As-Saffat 37:139-182 - Yunus, la clarification et la glorification

📖 Tafsir - As-Saffat 37:139-182 - Yunus, la clarification et la glorification

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📚 Étude des Versets

📌 Yunus dans la baleine, le rejet du shirk et la glorification finale

Référence : Sourate As-Saffat (37), Versets 139-182

Contexte du signet :

Cette dernière partie de la sourate As-Saffat conclut les récits prophétiques avec l’histoire de Yunus (Jonas), rejeté puis pardonné par Allah, et celle de Lut (Lot) sauvé de la destruction. La sourate se termine par une réfutation cinglante des croyances polythéistes — les anges ne sont pas les filles d’Allah — et par une glorification triomphale d’Allah, exalté au-dessus de toute association. La formule finale « Gloire à ton Seigneur, le Seigneur de la puissance, bien au-dessus de ce qu’ils décrivent » est l’une des plus belles doxologies du Coran.

Versets clés en français :

37:139-142 : « Yunus était certes au nombre des messagers. Quand il s’enfuit vers le bateau comble, il prit part au tirage au sort qui le désigna pour être jeté [à la mer]. Le poisson l’avala alors qu’il était blâmable. »

37:143-144 : « S’il n’avait pas été parmi ceux qui glorifient Allah, il serait demeuré dans son ventre jusqu’au Jour où l’on sera ressuscité. »

37:145-146 : « Nous le jetâmes sur la terre nue, et il était malade. Et Nous fîmes pousser au-dessus de lui un plant de courge. »

37:149-150 : « Demande-leur si ton Seigneur a des filles alors qu’ils auraient des fils ? Avons-Nous créé les anges de sexe féminin en ont-ils été témoins ? »

37:164-166 : « [Les anges disent :] “Il n’est parmi nous aucun qui n’ait une place connue. C’est nous qui sommes les rangés en rangs, et c’est nous qui glorifions Allah.” »

37:180-182 : « Gloire à ton Seigneur, le Seigneur de la puissance, bien au-dessus de ce qu’ils décrivent. Et paix sur les messagers. Et louange à Allah, Seigneur de l’univers. »

Tafsir consulté :

  • [x] Ibn Kathir
  • [ ] At-Tabari
  • [ ] Al-Qurtubi
  • [ ] Autre : _______________

Notes du tafsir :

Ibn Kathir conclut l’analyse d’As-Saffat par les leçons de Yunus, la réfutation du shirk et l’exaltation d’Allah.

Points clés :

  1. Yunus et la fuite (v.139-142) : Yunus était un messager envoyé à Ninive (plus de cent mille habitants). Il quitta son peuple avec colère avant d’en recevoir l’autorisation d’Allah, monta sur un navire, et lorsqu’une tempête menaça, un tirage au sort le désigna pour être jeté à la mer. Un grand poisson l’avala alors qu’il était « blâmable » (mulîm) — car il avait fui sa mission sans permission divine. Ibn Kathir insiste : les prophètes sont impeccables dans la transmission du message, mais peuvent commettre des erreurs de jugement (ijtihâd), et Yunus fut blâmé pour son départ précipité.

  2. Le dhikr qui sauva Yunus (v.143-144) : « S’il n’avait pas été parmi ceux qui glorifient Allah (al-musabbihîn), il serait demeuré dans son ventre jusqu’au Jour de la Résurrection. » Ibn Kathir explique qu’il s’agit de l’invocation célèbre : « Lâ ilâha illâ Anta, Subhânaka, innî kuntu min adh-dhâlimîn » (Il n’y a de divinité que Toi, Gloire à Toi, j’étais certes du nombre des injustes). Le Prophète ﷺ a dit : « L’invocation de Dhun-Nun (Yunus) lorsqu’il invoqua dans le ventre du poisson : “Lâ ilâha illâ Anta, Subhânaka, innî kuntu min adh-dhâlimîn.” Aucun musulman n’invoque par elle pour quoi que ce soit sans qu’Allah ne lui réponde. » (Sunan At-Tirmidhi, n°3505 — sahih)

