📖 Tafsir - Ghafir 40:41-85 - L’invocation et les signes de la puissance divine
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📚 Étude des Versets
📌 Les arguments en Enfer, les signes terrestres et célestes, et l’exhortation à la patience
Référence : Sourate Ghafir (40), Versets 41-85
Contexte du signet :
Cette seconde partie de Ghafir développe le contraste entre les gens de l’Enfer qui se disputent entre eux et la puissance d’Allah manifestée dans Ses signes terrestres et célestes. Les suiveurs accuseront les meneurs de les avoir égarés, mais leur confession sera vaine. La sourate se poursuit avec une série d’arguments cosmiques — la terre, le ciel, les animaux, les navires — invitant à la réflexion, puis se conclut par un avertissement sur le sort des arrogants et une exhortation à la patience adressée au Prophète ﷺ.
Versets clés en français :
40:47-48 : « Quand ils se disputeront dans le Feu, les faibles diront aux orgueilleux : “Nous vous avons suivis. Pouvez-vous nous préserver d’une partie du Feu ?” Et les orgueilleux diront : “En vérité, nous y sommes tous.” »
40:51 : « En vérité, Nous secourons Nos messagers et ceux qui croient, dans la vie présente et le jour où les témoins se dresseront. »
40:55 : « Endure donc, car la promesse d’Allah est vérité. Et demande pardon pour ton péché, et glorifie ton Seigneur le soir et le matin. »
40:57 : « La création des cieux et de la terre est quelque chose de plus grand que la création des gens. Mais la plupart des gens ne savent pas. »
40:60 : « Et votre Seigneur dit : “Invoquez-Moi, Je vous répondrai.” »
40:64 : « C’est Allah qui vous a assigné la terre comme demeure stable et le ciel comme toit, et vous a donné votre forme — et quelle belle forme Il vous a donnée ! — et vous a nourris de bonnes choses. Tel est Allah, votre Seigneur. »
40:78 : « Nous avons certes envoyé avant toi des messagers. Il en est dont Nous t’avons raconté l’histoire ; et il en est dont Nous ne t’avons pas raconté l’histoire. »
40:82 : « N’ont-ils pas parcouru la terre et vu ce qu’il est advenu de ceux qui étaient avant eux ? Ceux-là étaient plus nombreux qu’eux et dotés de plus de force et de traces [vestiges] sur la terre. Ce qu’ils avaient acquis ne leur a cependant pas profité. »
Tafsir consulté :
- [x] Ibn Kathir
- [ ] At-Tabari
- [ ] Al-Qurtubi
- [ ] Autre : _______________
Notes du tafsir :
Ibn Kathir analyse ces versets comme une progression allant des disputes des damnés aux preuves de la puissance divine, pour conclure par la patience et la certitude de la victoire.
Points clés :
Les disputes en Enfer (v.47-50) : Les suiveurs accuseront les meneurs : « Nous vous avons suivis, pouvez-vous nous préserver d’une partie du Feu ? » Les meneurs répondront : « Nous y sommes tous » — personne ne peut aider l’autre en Enfer. Les damnés supplieront les gardiens de l’Enfer d’alléger leur châtiment, mais ceux-ci demanderont : « Vos messagers ne vous apportaient-ils pas des preuves ? » Ils diront : « Si. » Les gardiens répondront : « Invoquez donc ! Mais l’invocation des mécréants n’est que perte. » Ibn Kathir souligne l’ironie tragique : ceux qui refusaient d’invoquer Allah dans le dunya invoqueront en vain dans l’au-delà.
Allah secourt Ses messagers (v.51) : « Nous secourons Nos messagers et ceux qui croient, dans la vie présente et le jour où les témoins se dresseront. » Ibn Kathir explique que ce secours prend différentes formes dans le dunya : la victoire militaire, l’argument intellectuel, la destruction des ennemis, ou la perpétuation du message après la mort du prophète. Au Jour du Jugement, le secours sera absolu et visible de tous. Cette promesse est une consolation pour le Prophète ﷺ et pour tout croyant qui subit l’injustice.
