [ ] Al-Qurtubi
  • [ ] Autre : _______________

Notes du tafsir :

Ibn Kathir détaille les quatre jardins du Paradis décrits dans cette sourate et leur hiérarchie.

Points clés :

  1. La crainte de la comparution (v.46) : La condition d’entrée est « avoir craint la comparution devant son Seigneur » (maqâm rabbihi). Ibn Kathir explique que cela désigne celui qui, au moment de commettre un péché, se rappelle qu’il se tiendra un jour devant Allah, et s’abstient. Le Prophète ﷺ a dit : « Le Paradis est entouré de choses désagréables [les efforts, les épreuves], et l’Enfer est entouré de tentations » (Sahih al-Bukhari, n°6487).

  2. Les deux premiers jardins (v.46-61) : Ces jardins supérieurs sont destinés aux muqarrabûn (les rapprochés d’Allah). Ils contiennent des branches touffues offrant une ombre perpétuelle, deux sources qui coulent (non jaillissantes — un signe de douceur et de continuité), deux espèces de chaque fruit. Les tapis sont doublés de brocart (istabraq) — et Ibn Kathir commente : « Si l’intérieur des tapis est de brocart, que dire de l’extérieur ? » C’est-à-dire que la face visible sera encore plus magnifique que ce qui est décrit.

  3. Les fruits à portée de main (v.54) : Les fruits des deux jardins seront proches et accessibles — les branches s’inclineront vers le croyant sans effort de sa part. Ibn Kathir rapporte qu’Al-Bara’ ibn 'Azib رضي الله عنه a dit que les arbres du Paradis obéissent à leurs habitants : quand ils désirent un fruit, l’arbre s’abaisse vers eux.

  4. Les houris aux regards chastes (v.56-58) : « Qâsirât at-tarf » — elles ne regardent que leur époux, par pudeur et par amour. « Qu’aucun homme ni djinn n’a touchées avant eux » — confirmant que les houris sont créées pour les gens du Paradis. Elles sont comparées au rubis (yâqût) et au corail (marjân) — alliant la transparence et la beauté de la pierre précieuse à la douceur du corail. Ibn Kathir rapporte le hadith : « Si une femme du Paradis se penchait vers les gens de la terre, elle illuminerait tout ce qui est entre les deux et le remplirait de parfum » (Sahih al-Bukhari, n°2796).

  5. Le bien récompensé par le bien (v.60) : « Hal jazâ’u-l-ihsâni illa-l-ihsân ? » — verset concis et profond. La récompense de celui qui a fait le bien (ihsân) ne peut être que le bien. Ibn Kathir commente : « Allah dit : la récompense de celui qui a bien agi dans le bas monde est que Je lui fasse du bien dans l’au-delà. » C’est aussi un encouragement : tout bien accompli sera récompensé.

  6. Les deux seconds jardins (v.62-76) : « En deçà de ces deux-là » (min dûnihimâ) — d’un rang inférieur, mais toujours magnifiques. Ils sont d’un « vert foncé » (muddhâmmatân) tant la végétation est dense. Leurs sources sont « jaillissantes » (naddâkhatân) — différentes des sources « coulantes » des premiers jardins. Ils contiennent des fruits, des palmiers et des grenadiers, et des épouses « vertueuses et belles » (khayrâtun hisân). Ibn Kathir note la hiérarchie subtile : les premiers jardins ont des tapis de brocart, les seconds des coussins verts ; les premiers ont des sources qui coulent doucement, les seconds des sources qui jaillissent. Les deux sont merveilleux, mais l’un surpasse l’autre.

  7. La conclusion glorieuse (v.78) : « Tabâraka-smu rabbika dhi-l-jalâli wa-l-ikrâm » — Béni soit le nom de ton Seigneur, plein de majesté et de noblesse. La sourate se referme comme elle s’est ouverte : par la glorification d’Allah. Le Prophète ﷺ a dit : « Insistez sur “Yâ Dha-l-Jalâli wa-l-Ikrâm” [dans vos invocations]. » (Sunan At-Tirmidhi, n°3524 ; Ahmad). Ce nom résume toute la sourate : Allah est à la fois plein de majesté (jalâl — puissance, grandeur) et de noblesse (ikrâm — générosité, honneur envers Ses créatures).

Date de vérification : 2026-02-21


Dernière mise à jour : 2026-02-21

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