📖 Tafsir - Ash-Shura 42:27-53 - La providence divine et la révélation
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📚 Étude des Versets
📌 La provision mesurée, la Shura, le pardon et les trois modes de révélation
Référence : Sourate Ash-Shura (42), Versets 27-53
Contexte du signet :
Cette seconde partie de la sourate Ash-Shura développe la sagesse divine dans la répartition des biens, les qualités essentielles des croyants — dont la consultation mutuelle (shûrâ) — et les épreuves terrestres comme résultat des actions humaines. Elle se conclut par un passage fondamental sur les trois modes de révélation divine (v.51) : l’inspiration directe, derrière un voile, ou par l’intermédiaire d’un messager angélique. Ces versets contiennent aussi les célèbres principes de patience et de pardon après un tort subi.
Versets clés en français :
42:27 : « Si Allah étendait largement la provision à Ses serviteurs, ils commettraient des excès sur terre ; mais Il la fait descendre avec mesure comme Il veut. Il est Parfaitement Connaisseur de Ses serviteurs, et Il est Clairvoyant. »
42:30 : « Tout malheur qui vous atteint est dû à ce que vos mains ont acquis. Et Il pardonne beaucoup. »
42:36-38 : « Tout ce qui vous a été donné est jouissance de la vie présente ; mais ce qui est auprès d’Allah est meilleur et plus durable pour ceux qui ont cru et qui placent leur confiance en leur Seigneur, ceux qui évitent les péchés majeurs ainsi que les turpitudes, et qui pardonnent après s’être mis en colère, et ceux qui répondent à l’appel de leur Seigneur, accomplissent la prière, se consultent entre eux (shûrâ) à propos de leurs affaires, et dépensent de ce que Nous leur avons attribué. »
42:40 : « La sanction d’une mauvaise action est une mauvaise action identique. Mais quiconque pardonne et réforme, sa récompense incombe à Allah. »
42:43 : « Et celui qui endure et pardonne, cela est certes une résolution dans les affaires. »
42:51 : « Il n’a pas été donné à un mortel qu’Allah lui parle autrement que par révélation, ou de derrière un voile, ou qu’Il envoie un messager [ange] qui révèle, par Sa permission, ce qu’Il veut. Il est Haut et Sage. »
42:52-53 : « Et c’est ainsi que Nous t’avons révélé un esprit [le Coran] provenant de Notre ordre. Tu ne savais ni ce que le Livre ni ce que la foi étaient. Mais Nous en avons fait une lumière par laquelle Nous guidons qui Nous voulons parmi Nos serviteurs. Et en vérité tu guides vers un chemin droit, le chemin d’Allah. »
Tafsir consulté :
- [x] Ibn Kathir
- [ ] At-Tabari
- [ ] Al-Qurtubi
- [ ] Autre : _______________
Notes du tafsir :
Ibn Kathir présente ces versets comme un guide des principes sociaux islamiques et une conclusion théologique sur la nature de la révélation.
