📖 Tafsir - At-Tin 95:1-8 - Le figuier et la meilleure constitution
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📚 Étude de la Sourate
📌 At-Tin : Les serments sacrés et la dignité de l’homme
Référence : Sourate At-Tin (95), Versets 1-8
Contexte du signet :
At-Tin (Le Figuier) est une sourate mecquoise de 8 versets. Elle s’ouvre par quatre serments solennels portant sur le figuier, l’olivier, le Mont Sinaï et la cité sûre (La Mecque), pour affirmer qu’Allah a créé l’homme dans la plus belle forme, puis l’a réduit au plus bas niveau — sauf ceux qui croient et font le bien. Le Prophète ﷺ la récitait fréquemment dans la prière du ‘Isha, comme le rapporte Al-Bara’ ibn 'Azib رضي الله عنه (Sahih al-Bukhari, n°769 ; Sahih Muslim, n°464). La sourate se conclut par une question rhétorique puissante : « Allah n’est-Il pas le plus sage des juges ? »
Versets clés en français :
95:1-3 : « Par le figuier et l’olivier ! Par le Mont Sinaï ! Et par cette cité sûre ! »
95:4 : « Nous avons certes créé l’homme dans la forme la plus parfaite. »
95:5 : « Ensuite, Nous l’avons ramené au niveau le plus bas. »
95:6 : « Sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres : ceux-là auront une récompense jamais interrompue. »
95:8 : « Allah n’est-Il pas le plus sage des juges ? »
Tafsir consulté :
- [x] Ibn Kathir
- [ ] At-Tabari
- [ ] Al-Qurtubi
- [ ] Autre : _______________
Notes du tafsir :
Ibn Kathir commente cette sourate en soulignant la dignité originelle de l’homme, sa déchéance par le péché et son salut par la foi.
Points clés :
Le figuier et l’olivier (v.1) : Ibn Kathir rapporte plusieurs interprétations. L’opinion la plus répandue est que le figuier et l’olivier désignent les arbres eux-mêmes en tant que bienfaits d’Allah, ou qu’ils symbolisent les lieux où ils poussent : Damas (ou la région du Shâm) pour le figuier, et Jérusalem (Bayt al-Maqdis) pour l’olivier — terres de révélation de 'Issa ibn Maryam عليه السلام. D’autres commentateurs disent que « at-tîn » désigne la mosquée de Damas et « az-zaytûn » la mosquée de Jérusalem (Bayt al-Maqdis).
Le Mont Sinaï (v.2) : « Wa Tûri Sînîn » — le Mont Sinaï, lieu où Allah parla à Moussa عليه السلام et lui donna les Tables de la Loi. Ibn Kathir souligne la sacralité de ce lieu, mentionné à plusieurs reprises dans le Coran (voir aussi Sourate Ta-Ha, 20:12 et Sourate Al-Qasas, 28:30).
La cité sûre (v.3) : « Wa hâdhal-baladi-l-amîn » — cette cité sûre est La Mecque, lieu de naissance du Prophète ﷺ et de la révélation du Coran. Allah l’a qualifiée de « sûre » (amîn) car quiconque y entre est en sécurité. Ibn Kathir relie ce verset à Sourate Al 'Imran (3:97) : « Quiconque y entre est en sécurité. » Les quatre serments rassemblent ainsi les trois lieux des grandes révélations : la terre du Shâm ('Issa عليه السلام), le Sinaï (Moussa عليه السلام) et La Mecque (Muhammad ﷺ).
La meilleure constitution (v.4) : « Laqad khalaqnâ-l-insâna fî ahsani taqwîm » — Nous avons créé l’homme dans la plus belle forme. Ibn Kathir explique que l’homme a été créé avec une stature droite, un visage harmonieux, des membres proportionnés et des capacités (raison, parole, libre arbitre) qui le distinguent de toutes les autres créatures. C’est une affirmation de la dignité intrinsèque de l’être humain, création la plus noble d’Allah.
Le plus bas niveau (v.5) : « Thumma radadnâhu asfala sâfilîn » — puis Nous l’avons ramené au plus bas des bas. Ibn Kathir rapporte deux interprétations principales : (a) c’est la vieillesse et la décrépitude, où l’homme perd ses facultés après avoir été au sommet de sa force — c’est l’opinion d’Ibn 'Abbas et de la majorité ; (b) c’est la chute dans le Feu de l’Enfer pour ceux qui désobéissent. Les deux interprétations sont complémentaires : l’homme déchoit physiquement par l’âge et spirituellement par le péché.
L’exception des croyants (v.6) : « Illâ alladhîna âmanû wa 'amilû as-sâlihât » — sauf ceux qui croient et font le bien. Ceux-là sont épargnés de la déchéance : s’il s’agit de la vieillesse, leurs bonnes œuvres continuent d’être inscrites même quand leur corps faiblit ; s’il s’agit de l’Enfer, ils en sont préservés. Leur récompense est « ghayru mamnûn » — jamais interrompue, sans fin. Ibn Kathir cite le hadith : « Quand le serviteur tombe malade ou voyage, on lui inscrit les œuvres qu’il faisait quand il était en bonne santé et résident. » (Sahih al-Bukhari, n°2996).
Le plus sage des juges (v.7-8) : « Famâ yukadhdhibuka ba’du bid-dîn ? A-laysa Allâhu bi-ahkami-l-hâkimîn ? » — Qu’est-ce qui te fait démentir après cela le Jugement ? Allah n’est-Il pas le plus sage des juges ? Ibn Kathir conclut que si Allah a créé l’homme dans la meilleure forme, s’Il est capable de le ramener au plus bas, alors Il est assurément capable de le ressusciter pour le juger. Le Prophète ﷺ a dit : « Quand l’un d’entre vous récite “Wa-t-tîni wa-z-zaytûn” et arrive à “A-laysa Allâhu bi-ahkami-l-hâkimîn”, qu’il dise : “Balâ, wa anâ 'alâ dhâlika mina-sh-shâhidîn” (Oui, et j’en suis parmi les témoins). » (Rapporté par Abu Dawud, n°887 ; At-Tirmidhi, n°3347).
Hadiths connexes :
D’après Al-Bara’ ibn 'Azib رضي الله عنه : « Le Prophète ﷺ était en voyage et pria le 'Isha. Dans l’une des deux rak’at, il récita “Wa-t-tîni wa-z-zaytûn”. Je n’ai jamais entendu quelqu’un avec une plus belle voix ou une meilleure récitation que lui. » (Sahih al-Bukhari, n°769 ; Sahih Muslim, n°464)
Le Prophète ﷺ a dit : « Quand l’un d’entre vous récite “Wa-t-tîni wa-z-zaytûn” et arrive à la fin “A-laysa Allâhu bi-ahkami-l-hâkimîn ?”, qu’il dise : “Balâ, wa anâ 'alâ dhâlika mina-sh-shâhidîn.” » (Sunan Abu Dawud, n°887 ; Sunan At-Tirmidhi, n°3347)
Date de vérification : 2026-02-21
Dernière mise à jour : 2026-02-21