  3. La guérison et la mission accomplie (v.145-148) : Allah rejeta Yunus sur la terre nue, malade et affaibli. Il fit pousser au-dessus de lui un plant de courge (yaqtîn) — qui fournit ombre, nourriture et repousse les mouches. Puis Allah l’envoya de nouveau à son peuple de « cent mille ou plus », et « ils crurent » — contrairement à tant d’autres peuples. Ibn Kathir note que c’est le seul peuple dans le Coran qui crut collectivement après avoir reçu un avertisseur, et Allah les fit jouir de la vie « pour un temps ».

  4. Les anges ne sont pas des filles d’Allah (v.149-157) : Allah réfute la croyance des Qurayshites selon laquelle les anges seraient les « filles d’Allah ». L’argument est dévastateur : ils attribuent à Allah des filles — alors qu’eux-mêmes préfèrent les fils — et prétendent que les anges sont de sexe féminin sans en avoir été témoins. « En ont-ils été témoins ? » Ibn Kathir souligne la triple absurdité : ils détestent les filles pour eux-mêmes, les attribuent à Allah, et inventent un lien de parenté (nasab) entre Allah et les djinns. Les djinns eux-mêmes savent qu’ils seront « amenés » au châtiment.

  5. Les anges se décrivent eux-mêmes (v.164-166) : Les anges témoignent de leur propre condition : « Il n’est parmi nous aucun qui n’ait une place connue. » Chaque ange a un rang et une fonction assignés par Allah. « C’est nous qui sommes les rangés en rangs » — ils s’alignent en rangs dans l’adoration, sans jamais se lasser. « Et c’est nous qui glorifions Allah » — le tasbîh est leur nature permanente. Ibn Kathir note que ce passage revient au début de la sourate (v.1) et complète le cercle : les « rangés en rangs » du serment initial sont bien les anges qui se décrivent ici.

  6. La promesse aux mécréants et aux croyants (v.171-179) : « Notre parole a déjà été donnée à Nos serviteurs envoyés, que ce sont eux qui seront secourus, et que Nos soldats seront les vainqueurs. » Cette promesse divine est absolue : les messagers d’Allah et leurs fidèles triomphent toujours in fine. « Éloigne-toi d’eux pour un temps » — un répit est accordé aux mécréants, mais « bientôt ils verront ». Ibn Kathir souligne que ce verset a été confirmé par la victoire de l’Islam.

  7. La doxologie finale (v.180-182) : La sourate se conclut par une triple glorification : « Gloire à ton Seigneur, le Seigneur de la puissance (al-'izza), bien au-dessus de ce qu’ils décrivent » — Allah est transcendant au-delà de tout ce que les polythéistes Lui attribuent. « Et paix sur les messagers » — Allah honore tous Ses prophètes. « Et louange à Allah, Seigneur de l’univers » — la formule universelle de reconnaissance. Le Prophète ﷺ recommandait de conclure les assemblées par ces versets. Ibn Kathir rapporte que le Prophète ﷺ terminait souvent ses assises par « Subhâna Rabbika Rabb il-'izzati 'ammâ yasifûn… ».

Hadiths connexes :

  • Le Prophète ﷺ a dit : « L’invocation de Dhun-Nun (Yunus) dans le ventre du poisson : “Lâ ilâha illâ Anta, Subhânaka, innî kuntu min adh-dhâlimîn.” Aucun musulman n’invoque par elle pour quoi que ce soit sans qu’Allah ne lui réponde. » (Sunan At-Tirmidhi, n°3505 — sahih)

  • Sa’d ibn Abi Waqqas رضي الله عنه rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « L’invocation de Dhun-Nun par laquelle il invoqua dans le ventre de la baleine : nul en détresse ne l’invoque sans qu’Allah ne le soulage. » (Musnad Ahmad ; authentifié par Al-Albani)

Date de vérification : 2026-02-21


Dernière mise à jour : 2026-02-21

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