Az-Zukhruf 43:1-45 - L'ornement et les arguments contre le shirk

📖 Tafsir - Az-Zukhruf 43:1-45 - L’ornement et les arguments contre le shirk

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📚 Étude des Versets

📌 Le Coran clair, les ornements trompeurs et les arguments contre l’imitation aveugle

Référence : Sourate Az-Zukhruf (43), Versets 1-45

Contexte du signet :

Az-Zukhruf (L’Ornement) est une sourate mecquoise de 89 versets. Son nom vient du verset 35 qui mentionne les ornements d’or et d’argent (zukhruf) comme des éléments de la vie d’ici-bas. Cette sourate réfute méthodiquement les arguments des polythéistes : l’imitation aveugle des ancêtres, l’attribution de filles à Allah, et la confusion entre richesse matérielle et élection divine. Elle contient aussi le récit de Moussa envoyé à Pharaon et l’avertissement que les ornements de ce monde ne sont qu’une jouissance temporaire face à la récompense éternelle de l’au-delà.

Versets clés en français :

43:2-4 : « Par le Livre explicite ! Nous en avons fait un Coran arabe afin que vous raisonniez. Et il est certes dans la source mère [la Tablette préservée] auprès de Nous, sublime et plein de sagesse. »

43:22-24 : « Mais ils dirent : “Nous avons trouvé nos ancêtres sur une religion, et nous nous guidons sur leurs traces.” Et c’est ainsi que Nous n’avons envoyé avant toi aucun avertisseur dans une cité sans que ses gens aisés n’aient dit : “Nous avons trouvé nos ancêtres sur une religion, et nous suivons leurs traces.” Il dit : “Même si je vous apportais une meilleure direction que celle sur laquelle vous avez trouvé vos ancêtres ?” Ils dirent : “Nous ne croyons pas au message avec lequel vous avez été envoyés.” »

43:32 : « Est-ce eux qui répartissent la miséricorde de ton Seigneur ? C’est Nous qui avons réparti entre eux leur subsistance dans la vie présente, et Nous avons élevé certains d’entre eux au-dessus des autres en degrés, afin que les uns emploient les autres. »

43:33-35 : « Et si les gens ne devaient constituer une seule communauté [mécréante], Nous aurions certes pourvu les maisons de ceux qui ne croient pas au Tout Miséricordieux de toits d’argent et d’escaliers pour y monter, et de portes et de lits sur lesquels ils s’accouderaient, et [toutes sortes] d’ornements (zukhruf). Et tout cela ne serait que jouissance temporaire de la vie d’ici-bas. Et l’au-delà, auprès de ton Seigneur, est pour les pieux. »

43:36-37 : « Et quiconque s’aveugle sur le rappel du Tout Miséricordieux, Nous lui désignons un diable qui devient son compagnon inséparable, et qui les détourne du bon chemin, tandis qu’ils pensent être bien guidés. »

43:44 : « C’est certainement un rappel pour toi et pour ton peuple. Et vous en serez interrogés. »

Tafsir consulté :

  • [x] Ibn Kathir
  • [ ] At-Tabari
  • [ ] Al-Qurtubi
  • [ ] Autre : _______________

Notes du tafsir :

Ibn Kathir analyse ces versets comme une réfutation systématique de l’argument de l’imitation des ancêtres et de la confusion entre richesse matérielle et élection divine.

Points clés :

  1. Le Coran dans la Tablette préservée (v.2-4) : Le Coran est dans « la source mère » (Umm al-Kitâb) — la Tablette préservée (Al-Lawh al-Mahfûdh) — auprès d’Allah, « sublime et plein de sagesse ». Ibn Kathir explique que cela indique le rang éminent du Coran auprès d’Allah et que sa préservation est garantie car il est inscrit dans la Tablette préservée avant même la création des cieux et de la terre. Le fait qu’il soit « arabe » est un honneur pour cette langue et une facilité pour ses premiers destinataires « afin que vous raisonniez ».

