Ash-Shura 42:1-26 - La consultation et l'unité de la religion

📖 Tafsir - Ash-Shura 42:1-26 - La consultation et l’unité de la religion

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📚 Étude des Versets

📌 La Shura, l’unicité de la religion prophétique et la miséricorde après le désespoir

Référence : Sourate Ash-Shura (42), Versets 1-26

Contexte du signet :

Ash-Shura (La Consultation) est une sourate mecquoise de 53 versets. Son nom provient du verset 38 qui mentionne la consultation (shûrâ) comme caractéristique des croyants. Cette sourate développe le thème de l’unité fondamentale de la religion : tous les prophètes — de Nuh à Muhammad ﷺ — ont reçu le même message essentiel. Elle contient aussi la célèbre déclaration : « Il n’y a rien qui Lui ressemble, et c’est Lui l’Audient, le Clairvoyant » (v.11), verset fondamental de la théologie islamique sur la transcendance divine. La première partie insiste sur le Tawhid, l’unité du message prophétique et les qualités des vrais croyants.

Versets clés en français :

42:7 : « Et c’est ainsi que Nous t’avons révélé un Coran arabe, afin que tu avertisses la Mère des cités [La Mecque] et ses alentours. »

42:11 : « Il n’y a rien qui Lui ressemble, et c’est Lui l’Audient, le Clairvoyant. »

42:13 : « Il vous a légiféré en matière de religion ce qu’Il avait enjoint à Nuh, ce que Nous t’avons révélé, ainsi que ce que Nous avons enjoint à Ibrahim, à Moussa et à 'Issa : “Établissez la religion et n’en faites pas un sujet de divisions.” »

42:15 : « Appelle donc et suis le droit chemin comme il t’a été ordonné, ne suis pas leurs passions, et dis : “Je crois en tout ce qu’Allah a fait descendre comme Livre.” »

42:19-20 : « Allah est Doux envers Ses serviteurs. Il attribue [Ses dons] à qui Il veut. Et c’est Lui le Fort, le Puissant. Quiconque désire la moisson de l’au-delà, Nous augmenterons pour lui sa moisson. Et quiconque désire la moisson d’ici-bas, Nous lui en donnerons ; mais il n’aura pas de part dans l’au-delà. »

42:23 : « Dis : “Je ne vous demande aucun salaire pour cela, si ce n’est l’affection envers les proches.” »

42:25-26 : « Et c’est Lui qui agrée le repentir de Ses serviteurs, pardonne les méfaits et sait ce que vous faites. Il exauce ceux qui croient et font de bonnes œuvres, et Il leur accroît [Sa grâce] de Sa générosité. »

Tafsir consulté :

  • [x] Ibn Kathir
  • [ ] At-Tabari
  • [ ] Al-Qurtubi
  • [ ] Autre : _______________

Notes du tafsir :

Ibn Kathir présente ces versets comme l’affirmation de l’unicité divine et de l’unité de la religion à travers tous les prophètes.

Points clés :

  1. La révélation au Prophète ﷺ et à ceux avant lui (v.1-7) : La sourate commence par « Ha-Mim. 'Ayn-Sin-Qaf » — deux séries de lettres mystérieuses. Allah révèle au Prophète ﷺ « comme Il a révélé à ceux qui t’ont précédé ». Ibn Kathir souligne la continuité de la révélation : le même Dieu, le même message fondamental, à travers différents prophètes et différentes époques. Le Coran fut révélé en arabe pour avertir « la Mère des cités (Umm al-Qurâ) » — La Mecque — et ses alentours, c’est-à-dire le monde entier.

  2. « Il n’y a rien qui Lui ressemble » (v.11) : Ce verset est le pilier de la théologie islamique sur les attributs divins : « Laysa kamithlihi shay’ » — rien ne Lui ressemble, rien ne Lui est comparable. Ibn Kathir explique que ce verset réfute toute forme d’anthropomorphisme (tashbîh) tout en confirmant que Ses attributs sont réels : « et c’est Lui l’Audient, le Clairvoyant » — Il entend et voit réellement, mais pas comme Ses créatures entendent et voient. C’est l’approche des Salaf : affirmer les attributs sans les nier (ta’tîl) ni les comparer (tashbîh).