Points clés :
La provision mesurée par sagesse divine (v.27) : « Si Allah étendait largement la provision, ils commettraient des excès sur terre. » Ibn Kathir explique qu’Allah connaît parfaitement les besoins de chaque serviteur et répartit la provision (rizq) en conséquence. La richesse n’est pas toujours un bien, et la pauvreté n’est pas toujours un mal — chacun reçoit ce qui convient à son épreuve. Le Prophète ﷺ a dit : « La richesse ne réside pas dans l’abondance des biens, mais la vraie richesse est la richesse de l’âme. » (Sahih al-Bukhari, n°6446 ; Sahih Muslim, n°1051)
Les malheurs viennent de nos propres mains (v.30) : « Tout malheur qui vous atteint est dû à ce que vos mains ont acquis. Et Il pardonne beaucoup. » Ibn Kathir souligne que ce verset établit un principe fondamental : les épreuves et les malheurs sont souvent les conséquences de nos propres péchés. Mais la phrase « Et Il pardonne beaucoup » (ya’fû 'an kathîr) tempère immédiatement : Allah ne nous punit pas pour la totalité de nos péchés. Le Prophète ﷺ a dit : « Aucune fatigue, maladie, souci, tristesse, nuisance ou chagrin n’atteint le musulman — même la piqûre d’une épine — sans qu’Allah ne lui efface par cela certains de ses péchés. » (Sahih al-Bukhari, n°5641 ; Sahih Muslim, n°2573)
La Shura : la consultation mutuelle (v.38) : Le verset qui donne son nom à la sourate : les croyants « se consultent entre eux à propos de leurs affaires » (amruhum shûrâ baynahum). Ibn Kathir explique que la shûrâ est un principe fondamental de la communauté musulmane : les décisions collectives doivent être prises par consultation, pas par autoritarisme. Le Prophète ﷺ consultait régulièrement ses Compagnons — à Badr, Uhud, Al-Khandaq — bien qu’il recevait la révélation. Abu Hurayra رضي الله عنه a dit : « Je n’ai vu personne consulter autant ses compagnons que le Messager d’Allah ﷺ. » (Sunan At-Tirmidhi, n°1714)
Le pardon après la colère (v.37, 40, 43) : Trois versets sur le pardon dans cette section : « Ceux qui pardonnent après s’être mis en colère » (v.37), « Quiconque pardonne et réforme, sa récompense incombe à Allah » (v.40), et « Celui qui endure et pardonne, cela est certes une résolution dans les affaires » (v.43). Ibn Kathir souligne la progression : le pardon est mentionné trois fois avec des nuances différentes — pardonner quand on est en colère (maîtrise de soi), pardonner pour réformer (sagesse), et endurer puis pardonner (constance). Chaque niveau est plus élevé que le précédent. Le principe de base est que la rétribution d’une mauvaise action est « une mauvaise action identique » (v.40) — la justice ; mais le pardon est meilleur.
Les signes de la puissance divine dans la mer (v.32-35) : « Parmi Ses signes sont les vaisseaux qui voguent sur la mer, semblables à des montagnes. S’Il veut, Il calme le vent, et ils restent immobiles à la surface. » Les navires sont un signe de la puissance d’Allah : c’est Lui qui envoie le vent qui les propulse, et c’est Lui qui peut les immobiliser. Ibn Kathir note que les marins, confrontés à l’immensité de la mer, comprennent mieux que quiconque leur dépendance totale envers Allah.
Les trois modes de révélation (v.51) : Verset fondamental de la théologie islamique sur la façon dont Allah communique avec les hommes : (1) par « révélation » (wahy) — inspiration directe dans le cœur, comme les rêves véridiques des prophètes ; (2) « de derrière un voile » — comme Allah parla à Moussa au Mont Sinaï ; (3) par l’envoi d’un « messager » (rasûl) — l’ange Jibril qui transmit le Coran au Prophète ﷺ. Ibn Kathir souligne qu’aucun mortel ne voit Allah directement dans cette vie — « Il est Haut et Sage » — mais la communication divine se fait par ces trois voies.
Le Coran comme lumière et le chemin droit (v.52-53) : « Nous t’avons révélé un esprit (rûhan) provenant de Notre ordre. » Le Coran est appelé « esprit » car il vivifie les cœurs comme l’esprit vivifie les corps. Avant la révélation, le Prophète ﷺ « ne savait ni ce que le Livre ni ce que la foi étaient » — il était illettré et n’avait pas étudié les Écritures précédentes, ce qui prouve l’origine divine du Coran. « Mais Nous en avons fait une lumière (nûran) » — le Coran est une lumière qui guide dans les ténèbres de l’ignorance. « Et en vérité tu guides vers un chemin droit, le chemin d’Allah à qui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. »
Hadiths connexes :
Le Prophète ﷺ a dit : « La vraie richesse n’est pas l’abondance des biens, mais la vraie richesse est la richesse de l’âme. » (Sahih al-Bukhari, n°6446 ; Sahih Muslim, n°1051)
Le Prophète ﷺ a dit : « Aucune fatigue, maladie, souci, tristesse ou chagrin n’atteint le musulman — même la piqûre d’une épine — sans qu’Allah ne lui efface par cela certains de ses péchés. » (Sahih al-Bukhari, n°5641 ; Sahih Muslim, n°2573)
Date de vérification : 2026-02-21
Dernière mise à jour : 2026-02-21