Ash-Sharh 94:1-8 - L'ouverture de la poitrine

📖 Tafsir - Ash-Sharh 94:1-8 - L’ouverture de la poitrine

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📚 Étude de la Sourate

📌 Ash-Sharh : L’ouverture du cœur prophétique et la promesse de facilité

Référence : Sourate Ash-Sharh (94), Versets 1-8

Contexte du signet :

Ash-Sharh (L’Ouverture), aussi appelée Al-Inshirah, est une sourate mecquoise de 8 versets. Elle est étroitement liée à la sourate précédente, Ad-Duha, au point que certains savants (dont Tawus et 'Umar ibn 'Abd al-'Aziz) les considéraient comme une seule sourate. Les deux sourates se complètent : Ad-Duha rappelle les bienfaits extérieurs accordés au Prophète ﷺ (accueil de l’orphelin, guidance, enrichissement), tandis qu’Ash-Sharh rappelle les bienfaits intérieurs (ouverture de la poitrine, allègement du fardeau, élévation de la mention). La sourate contient la promesse répétée deux fois : « Avec la difficulté, il y a certes une facilité » — l’un des versets les plus réconfortants du Coran.

Versets clés en français :

94:1 : « N’avons-Nous pas ouvert pour toi ta poitrine ? »

94:2-3 : « Et ne t’avons-Nous pas déchargé du fardeau qui pesait sur ton dos ? »

94:4 : « Et élevé pour toi ta renommée ? »

94:5-6 : « À côté de la difficulté est, certes, une facilité ! À côté de la difficulté est, certes, une facilité ! »

94:7-8 : « Quand tu te libères, donc, lève-toi, et vers ton Seigneur aspire. »

Tafsir consulté :

  • [x] Ibn Kathir
  • [ ] At-Tabari
  • [ ] Al-Qurtubi
  • [ ] Autre : _______________

Notes du tafsir :

Ibn Kathir commente cette sourate comme un rappel des grâces intérieures accordées au Prophète ﷺ et une promesse universelle de facilité après la difficulté.

Points clés :

  1. L’ouverture de la poitrine (v.1) : « Alam nashrah laka sadraka ? » — la question rhétorique signifie l’affirmation : Nous avons ouvert ta poitrine. Ibn Kathir explique que « sharh as-sadr » (l’ouverture de la poitrine) signifie l’illumination du cœur par la foi, la sagesse, la sérénité et la guidance. Il relie ce verset à Sourate Al-An’am (6:125) : « Et quiconque Allah veut guider, Il lui ouvre la poitrine à l’Islam. » Cette ouverture inclut aussi l’événement physique rapporté dans le hadith de la fente de la poitrine (shaqq as-sadr) : l’ange Jibril ouvrit la poitrine du Prophète ﷺ enfant, en retira un caillot noir et lava son cœur avec l’eau de Zamzam. (Sahih Muslim, n°162).

  2. Le fardeau ôté (v.2-3) : « Wa wada’nâ 'anka wizraka, alladhî anqada zahraka » — Nous avons ôté le fardeau qui brisait ton dos. Ibn Kathir rapporte plusieurs interprétations : ce fardeau est la peine et l’inquiétude que le Prophète ﷺ portait avant la révélation, ou le poids de la responsabilité de la prophétie. Mujahid a dit : ce sont les péchés de la période préislamique — non pas des péchés graves (car les prophètes en sont préservés) — mais le sentiment de lourdeur lié à la période d’ignorance avant la guidance.

  3. L’élévation de la mention (v.4) : « Wa rafa’nâ laka dhikraka » — Nous avons élevé ta renommée. Ibn Kathir cite Mujahid : « Je ne suis mentionné [dans l’adhan, la prière, le tashahhud] sans que tu ne sois mentionné avec Moi. » En effet, l’attestation de foi (shahâda) lie le nom d’Allah à celui de Muhammad ﷺ : « J’atteste qu’il n’y a de divinité qu’Allah et j’atteste que Muhammad est le Messager d’Allah. » Abu Sa’id Al-Khudri رضي الله عنه rapporte que le Prophète ﷺ a dit que Jibril lui a transmis : « Allah dit : “J’ai élevé ta mention ; on ne Me mentionne pas sans que tu ne sois mentionné avec Moi.” » (Rapporté par Ibn Jarir ; Ibn Kathir le cite).

  4. Avec la difficulté, une facilité (v.5-6) : C’est le cœur de la sourate, répété deux fois pour insister : « Fa inna ma’al-'usri yusrâ. Inna ma’al-'usri yusrâ. » Ibn Kathir rapporte d’Ibn Mas’ud رضي الله عنه que le Prophète ﷺ a dit : « Si la difficulté était dans un trou, la facilité y entrerait avec elle. » Et Ibn Mas’ud ajoutait : « Une difficulté ne vaincra jamais deux facilités. » — car le mot « al-'usr » (la difficulté) est défini (avec l’article « al ») donc c’est la même difficulté mentionnée deux fois, tandis que « yusr » (facilité) est indéfini, donc ce sont deux facilités différentes. Ce raisonnement linguistique arabe est célèbre dans le tafsir.

  5. L’effort après l’effort (v.7) : « Fa idhâ faraghta fansab » — quand tu te libères [d’une tâche], lève-toi [pour une autre]. Ibn Kathir explique : quand tu termines tes affaires mondaines, consacre-toi à l’adoration ; quand tu finis la prière, invoque Allah. Le croyant ne connaît pas l’oisiveté — il passe d’un acte de bien à un autre.

  6. L’aspiration vers Allah (v.8) : « Wa ilâ Rabbika farghab » — et vers ton Seigneur aspire. Fais de ton Seigneur le but de ton aspiration, de tes demandes et de ton espérance. Ibn Kathir note que ce verset oriente le cœur exclusivement vers Allah : toute demande doit être adressée à Lui, toute espérance placée en Lui seul.

  7. Lien avec Ad-Duha : Ibn Kathir souligne la complémentarité des deux sourates : Ad-Duha mentionne les grâces extérieures (accueil, guidance, richesse) et Ash-Sharh les grâces intérieures (ouverture du cœur, allègement, renommée). Ensemble, elles forment un message complet de réconfort : Allah n’abandonne pas Son Prophète ﷺ, ni dans sa situation extérieure ni dans son cœur.

Hadiths connexes :

  • D’après Anas ibn Malik رضي الله عنه : « Jibril vint au Prophète ﷺ alors qu’il jouait avec les enfants. Il le prit, l’étendit, ouvrit sa poitrine, en retira le cœur, en extirpa un caillot noir et dit : “Voici la part de Shaytan en toi.” Puis il lava son cœur dans un récipient d’or rempli d’eau de Zamzam, le remit en place et recousit sa poitrine. » (Sahih Muslim, n°162)

  • D’après Ibn 'Abbas رضي الله عنهما : Le Prophète ﷺ a dit : « Si la difficulté entrait dans un trou, la facilité y entrerait pour l’en sortir. » (Rapporté par Al-Hakim ; mentionné par Ibn Kathir dans son tafsir)

Date de vérification : 2026-02-21


Dernière mise à jour : 2026-02-21

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