  3. Une seule religion pour tous les prophètes (v.13) : « Il vous a légiféré en matière de religion ce qu’Il avait enjoint à Nuh… Ibrahim… Moussa… et 'Issa : Établissez la religion et n’en faites pas un sujet de divisions. » Ibn Kathir explique que le dîn (religion fondamentale) — le Tawhid, la prière, le jeûne, l’aumône, le pèlerinage dans leur principe — est le même depuis Nuh. Ce qui changeait d’un prophète à l’autre, c’est la sharî’a (législation pratique). Le verset ajoute : « Ce à quoi tu les appelles est pénible pour les polythéistes » — l’appel au Tawhid est insupportable pour ceux qui ont fait du shirk une tradition.

  4. Le choix de la moisson (v.20) : « Quiconque désire la moisson (harth) de l’au-delà, Nous augmenterons pour lui sa moisson. Et quiconque désire la moisson d’ici-bas, Nous lui en donnerons ; mais il n’aura pas de part dans l’au-delà. » Ibn Kathir souligne la métaphore agricole : la vie est un champ où l’on sème pour l’une ou l’autre récolte. Celui qui vise l’au-delà reçoit un accroissement (multiplication de la récompense), tandis que celui qui ne vise que le dunya en recevra une part, mais sera privé de l’au-delà. Le Prophète ﷺ a dit : « Le dunya est la prison du croyant et le paradis du mécréant. » (Sahih Muslim, n°2956)

  5. L’affection envers les proches (v.23) : « Je ne vous demande aucun salaire si ce n’est l’affection envers les proches (al-mawaddata fî al-qurbâ). » Ibn Kathir rapporte que Ibn 'Abbas رضي الله عنه a expliqué que cela signifie : « Ne me faites pas de tort dans mes proches parents (Quraysh). » Autrement dit, le Prophète ﷺ ne demandait pas de rémunération pour sa mission, seulement que les Qurayshites ne lui nuisent pas à cause de ses liens de parenté avec eux. D’autres interprétations incluent : aimez vos propres proches, ou aimez la famille du Prophète ﷺ.

  6. Allah agrée le repentir et accroît Sa grâce (v.25-26) : « C’est Lui qui agrée le repentir (at-tawba) de Ses serviteurs, pardonne les méfaits et sait ce que vous faites. » Puis : « Il exauce ceux qui croient et font de bonnes œuvres, et Il leur accroît de Sa générosité. » Ibn Kathir note la progression : d’abord le pardon (effacement des péchés), puis l’exaucement (réponse aux invocations), puis l’accroissement (générosité supplémentaire). Allah ne se contente pas de pardonner — Il ajoute des faveurs. Les mécréants, en revanche, auront « un châtiment sévère ».

  7. Allah est Doux envers Ses serviteurs (v.19) : « Allâhu latîfun bi-'ibâdihi » — Allah est Doux (Al-Latîf) envers Ses serviteurs. Ibn Kathir explique que le nom Al-Latîf combine deux sens : la douceur dans le traitement et la subtilité dans la connaissance. Allah connaît les besoins les plus intimes de Ses serviteurs et y pourvoit avec une douceur qu’ils ne perçoivent souvent que rétrospectivement. « Il attribue [Ses dons] à qui Il veut » — la répartition des biens relève de Sa sagesse, pas du hasard.

Hadiths connexes :

  • Le Prophète ﷺ a dit : « Le dunya est la prison du croyant et le paradis du mécréant. » (Sahih Muslim, n°2956)

  • Ibn 'Abbas رضي الله عنه dit que lorsque le verset « Je ne vous demande aucun salaire si ce n’est l’affection envers les proches » fut révélé, on demanda : « Ô Messager d’Allah, qui sont tes proches que nous devons aimer ? » Il répondit : « 'Ali, Fatima et leurs deux fils. » (Rapporté par At-Tabarani ; sa chaîne est discutée, mais l’amour de la famille du Prophète est établi par consensus)

Date de vérification : 2026-02-21


Dernière mise à jour : 2026-02-21

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