  2. L’argument de l’imitation des ancêtres réfuté (v.22-25) : Chaque peuple auquel un avertisseur fut envoyé répondit : « Nous avons trouvé nos ancêtres sur une religion. » C’est l’argument universel du conservatisme aveugle. Ibn Kathir note que cet argument n’est pas rationnel : le simple fait que les ancêtres aient pratiqué quelque chose ne prouve pas que c’est juste. Le Prophète ﷺ propose un critère rationnel : « Même si je vous apportais une meilleure direction ? » Mais leur réponse révèle que leur attachement n’est pas fondé sur la raison mais sur l’entêtement : « Nous ne croyons pas au message. » Allah « se vengea d’eux » — le sort des peuples détruits est un avertissement.

  3. La richesse n’est pas un signe d’élection divine (v.31-35) : Les Qurayshites objectèrent : « Pourquoi ce Coran n’a-t-il pas été descendu sur un homme important des deux cités [La Mecque et At-Ta’if] ? » Allah répond : « Est-ce eux qui répartissent la miséricorde de ton Seigneur ? » La prophétie est un choix divin, pas une question de richesse ou de statut social. Si la richesse était le critère, Allah aurait donné aux mécréants « des toits d’argent et des escaliers » et « toutes sortes d’ornements ». Mais « tout cela ne serait que jouissance temporaire ». Ibn Kathir insiste : la richesse matérielle n’a aucune valeur auprès d’Allah si elle n’est pas accompagnée de foi.

  4. Le compagnon diabolique de l’aveugle (v.36-37) : « Quiconque s’aveugle sur le rappel du Tout Miséricordieux, Nous lui désignons un diable qui devient son compagnon inséparable. » Ibn Kathir explique que celui qui se détourne volontairement du rappel d’Allah est puni par l’assignation d’un compagnon satanique qui l’éloigne davantage de la vérité, « tandis qu’ils pensent être bien guidés ». C’est l’une des formes les plus subtiles de châtiment : penser être sur le droit chemin alors qu’on est profondément égaré. Le Prophète ﷺ a dit : « Chacun de vous a un compagnon parmi les djinns et un compagnon parmi les anges. » (Sahih Muslim, n°2814)

  5. Moussa envoyé à Pharaon (v.46-54) : Moussa fut envoyé avec les signes d’Allah à Pharaon et à ses notables. Pharaon dit à son peuple : « Ô mon peuple, le royaume d’Égypte ne m’appartient-il pas, ainsi que ces rivières qui coulent à mes pieds ? » Il se moqua de Moussa qui « ne sait presque pas s’exprimer ». Ibn Kathir note l’arrogance de Pharaon qui utilise sa richesse matérielle comme preuve de sa supériorité — exactement l’argument réfuté dans les versets précédents. La richesse de Pharaon ne l’a pas protégé de la destruction.

  6. Les anges ne sont pas des filles d’Allah (v.15-19) : Les polythéistes « ont fait des anges, qui sont les serviteurs du Tout Miséricordieux, des êtres féminins ». Allah demande : « Ont-ils assisté à leur création ? » Ils n’en savent rien et ne font que conjecturer. Ibn Kathir souligne l’absurdité : ils détestent avoir des filles pour eux-mêmes mais en attribuent à Allah. « Et quand on annonce à l’un d’eux ce qu’il attribue au Tout Miséricordieux, son visage s’assombrit et une rage sourde l’envahit. »

  7. Le Coran est un rappel pour le Prophète et son peuple (v.44) : « C’est certainement un rappel (dhikr) pour toi et pour ton peuple. Et vous en serez interrogés. » Ibn Kathir explique que le Coran est un honneur pour le Prophète ﷺ et pour les Arabes en premier lieu — et par extension pour l’humanité — mais c’est aussi une responsabilité : ils seront interrogés sur ce qu’ils en ont fait. Les nations précédentes seront interrogées sur leurs messagers, et cette nation sera interrogée sur le Coran et la Sunna.

Hadiths connexes :

  • Le Prophète ﷺ a dit : « Allah ne regarde pas vos corps ni vos apparences, mais Il regarde vos cœurs et vos actions. » (Sahih Muslim, n°2564)

  • Le Prophète ﷺ a dit : « Chacun de vous a un compagnon parmi les djinns et un compagnon parmi les anges. » (Sahih Muslim, n°2814)

Date de vérification : 2026-02-21


Dernière mise à jour : 2026-02-21

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