📖 Tafsir - Ibrahim 14:1-27 - De l’obscurité à la lumière
#islam #tafsir #versets #exégèse
📚 Étude des Versets
📌 Ibrahim : Le Coran guide de l’obscurité vers la lumière et la parabole de l’arbre
Référence : Sourate Ibrahim (14), Versets 1-27
Contexte du signet :
La sourate Ibrahim est une sourate mecquoise qui porte le nom du patriarche des prophètes, Ibrahim عليه السلام. Elle s’ouvre sur la mission fondamentale du Coran : faire sortir les hommes des ténèbres (zhulumat) vers la lumière (nur). Ibn Kathir note que le pluriel « ténèbres » et le singulier « lumière » sont significatifs : l’égarement prend de multiples formes, mais la vérité est une. La sourate rappelle ensuite les missions de Moussa عليه السلام et d’autres prophètes envoyés dans la langue de leur peuple, puis culmine avec la célèbre parabole de la bonne parole comparée à un bon arbre et de la mauvaise parole comparée à un mauvais arbre (v.24-26).
Versets clés en français :
14:1 : « Alif, Lam, Ra. Voici un Livre que Nous avons fait descendre vers toi afin que tu fasses sortir les gens, par la permission de leur Seigneur, des ténèbres vers la lumière, vers le chemin du Tout-Puissant, du Digne de louange. »
14:4 : « Et Nous n’avons envoyé de messager qu’avec la langue de son peuple, afin qu’il les éclaire. Allah égare qui Il veut et guide qui Il veut. Et c’est Lui le Tout-Puissant, le Sage. »
14:7 : « Et lorsque votre Seigneur proclama : “Si vous êtes reconnaissants, très certainement J’augmenterai [Mes bienfaits] pour vous. Mais si vous êtes ingrats, Mon châtiment sera terrible.” »
14:24-26 : « N’as-tu pas vu comment Allah propose en parabole une bonne parole pareille à un bel arbre dont la racine est ferme et la ramure s’élançant dans le ciel ? Il donne à tout instant ses fruits, par la grâce de son Seigneur. Allah propose des paraboles aux gens afin qu’ils se souviennent. Et une mauvaise parole est pareille à un mauvais arbre, déraciné de la surface de la terre, n’ayant point de stabilité. »
14:27 : « Allah affermit les croyants par une parole ferme, dans la vie présente et dans l’au-delà. Tandis qu’Il égare les injustes. Et Allah fait ce qu’Il veut. »
Tafsir consulté :
- [x] Ibn Kathir
- [ ] At-Tabari
- [ ] Al-Qurtubi
- [ ] Autre : _______________
Notes du tafsir :
Ibn Kathir présente cette première partie comme un exposé sur la lumière de la guidance divine et les leçons tirées des nations passées.
Points clés :
Des ténèbres vers la lumière (v.1) : Ibn Kathir explique que les « ténèbres » représentent l’ensemble des formes d’égarement — l’idolâtrie, l’ignorance, les passions, les superstitions — tandis que « la lumière » est la foi pure et la guidance coranique. Le fait que « ténèbres » soit au pluriel et « lumière » au singulier indique que les voies de l’égarement sont innombrables, mais le chemin de la vérité est unique. Cette sortie se fait « par la permission d’Allah », soulignant que la guidée est un don divin, non une simple démarche intellectuelle.
Les messagers dans la langue de leur peuple (v.4) : Ce verset établit un principe fondamental de la miséricorde divine dans la da’wa : chaque prophète a été envoyé dans la langue de son peuple pour que le message soit compris sans ambiguïté. Ibn Kathir précise que cela ne contredit pas l’universalité du message du Prophète Muhammad ﷺ, car sa langue — l’arabe — était la plus éloquente et la plus apte à exprimer les sens les plus subtils, et le Coran demeure un miracle linguistique intraduisible dans sa profondeur.
