📖 Tafsir - Az-Zalzalah 99:1-8 - La secousse finale
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📚 Étude de la Sourate
📌 Az-Zalzalah : Le tremblement de la terre et la rétribution absolue
Référence : Sourate Az-Zalzalah (99), Versets 1-8
Contexte du signet :
Az-Zalzalah (La Secousse) est une sourate médinoise de 8 versets. Malgré sa brièveté, elle porte un message d’une puissance considérable sur le Jour du Jugement et la rétribution de chaque acte, aussi infime soit-il. Le Prophète ﷺ a dit : « “Idhâ zulzilat” (Sourate Az-Zalzalah) équivaut à la moitié du Coran. » (Sunan At-Tirmidhi, n°2893 — hassan). Cette sourate décrit le bouleversement cosmique qui précède le Jugement et la comparution de chaque être humain devant le bilan de ses actes.
Versets clés en français :
99:1-2 : « Quand la terre tremblera d’un violent tremblement, et que la terre fera sortir ses fardeaux. »
99:3 : « Et que l’homme dira : “Qu’a-t-elle ?” »
99:4-5 : « Ce jour-là, elle contera son récit, selon ce que ton Seigneur lui aura révélé (ordonné). »
99:6 : « Ce jour-là, les gens sortiront séparément pour que leur soient montrées leurs œuvres. »
99:7 : « Quiconque fait un bien fût-ce du poids d’un atome, le verra. »
99:8 : « Et quiconque fait un mal fût-ce du poids d’un atome, le verra. »
Tafsir consulté :
- [x] Ibn Kathir
- [ ] At-Tabari
- [ ] Al-Qurtubi
- [ ] Autre : _______________
Notes du tafsir :
Ibn Kathir commente cette sourate comme un rappel bref mais percutant de la rétribution totale au Jour Dernier, où rien n’est oublié.
Points clés :
Le tremblement suprême (v.1) : « Idhâ zulzilati-l-ardu zilzâlahâ » — Quand la terre tremblera de son tremblement ultime. Ibn Kathir explique que ce séisme sera différent de tout tremblement connu : il s’agit du tremblement eschatologique qui précède la Résurrection. L’utilisation du pronom possessif « zilzâlahâ » (son tremblement à elle) indique que c’est le séisme qui lui est spécifiquement destiné, le dernier et le plus intense. Allah dit aussi dans sourate Al-Hajj (22:1) : « Le tremblement de l’Heure est une chose terrible. »
La terre rejette ses fardeaux (v.2) : « Athqâlahâ » (ses fardeaux) désigne, selon Ibn Kathir, les morts et les trésors enfouis que la terre expulsera. La terre restituera tout ce qu’elle contient : les corps des défunts pour la Résurrection et les trésors cachés. Le Prophète ﷺ a dit : « La terre vomira des morceaux de son foie (ses trésors) sous forme de colonnes d’or et d’argent. Le meurtrier viendra et dira : “C’est pour cela que j’ai tué.” Le fraudeur dira : “C’est pour cela que j’ai rompu les liens de parenté.” Puis ils les laisseront là sans rien prendre. » (Sahih Muslim, n°1013)
L’homme stupéfait (v.3) : Face à ce cataclysme, l’homme dira « Qu’a-t-elle ? » (mâ lahâ) — une exclamation de terreur et d’incompréhension. Ibn Kathir note que cette réaction traduit la stupéfaction totale de l’être humain devant un événement qui dépasse tout ce qu’il a connu. Après une vie entière sur cette terre stable, il la voit se retourner contre lui.
La terre comme témoin (v.4-5) : « Ce jour-là, elle contera son récit » — la terre témoignera de tout ce qui s’est passé à sa surface. Ibn Kathir rapporte le hadith du Prophète ﷺ : « Savez-vous quel est son récit ? » Les Compagnons dirent : « Allah et Son Messager savent mieux. » Il dit : « Son récit, c’est qu’elle témoignera contre chaque serviteur et chaque servante de ce qu’ils ont fait à sa surface. Elle dira : “Il a fait telle et telle chose, tel jour.” Voilà son récit. » (Sunan At-Tirmidhi, n°3353 — hassan sahih). La terre, les membres du corps, et les lieux d’adoration seront tous des témoins le Jour du Jugement.
Les gens sortent en groupes séparés (v.6) : « Ashtâtan » — les gens émergeront de leurs tombes dispersés et séparés, se dirigeant vers le lieu du Jugement. Ibn Kathir précise qu’ils sortiront en groupes distincts : les croyants d’un côté, les mécréants de l’autre, chaque communauté avec son prophète ou son imam. Chacun sera confronté à son registre d’actes individuel — nul ne portera le fardeau d’autrui.
Le poids d’un atome de bien (v.7) : « Mithqâla dharratin khayran yarah » — le mot « dharrah » désigne la plus petite particule visible, souvent traduite par « atome » ou « grain de poussière ». Ibn Kathir cite le hadith où le Prophète ﷺ a dit : « Prémunissez-vous du Feu, ne serait-ce qu’avec la moitié d’une datte [en aumône]. Et si vous ne trouvez pas, alors par une bonne parole. » (Sahih al-Bukhari, n°1417 ; Sahih Muslim, n°1016). Ce verset est une incitation puissante à ne négliger aucun bien, aussi minime soit-il, car tout sera vu et récompensé.
Le poids d’un atome de mal (v.8) : Par symétrie parfaite, quiconque fait le moindre mal le verra aussi. Ibn Kathir rapporte que lorsque ce verset fut révélé, Abu Bakr As-Siddiq رضي الله عنه pleura et dit : « Ô Messager d’Allah, verrai-je donc chaque atome de mal que j’ai fait ? » Le Prophète ﷺ lui répondit pour le rassurer que le croyant voit ses épreuves et ses expiations en ce monde, tandis que le mécréant verra le moindre de ses péchés au Jour du Jugement. Ces deux versets jumeaux résument à eux seuls toute la justice divine : rien n’est perdu, rien n’est oublié.
Date de vérification : 2026-02-21
Dernière mise à jour : 2026-02-21