📖 Tafsir - Ash-Shu’ara 26:123-191 - Les peuples de Hud, Salih, Lut et Shu’ayb
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📚 Étude des Versets
📌 Quatre prophètes, un seul message : « Je suis un messager digne de confiance »
Référence : Sourate Ash-Shu’ara (26), Versets 123-191
Contexte du signet :
Cette section relate les histoires de quatre prophètes — Hud عليه السلام avec le peuple de 'Ad, Salih عليه السلام avec Thamud, Lut عليه السلام avec Sodome, et Shu’ayb عليه السلام avec les gens de al-Ayka — selon un schéma récurrent qui met en lumière l’unicité du message prophétique et la constance du rejet humain.
Versets clés en français :
26:123-125 : « Les 'Ad traitèrent de menteurs les messagers, quand leur frère Hud leur dit : “Ne craindrez-vous pas [Allah] ? Je suis pour vous un messager digne de confiance.” »
26:128-130 : « “Bâtissez-vous sur chaque colline un monument par amusement ? Et prenez-vous des palais comme si vous étiez éternels ? Et quand vous sévissez, vous sévissez comme des tyrans.” »
26:141-142 : « Les Thamud traitèrent de menteurs les messagers, quand leur frère Salih leur dit : “Ne craindrez-vous pas [Allah] ?” »
26:155-157 : « [Salih] dit : “Voici une chamelle ; à elle son tour d’abreuvement et à vous votre tour d’abreuvement, en un jour déterminé. Ne lui infligez aucun mal, sinon le châtiment d’un jour terrible vous saisira.” Mais ils la tuèrent. »
26:160-166 : « Le peuple de Lut traita de menteurs les messagers, quand leur frère Lut leur dit : […] “Allez-vous aux mâles parmi les créatures, et délaissez-vous les épouses que votre Seigneur a créées pour vous ? Mais vous êtes des gens transgresseurs.” »
26:176-177 : « Les gens de al-Ayka traitèrent de menteurs les messagers, quand Shu’ayb leur dit : “Ne craindrez-vous pas [Allah] ?” »
26:181-183 : « “Donnez la pleine mesure et ne soyez pas du nombre de ceux qui font perdre ; et pesez avec une balance exacte. Et ne diminuez pas les biens des gens et ne semez pas la corruption sur terre.” »
Tafsir consulté :
- [x] Ibn Kathir
- [ ] At-Tabari
- [ ] Al-Qurtubi
- [ ] Autre : _______________
Notes du tafsir :
Ibn Kathir souligne que la répétition systématique du même schéma prophétique dans cette sourate est intentionnelle : elle martèle que le refus de la vérité mène inévitablement au châtiment, quelle que soit l’époque ou le peuple.
Points clés :
Hud et les 'Ad (v.123-140) : Le peuple de 'Ad était réputé pour sa force physique, ses constructions monumentales et sa puissance militaire. Hud عليه السلام leur reprocha de bâtir des monuments par vanité et de sévir en tyrans. Ibn Kathir explique que la puissance matérielle sans crainte d’Allah mène à la corruption. Allah les détruisit par un vent violent pendant sept nuits et huit jours. Le Prophète ﷺ a dit : « J’ai été secouru par le vent d’Est (as-Saba) et 'Ad a été détruite par le vent d’Ouest (ad-Dabur). » (Sahih al-Bukhari, Livre des Expéditions, n°1035 ; Sahih Muslim, n°900.)
Salih et Thamud (v.141-159) : Le signe de Salih était une chamelle miraculeuse sortie d’un rocher. Son peuple devait la laisser boire à tour de rôle. Ibn Kathir note qu’ils tuèrent la chamelle par défi et arrogance, et le châtiment tomba trois jours après, comme Salih les en avait avertis. Leur sort est un rappel que les signes d’Allah ne sont pas des jeux : les ignorer a des conséquences irréversibles.
Lut et son peuple (v.160-175) : Lut عليه السلام condamna l’homosexualité pratiquée par son peuple — une transgression que le Coran qualifie de « fahishah » (turpitude). Ibn Kathir rapporte que leur châtiment fut triple : un cri terrifiant, une pluie de pierres d’argile, et le retournement de leurs cités sens dessus dessous. Le Prophète ﷺ a dit : « Maudit soit celui qui commet l’acte du peuple de Lut. » (Rapporté par Ahmad, n°2915 ; authentifié par Al-Albani.)
Shu’ayb et les gens de al-Ayka (v.176-191) : Shu’ayb عليه السلام fut envoyé aux gens de al-Ayka (et à ceux de Madyan, cf. autres sourates). Leur péché principal était la fraude commerciale : tricher sur les mesures et les poids. Ibn Kathir souligne que la malhonnêteté dans les transactions est un péché grave en Islam, car elle détruit la confiance sociale. Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui nous trompe n’est pas des nôtres. » (Sahih Muslim, Livre de la Foi, n°101.)
La constante prophétique (v.109, 127, 145, 164, 180) : Chaque prophète dit : « Je ne vous demande aucun salaire ; mon salaire n’incombe qu’au Seigneur de l’univers. » Ibn Kathir insiste sur cette répétition : elle prouve que le message prophétique est désintéressé, sincère et pur de toute motivation mondaine. C’est un critère pour distinguer le vrai prophète du faux.
Les constructions et la mémoire (v.128-129) : Les monuments de 'Ad (Iram aux piliers) et de Thamud (maisons taillées dans le roc) étaient des merveilles architecturales. Ibn Kathir remarque que ces vestiges, encore visibles du temps du Prophète ﷺ et même aujourd’hui (Madâin Sâlih en Arabie), servent d’avertissement tangible. Le Prophète ﷺ, passant devant les ruines de Thamud lors de l’expédition de Tabuk, ordonna : « N’entrez pas dans les demeures de ceux qui se sont fait du tort, sauf en pleurant, de peur d’être touchés par ce qui les a touchés. » (Sahih al-Bukhari, Livre des Prophètes, n°3380.)
Le châtiment du jour de l’ombre (v.189) : Les gens de al-Ayka furent détruits par « le châtiment du jour de l’ombre » — un nuage sombre et brûlant qui les recouvrit. Ibn Kathir rapporte qu’ils cherchèrent d’abord refuge sous ce nuage, pensant y trouver de la fraîcheur, mais il les consuma. C’est une image de l’istidraj : ce qui semble être un bienfait se révèle être le châtiment.
Date de vérification : 2026-02-21
Dernière mise à jour : 2026-02-21