At-Talaq 65:1-12 - Le divorce et la confiance en Allah

📖 Tafsir - At-Talaq 65:1-12 - Le divorce et la confiance en Allah

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📚 Étude des Versets

📌 Les règles du divorce et la promesse de la sortie pour celui qui craint Allah

Référence : Sourate At-Talaq (65), Versets 1-12

Contexte du signet :

At-Talaq (Le Divorce) est une sourate médinoise qui détaille les règles du divorce islamique — le délai de viduité ('idda), l’obligation de loger et de pourvoir à la femme divorcée, et les dispositions spéciales pour les femmes enceintes et celles qui allaitent. Au cœur de ces dispositions juridiques se trouvent deux des versets les plus réconfortants du Coran : « Quiconque craint Allah, Il lui donnera une issue » (v.2) et « Allah suffit à quiconque place sa confiance en Lui » (v.3). La sourate se conclut par le rappel de la création des sept cieux et des sept terres.

Versets clés en français :

65:1 : « Ô Prophète ! Quand vous répudiez les femmes, répudiez-les conformément à leur période d’attente ('idda), et comptez la période. Et craignez Allah, votre Seigneur. Ne les faites pas sortir de leurs maisons — et qu’elles n’en sortent pas — à moins qu’elles n’aient commis une turpitude prouvée. »

65:2-3 : « Quiconque craint Allah, Il lui donnera une issue (makhraj), et lui accordera Ses dons par des moyens qu’il ne soupçonnait pas. Et quiconque place sa confiance en Allah, Il lui suffit. Allah atteint certainement Son but. Allah a assigné une mesure à chaque chose. »

65:4 : « Quant à celles de vos femmes qui n’espèrent plus de menstrues, si vous avez des doutes, leur délai est de trois mois. De même pour celles qui n’ont pas encore de menstrues. Et quant aux femmes enceintes, leur terme est qu’elles accouchent. »

65:6 : « Logez-les là où vous logez selon vos moyens et ne leur faites pas de tort pour les contraindre à partir. Et si elles sont enceintes, pourvoyez à leurs besoins jusqu’à ce qu’elles accouchent. Puis si elles allaitent [l’enfant] pour vous, donnez-leur leurs salaires. »

65:7 : « Que celui qui est aisé dépense de sa fortune ; et que celui dont les biens sont restreints dépense selon ce qu’Allah lui a accordé. Allah n’impose à personne que selon ce qu’Il lui a donné. »

65:8-9 : « Que de cités ont été rebelles à l’ordre de leur Seigneur et de Ses messagers ! Nous leur en avons demandé un compte sévère et les avons châtiées d’un châtiment terrible. Elles goûtèrent le fruit de leur comportement, et la fin de leur affaire fut la perdition. »

65:12 : « Allah qui a créé sept cieux et autant de terres. L’ordre [divin] descend entre eux afin que vous sachiez qu’Allah est en vérité Omnipotent et qu’Allah embrasse toute chose de [Son] savoir. »

Tafsir consulté :

  • [x] Ibn Kathir
  • [ ] At-Tabari
  • [ ] Al-Qurtubi
  • [ ] Autre : _______________

Notes du tafsir :

Ibn Kathir présente cette sourate comme un cadre juridique complet pour le divorce, encadré par des versets d’une profondeur spirituelle exceptionnelle sur la tawakkul (confiance en Allah).