La gratitude multiplie les bienfaits (v.7) : Ibn Kathir rapporte qu’Allah a fait de la gratitude (shukr) une cause d’accroissement des bienfaits et de l’ingratitude (kufr) une cause de châtiment. Le shukr ne se limite pas aux paroles : il implique la reconnaissance du cœur, la louange de la langue et l’utilisation des bienfaits dans l’obéissance à Allah. Le Prophète ﷺ priait la nuit jusqu’à ce que ses pieds enflent ; quand 'Aisha رضي الله عنها lui demanda pourquoi, il répondit : « Ne devrais-je pas être un serviteur reconnaissant ? » (Sahih al-Bukhari, Livre du tahajjud, n°1130.)
Les prophètes face au rejet de leur peuple (v.9-12) : Ibn Kathir détaille les récits des peuples de Nuh, de 'Ad et de Thamud qui refusèrent leurs messagers. Chaque peuple utilisait le même argument : « Vous n’êtes que des humains comme nous. » Les prophètes répondaient avec humilité : « Certes, nous ne sommes que des humains comme vous, mais Allah accorde Sa grâce à qui Il veut parmi Ses serviteurs. » Cette humanité des prophètes est une preuve de la miséricorde d’Allah, non une faiblesse du message.
La parabole du bon arbre et du mauvais arbre (v.24-26) : C’est l’une des paraboles les plus célèbres du Coran. Ibn Kathir rapporte que le « bon arbre » est le palmier-dattier selon Ibn 'Abbas رضي الله عنه, et que la « bonne parole » est l’attestation de foi (La ilaha illa Allah). Ses racines sont fermement ancrées dans le cœur du croyant, sa ramure s’élève vers le ciel — ses bonnes actions montent vers Allah — et il produit des fruits en permanence. Le « mauvais arbre » est la coloquinte (hanzhala), amère et sans racines, image de la parole de mécréance qui n’a ni fondement ni fruit.
La parole ferme dans ce monde et dans l’au-delà (v.27) : Ibn Kathir explique que la « parole ferme » (al-qawl ath-thabit) est « La ilaha illa Allah ». Elle affermit le croyant en ce monde face aux épreuves et dans la tombe face aux questions des anges Munkar et Nakir. Le Prophète ﷺ a dit : « Quand le musulman est interrogé dans la tombe, il témoigne qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que Muhammad est Son messager. C’est la parole de la sourate Ibrahim : “Allah affermit les croyants par une parole ferme.” » (Sahih al-Bukhari, Livre des funérailles, n°1369.)
L’avertissement aux ingrats (v.18, 21) : Les œuvres des mécréants sont comparées à de la cendre emportée par un vent violent un jour de tempête — elles n’ont aucune consistance, aucune valeur au Jour du Jugement. Ibn Kathir mentionne aussi la scène du Jour Dernier (v.21) où les faibles diront aux orgueilleux : « Nous étions vos suiveurs ; pouvez-vous nous être de quelque utilité contre le châtiment d’Allah ? » — et les orgueilleux répondront : « Si Allah nous avait guidés, nous vous aurions guidés. » Cette scène illustre la vanité des alliances fondées sur autre chose que la foi.
Hadiths connexes :
Le Prophète ﷺ a dit : « Quand le musulman est interrogé dans la tombe, il témoigne qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que Muhammad est Son messager. C’est la parole de la sourate Ibrahim : “Allah affermit les croyants par une parole ferme.” » (Sahih al-Bukhari, Livre des funérailles, n°1369) — en lien avec le verset 27.
Le Prophète ﷺ priait la nuit jusqu’à ce que ses pieds enflent. 'Aisha رضي الله عنها lui dit : « Pourquoi fais-tu cela alors qu’Allah t’a pardonné tes péchés passés et futurs ? » Il répondit : « Ne devrais-je pas être un serviteur reconnaissant ? » (Sahih al-Bukhari, Livre du tahajjud, n°1130) — en lien avec le verset 7 sur la gratitude.
Date de vérification : 2026-02-21
Dernière mise à jour : 2026-02-21