La création des cieux est plus grande que celle des gens (v.57) : Argument logique imparable en faveur de la résurrection : si Allah a créé les cieux et la terre — une création « plus grande » que celle des êtres humains —, comment douter de Sa capacité à ressusciter les morts ? « Mais la plupart des gens ne savent pas. » Ibn Kathir note que ce verset utilise le raisonnement du plus grand au plus petit (a fortiori) : celui qui peut le plus peut le moins.
La terre comme demeure et le ciel comme toit (v.64) : Allah a conçu la terre comme « demeure stable » (qarâran) et le ciel comme « toit » (binâ’an), a donné à l’homme « une belle forme » (fa-ahsana suwarakum), et l’a nourri de bonnes choses (tayyibât). Ibn Kathir souligne l’accumulation de bienfaits : le sol stable sous les pieds, le ciel protecteur, la beauté de la forme humaine, et la nourriture licite. Chaque bienfait est un argument pour le Tawhid et un motif de gratitude. « Tel est Allah, votre Seigneur. Béni soit donc Allah, Seigneur de l’univers. »
Des messagers inconnus (v.78) : « Nous avons envoyé avant toi des messagers. Il en est dont Nous t’avons raconté l’histoire ; et il en est dont Nous ne t’avons pas raconté l’histoire. » Ibn Kathir rapporte le hadith d’Abu Dharr رضي الله عنه qui demanda au Prophète ﷺ : « Combien de prophètes y a-t-il eu ? » Il répondit : « Cent vingt-quatre mille, dont trois cent quinze messagers. » (Musnad Ahmad ; sa chaîne est discutée, mais le principe que le nombre de prophètes dépasse ceux mentionnés dans le Coran est établi). Aucun messager n’a pu apporter de signe « sans la permission d’Allah ».
Les vestiges des peuples détruits (v.82-83) : « N’ont-ils pas parcouru la terre et vu ce qu’il est advenu de ceux qui étaient avant eux ? » Les peuples anciens — plus nombreux, plus forts, avec plus de vestiges — n’ont pas été protégés par leur puissance. « Quand leurs messagers venaient avec des preuves, ils se réjouissaient du savoir qu’ils possédaient » — un orgueil intellectuel qui les mena à leur perte. Ibn Kathir souligne que le « savoir » dont ils se vantaient était une connaissance matérielle dépourvue de sagesse spirituelle.
La fin des arrogants et l’exhortation à la patience (v.83-85) : Quand ils virent le châtiment, leur « foi ne leur fut d’aucune utilité » — la foi au moment de voir le châtiment n’est plus acceptée, conformément à la sunna d’Allah (sunnat allâhi allatî qad khalat fî 'ibâdihi). Ibn Kathir rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « Allah accepte le repentir du serviteur tant qu’il ne râle pas [à l’agonie]. » (Sunan At-Tirmidhi, n°3537 — hassan). Les mécréants Qurayshites sont donc avertis : s’ils attendent de voir le châtiment pour croire, il sera trop tard. « Et les mécréants furent perdants. »
Hadiths connexes :
Le Prophète ﷺ a dit : « Allah accepte le repentir du serviteur tant qu’il ne râle pas [à l’agonie]. » (Sunan At-Tirmidhi, n°3537 — hassan)
Le Prophète ﷺ a dit : « Allah ne cessera d’exaucer le serviteur tant qu’il n’invoque pas pour un péché ou une rupture des liens de parenté, et tant qu’il ne se montre pas impatient. » On demanda : « Comment se montre-t-il impatient ? » Il dit : « Il dit : “J’ai invoqué et invoqué, mais je ne vois pas de réponse”, alors il se décourage et cesse d’invoquer. » (Sahih Muslim, n°2735)
Date de vérification : 2026-02-21
Dernière mise à jour : 2026-02-21