Points clés :

  1. Le divorce selon la sunna (v.1) : Le divorce licite se fait pendant la période de pureté de la femme (en dehors de ses menstrues), sans rapport conjugal durant cette période. Elle reste dans sa maison pendant la 'idda — ni le mari ne la chasse, ni elle ne sort. Ibn Kathir rapporte que lorsque Ibn 'Umar رضي الله عنهما divorça de sa femme pendant ses menstrues, le Prophète ﷺ se fâcha et dit : « Ordonne-lui de la reprendre, puis qu’il la garde jusqu’à ce qu’elle ait ses menstrues, qu’elle en soit purifiée, puis qu’elle ait de nouveau ses menstrues et en soit purifiée. Ensuite, s’il veut, qu’il la garde ou qu’il la divorce avant de la toucher. Voilà la 'idda qu’Allah a ordonnée. » (Sahih al-Bukhari, n°5252 ; Sahih Muslim, n°1471)

  2. L’issue pour celui qui craint Allah (v.2-3) : « Quiconque craint Allah (man yattaqi Allâh), Il lui donnera une issue (makhraj) et lui accordera Ses dons par des moyens qu’il ne soupçonnait pas. » Ibn Kathir rapporte que ce verset, bien que révélé dans le contexte du divorce, a une portée universelle. 'Abdullâh ibn 'Abbâs رضي الله عنهما dit : « Quiconque craint Allah dans ce qu’Il lui a ordonné, Allah lui fournira une sortie de toute difficulté. » Le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque s’en remet à Allah, Allah lui suffit. » L’expression « par des moyens qu’il ne soupçonnait pas » (min haythu lâ yahtasib) montre que la provision divine dépasse l’imagination et le calcul humain.

  3. La mesure assignée à chaque chose (v.3) : « Allah a assigné une mesure (qadr) à chaque chose. » Ibn Kathir note que ce rappel du qadr, placé au milieu des versets sur le divorce, enseigne une leçon profonde : le divorce, aussi douloureux soit-il, fait partie du décret d’Allah. L’épreuve a une mesure, une durée, un but. Il faut donc accepter le qadr et placer sa confiance en Allah plutôt que de sombrer dans le désespoir.

  4. Les droits de la femme divorcée (v.6-7) : La sourate protège minutieusement les droits de la femme : elle doit être logée dignement, ne pas être harcelée pour la pousser à partir, être entretenue si elle est enceinte, et être rémunérée si elle allaite. Ibn Kathir souligne que « ne leur faites pas de tort pour les contraindre à partir » (lâ tudârrûhunna li-tudayyiqû 'alayhinn) interdit toute forme de pression psychologique ou matérielle. L’homme dépense « selon ses moyens » — le riche selon sa richesse, le modeste selon ses moyens. « Allah n’impose à personne que selon ce qu’Il lui a donné » — un principe de justice fondamental.

  5. L’avertissement aux cités rebelles (v.8-9) : Au milieu d’une sourate juridique, Allah insère un avertissement historique : des cités entières qui se rebellèrent contre l’ordre d’Allah furent détruites. Ibn Kathir explique que cet avertissement s’adresse à quiconque transgresse les limites d’Allah dans le divorce — en opprimant la femme, en retenant ses droits, en ne respectant pas la 'idda. Si des civilisations furent anéanties pour leur rébellion, comment un individu pourrait-il transgresser impunément ?

  6. Sept cieux et sept terres (v.12) : « Allah qui a créé sept cieux et autant de terres. L’ordre descend entre eux. » Ibn Kathir rapporte le hadith : « Quiconque s’approprie injustement un empan de terre, il en sera entouré le Jour du Jugement de sept terres. » (Sahih al-Bukhari, n°2452 ; Sahih Muslim, n°1610) — preuve de l’existence de sept terres. La conclusion de la sourate ramène au fondement : Allah est Omnipotent et Omniscient — toute la législation du divorce, comme toute la création, émane de Sa sagesse infinie.

Hadiths connexes :

  • Le Prophète ﷺ se fâcha quand Ibn 'Umar divorça pendant les menstrues de sa femme et ordonna de la reprendre. (Sahih al-Bukhari, n°5252 ; Sahih Muslim, n°1471)

  • Le Prophète ﷺ a dit : « La chose licite la plus détestée auprès d’Allah est le divorce. » (Sunan Abu Dawud, n°2178 ; sa chaîne est discutée, mais le sens est confirmé par d’autres textes)

Date de vérification : 2026-02-21


Dernière mise à jour : 2026-02-21

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