📖 Tafsir - Ash-Shu’ara 26:192-227 - Le Coran révélé en langue arabe claire
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📚 Étude des Versets
📌 L’origine divine du Coran et la distinction entre prophètes et poètes
Référence : Sourate Ash-Shu’ara (26), Versets 192-227
Contexte du signet :
La conclusion de la sourate affirme l’origine divine du Coran, descendu par l’intermédiaire de l’Esprit fidèle (Jibril عليه السلام) en arabe clair sur le cœur du Prophète ﷺ. Elle réfute ensuite l’accusation des Quraysh selon laquelle Muhammad ﷺ serait un poète, en distinguant clairement les caractéristiques des poètes de celles du Messager d’Allah.
Versets clés en français :
26:192-195 : « Et ce [Coran] est certes une révélation du Seigneur de l’univers, que l’Esprit fidèle (Jibril) a fait descendre sur ton cœur, pour que tu sois du nombre des avertisseurs, en une langue arabe très claire. »
26:196-197 : « Et ceci était déjà mentionné dans les Écritures des anciens. N’est-ce pas pour eux un signe que les savants des enfants d’Israël le reconnaissent ? »
26:210-212 : « Ce ne sont pas les diables qui l’ont fait descendre. Cela ne leur convient pas, et ils n’en seraient pas capables. Ils sont bien écartés de l’écoute [céleste]. »
26:214 : « Et avertis les gens qui te sont les plus proches. »
26:221-223 : « Vous informerai-je sur qui les diables descendent ? Ils descendent sur tout grand imposteur pécheur. Ils tendent l’oreille, et la plupart d’entre eux sont des menteurs. »
26:224-226 : « Et quant aux poètes, ce sont les égarés qui les suivent. Ne vois-tu pas que dans chaque vallée ils divaguent, et qu’ils disent ce qu’ils ne font pas ? »
26:227 : « Sauf ceux qui croient et font de bonnes œuvres, qui invoquent souvent Allah et qui se défendent après avoir été lésés. »
Tafsir consulté :
- [x] Ibn Kathir
- [ ] At-Tabari
- [ ] Al-Qurtubi
- [ ] Autre : _______________
Notes du tafsir :
Ibn Kathir présente cette conclusion comme la réponse définitive à ceux qui assimilaient le Coran à de la poésie et le Prophète ﷺ à un poète ou un possédé.
Points clés :
L’Esprit fidèle (v.193-194) : Jibril عليه السلام — qualifié de « ar-Ruh al-Amin » (l’Esprit fidèle) — a fait descendre le Coran sur le cœur du Prophète ﷺ, pas seulement dans son esprit. Ibn Kathir explique que le cœur est le réceptacle de la révélation car il est le siège de la compréhension, de la mémorisation et de la foi. Le Prophète ﷺ a dit : « Certes, le Saint-Esprit (Jibril) a insufflé dans mon cœur que nulle âme ne mourra sans avoir épuisé sa subsistance et son terme. Craignez donc Allah et recherchez [votre subsistance] avec élégance. » (Rapporté par Ibn Hibban ; authentifié par Al-Albani dans Sahih al-Jami’, n°2085.)
En arabe clair (v.195) : Le Coran fut révélé en arabe — langue des Quraysh, la plus éloquente des langues arabes — afin qu’il soit compris directement et que son défi littéraire soit perceptible. Ibn Kathir note que « lisanin 'arabiyyin mubin » (langue arabe claire) élimine toute ambiguïté : le Coran n’est ni obscur ni codé, sa clarté est un argument contre ceux qui prétendent ne pas le comprendre.
Les savants d’Israël témoins (v.196-197) : Le Coran était annoncé dans les Écritures précédentes (Thora, Évangile). Les savants juifs et chrétiens sincères reconnaissaient sa véracité. Ibn Kathir mentionne 'Abdullah ibn Salam رضي الله عنه, un grand rabbin de Médine qui se convertit en reconnaissant les signes annoncés dans la Thora. Il dit : « Je l’ai reconnu aussi bien que je reconnais mon propre fils, et même mieux. » (Sahih al-Bukhari, Livre des Mérites des Compagnons, n°3911.)
Les diables ne sont pas la source (v.210-212) : Les Quraysh prétendaient que le Coran venait des djinns ou de la sorcellerie. Allah réfute cela en trois arguments : les diables n’ont ni l’inclination (« cela ne leur convient pas »), ni la capacité, ni l’accès à la révélation céleste (ils sont chassés par des flammes). Ibn Kathir renvoie à Sourate Al-Jinn (72:8-9) où les djinns eux-mêmes témoignent de leur incapacité à espionner le ciel.
L’avertissement des proches (v.214) : Ce verset ordonna au Prophète ﷺ de commencer la prédication publique par sa propre famille. Il monta sur le mont Safa et appela les clans des Quraysh un par un, puis dit : « Si je vous informais qu’une cavalerie se trouvait de l’autre côté de cette montagne, me croiriez-vous ? » Ils répondirent : « Oui, nous n’avons jamais connu de toi que la vérité. » Il dit alors : « Je suis un avertisseur pour vous devant un châtiment sévère. » (Sahih al-Bukhari, Livre du Tafsir, n°4770.)
La distinction prophète/poète (v.224-226) : Les poètes « divaguent dans chaque vallée » — ils passent d’un sujet à l’autre selon leurs passions, exagèrent, mentent, et disent ce qu’ils ne font pas. Le Prophète ﷺ, au contraire, délivrait un message cohérent, constant, et parfaitement aligné avec ses actes. Ibn Kathir note que Muhammad ﷺ ne composa jamais de poésie, et que le Coran, par sa structure et son contenu, ne ressemble à aucune œuvre poétique arabe connue.
L’exception des poètes croyants (v.227) : Les poètes qui croient en Allah, font le bien, invoquent Allah fréquemment et ne répondent à l’injustice qu’en se défendant avec justice sont exclus du blâme. Ibn Kathir cite Hassan ibn Thabit رضي الله عنه, le poète du Prophète ﷺ, qui défendait l’Islam par ses vers. Le Prophète ﷺ lui dit : « Satirise-les [les polythéistes], et Jibril est avec toi. » (Sahih al-Bukhari, Livre du Début de la Création, n°3213 ; Sahih Muslim, n°2486.)
Date de vérification : 2026-02-21
Dernière mise à jour : 2026-02-21