📖 Tafsir - Ash-Shu’ara 26:69-122 - Ibrahim et son peuple
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📚 Étude des Versets
📌 Ibrahim brise les idoles et invoque son Seigneur
Référence : Sourate Ash-Shu’ara (26), Versets 69-122
Contexte du signet :
Cette section relate le dialogue d’Ibrahim عليه السلام avec son père Azar et son peuple idolâtre. Ibrahim expose l’absurdité de l’adoration des idoles par un raisonnement logique imparable, puis adresse à Allah une invocation célèbre (v.83-89) dans laquelle il demande la sagesse, une bonne renommée, le Paradis et le pardon pour son père. Le passage se conclut par l’histoire de Nuh عليه السلام.
Versets clés en français :
26:69-70 : « Et raconte-leur l’histoire d’Ibrahim. Quand il dit à son père et à son peuple : “Qu’adorez-vous ?” »
26:75-77 : « [Ibrahim] dit : “Que voyez-vous de ce que vous adorez, vous et vos ancêtres ? Ce sont tous des ennemis pour moi, sauf le Seigneur de l’univers.” »
26:78-82 : « “Celui qui m’a créé, et c’est Lui qui me guide ; et c’est Lui qui me nourrit et me donne à boire ; et quand je suis malade, c’est Lui qui me guérit ; et qui me fera mourir, puis me redonnera la vie ; et qui, je l’espère, me pardonnera mes fautes le Jour de la Rétribution.” »
26:83-85 : « “Seigneur, accorde-moi sagesse (hukm) et fais-moi rejoindre les vertueux. Fais que j’aie une langue de vérité parmi les générations futures. Fais-moi compter parmi les héritiers du Jardin des délices.” »
26:87-89 : « “Et ne me couvre pas d’ignominie le Jour où l’on sera ressuscité, le Jour où ni les biens ni les enfants ne seront d’aucune utilité, sauf celui qui vient à Allah avec un cœur sain (qalb salim).” »
26:105-106 : « Le peuple de Nuh traita de menteurs les messagers, quand leur frère Nuh leur dit : “Ne craindrez-vous pas [Allah] ?” »
26:109 : « “Je ne vous demande aucun salaire pour cela ; mon salaire n’incombe qu’au Seigneur de l’univers.” »
Tafsir consulté :
- [x] Ibn Kathir
- [ ] At-Tabari
- [ ] Al-Qurtubi
- [ ] Autre : _______________
Notes du tafsir :
Ibn Kathir met en lumière la méthode de da’wah d’Ibrahim عليه السلام — questionnement, logique, puis témoignage personnel de sa relation avec Allah — comme modèle pour tout prédicateur.
Points clés :
Le questionnement socratique (v.69-76) : Ibrahim commence par une question simple : « Qu’adorez-vous ? » Quand ils répondent qu’ils adorent des idoles conformément à la tradition de leurs ancêtres, il réplique que ces idoles sont ses ennemies. Ibn Kathir note la méthode : plutôt que d’attaquer frontalement, Ibrahim conduit son peuple à réfléchir sur l’absurdité de leur pratique. C’est un modèle de sagesse dans la prédication.
Le témoignage personnel (v.78-82) : Ibrahim décrit sa relation avec Allah en cinq bienfaits : création, guidance, nourriture, guérison et résurrection. Ibn Kathir relève la délicatesse d’Ibrahim quand il dit « quand je suis malade » et non « quand Il me rend malade », par adab (respect) envers Allah, bien que toute chose vienne de Lui. Le Prophète ﷺ a enseigné la même nuance dans les invocations : « Le mal ne T’est pas attribué. » (Sahih Muslim, Livre de la Prière des Voyageurs, n°771.)
La du’a d’Ibrahim (v.83-89) : Cette invocation est considérée par les exégètes comme l’une des plus complètes du Coran. Elle couvre : la sagesse, la compagnie des vertueux, une bonne renommée pour les générations futures, l’héritage du Paradis, le pardon du père, et la protection contre l’humiliation le Jour Dernier. Ibn Kathir note qu’Allah a exaucé la plupart de ces demandes : Ibrahim est vénéré par les trois religions abrahamiques.
Le cœur sain (v.89) : « Qalb salim » — un cœur pur de toute maladie spirituelle : shirk, hypocrisie, rancune, envie. Ibn Kathir le définit comme le cœur qui vient à Allah n’adorant que Lui seul. Le Prophète ﷺ a dit : « Certes, il y a dans le corps un morceau de chair : s’il est sain, le corps entier est sain, et s’il est corrompu, le corps entier est corrompu. C’est le cœur. » (Sahih al-Bukhari, Livre de la Foi, n°52 ; Sahih Muslim, n°1599.)
Le désintéressement des prophètes (v.109) : Formule récurrente dans cette sourate : « Je ne vous demande aucun salaire. » Chaque prophète — Nuh, Hud, Salih, Lut, Shu’ayb — prononce exactement cette phrase. Ibn Kathir souligne que le désintéressement matériel est une preuve de la sincérité prophétique : celui qui ne demande rien pour son message ne peut être soupçonné de motifs égoïstes.
Le peuple de Nuh (v.105-122) : Nuh عليه السلام prêcha 950 ans. Les notables de son peuple rejetèrent son message car ses partisans étaient des gens modestes. Ibn Kathir rapporte que Nuh répondit : « Je ne vais pas chasser ceux qui ont cru ; ils rencontreront leur Seigneur. » Le Prophète ﷺ a dit : « Combien de gens aux vêtements poussiéreux, repoussés de toutes les portes, si l’un d’eux jurait par Allah, Allah exaucerait son serment. » (Sahih Muslim, Livre de la Piété, n°2622.)
La structure récurrente de la sourate : Ibn Kathir observe que chaque récit prophétique dans cette sourate suit un schéma identique : (a) envoi du prophète, (b) « Ne craindrez-vous pas Allah ? », © « Je suis un messager digne de confiance », (d) « Je ne demande aucun salaire », (e) rejet du peuple, (f) châtiment. Cette répétition vise à ancrer le message dans l’esprit de l’auditeur et à montrer l’universalité du schéma prophétique.
Date de vérification : 2026-02-21
Dernière mise à jour : 2026-02-21