Maryam 19:1-40 - Zakariya, Yahya, Maryam et 'Issa

📖 Tafsir - Maryam 19:1-40 - Zakariya, Yahya, Maryam et 'Issa

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📚 Étude des Versets

📌 Maryam : L’invocation de Zakariya, la naissance miraculeuse de Yahya et de 'Issa

Référence : Sourate Maryam (19), Versets 1-40

Contexte du signet :

La sourate Maryam est une sourate mecquoise d’une beauté et d’une émotion singulières. Elle s’ouvre sur les lettres mystérieuses « Kaf, Ha, Ya, 'Ayn, Sad » et relate quatre récits entrelacés : l’invocation secrète de Zakariya عليه السلام pour obtenir un héritier ; la naissance miraculeuse de Yahya عليه السلام ; la conception de 'Issa عليه السلام sans père par la vierge Maryam ; et la parole de 'Issa dans son berceau. C’est cette même sourate que Ja’far ibn Abi Talib رضي الله عنه récita devant le Négus d’Abyssinie, provoquant ses larmes et la protection des musulmans émigrés. Ibn Kathir considère cette sourate comme un témoignage de la puissance divine qui crée au-delà des causes naturelles.

Versets clés en français :

19:4-6 : « Il dit : “Ô mon Seigneur, mes os sont affaiblis et ma tête s’est enflammée de cheveux blancs. Et je n’ai jamais été malheureux en T’invoquant, ô mon Seigneur. Je crains [le comportement de] mes proches après moi. Et ma femme est stérile. Accorde-moi, de Ta part, un héritier qui hérite de moi et hérite de la famille de Ya’qub. Et fais qu’il Te soit agréable, ô mon Seigneur.” »

19:7 : « “Ô Zakariya, Nous t’annonçons un garçon. Son nom sera Yahya. Nous ne lui avons pas donné auparavant d’homonyme.” »

19:16-17 : « Mentionne dans le Livre Marie, quand elle se retira de sa famille en un lieu vers l’orient. Elle mit entre elle et eux un voile. Nous lui envoyâmes Notre Esprit [Gabriel] qui se présenta à elle sous la forme d’un homme parfait. »

19:22-26 : « Elle devint donc enceinte [de l’enfant] et elle se retira avec lui en un lieu éloigné. Puis les douleurs de l’enfantement l’amenèrent au tronc du palmier, et elle dit : “Malheur à moi ! Que je fusse morte avant cet instant ! Et que je fusse totalement oubliée !” Alors il l’appela d’au-dessous d’elle : “Ne t’afflige pas. Ton Seigneur a placé à tes pieds une source. Secoue vers toi le tronc du palmier : il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres.” »

19:30-33 : « [Jésus] dit : “Je suis vraiment le serviteur d’Allah. Il m’a donné le Livre et m’a désigné prophète. Où que je sois, Il m’a rendu béni ; et Il m’a recommandé la prière et la zakat tant que je vivrai, et la bonté envers ma mère. Il ne m’a fait ni violent ni malheureux. Et que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai et le jour où je serai ressuscité vivant.” »

Tafsir consulté :

  • [x] Ibn Kathir
  • [ ] At-Tabari
  • [ ] Al-Qurtubi
  • [ ] Autre : _______________

Notes du tafsir :

Ibn Kathir consacre un commentaire détaillé à ces récits qui témoignent de la puissance d’Allah au-delà des lois naturelles habituelles.

Points clés :

  1. L’invocation secrète de Zakariya (v.1-6) : Ibn Kathir souligne la beauté de cette invocation faite « en secret » (nida’an khafiyyan) — loin des regards, dans l’intimité de la nuit, avec une humilité totale. Zakariya عليه السلام ne se plaint pas à Allah mais Lui expose sa faiblesse : ses os affaiblis, ses cheveux blancs, sa femme stérile. Il ajoute : « Je n’ai jamais été malheureux en T’invoquant » — une expression de confiance absolue en Allah avant même de formuler sa demande. Cette adab (bienséance) dans l’invocation est un modèle pour chaque croyant.

  2. Yahya : un nom sans précédent (v.7-11) : Allah exauce Zakariya en lui accordant un fils nommé Yahya — un nom qu’aucun homme n’avait porté avant lui. Ibn Kathir explique que cette unicité du nom est un honneur supplémentaire. Zakariya, surpris malgré sa propre invocation, demande un signe : il ne pourra pas parler aux gens pendant trois nuits, tout en étant physiquement sain. Ibn Kathir y voit un signe à double fonction : confirmer la bonne nouvelle et préparer Zakariya à l’adoration intensive par le dhikr silencieux du cœur. Yahya عليه السلام est ensuite décrit comme ayant reçu la sagesse dès l’enfance, la tendresse envers ses parents et la taqwa.

  3. Maryam et l’annonce de Gabriel (v.16-21) : Maryam s’était retirée de sa famille dans un lieu à l’est (mashriqiyyan) pour s’adonner à l’adoration. Gabriel (Jibril) عليه السلام lui apparut sous la forme d’un « homme parfait » (basharan sawiyyan). Sa première réaction fut la crainte et le refuge en Allah : « Je cherche protection auprès du Tout Miséricordieux contre toi, si tu es pieux. » Ibn Kathir admire sa chasteté et sa piété : même face à l’inconnu, son premier réflexe est l’invocation d’Allah. Gabriel la rassure et lui annonce qu’elle concevra un garçon pur par le souffle divin, sans intervention humaine — un signe de la puissance d’Allah « qui est pour Lui chose facile ».

  4. Les douleurs de l’enfantement et la consolation divine (v.22-26) : Maryam, seule et sans soutien humain, accouche au pied d’un palmier et souhaite la mort — non par désespoir en Allah, mais par crainte de l’opprobre social. Ibn Kathir note qu’Allah ne l’abandonne pas : une voix la rassure (celle de Gabriel ou de 'Issa lui-même, selon les avis), une source d’eau jaillit à ses pieds et des dattes fraîches tombent du palmier sec. Ces trois provisions — réconfort moral, eau et nourriture — illustrent la prise en charge totale d’Allah envers Ses serviteurs éprouvés. Le Prophète ﷺ a dit : « La meilleure nourriture pour la femme qui vient d’accoucher est la datte fraîche. » (Rapporté par Ibn Majah, authentifié par certains savants.)

  5. 'Issa parle dans le berceau (v.29-33) : Quand Maryam revint vers son peuple avec l’enfant, ils l’accusèrent d’immoralité. Allah lui avait ordonné de ne pas parler et de désigner l’enfant. Le bébé 'Issa عليه السلام parla alors depuis le berceau — un miracle sans précédent. Sa première parole fut : « Je suis le serviteur d’Allah » ('Abdullah) — réfutant à l’avance toute divinisation. Ibn Kathir souligne que 'Issa عليه السلام définit son identité d’abord par la servitude ('ubudiyya) envers Allah, puis mentionne le Livre, la prophétie, la bénédiction, la prière, la zakat et la bonté envers sa mère. Pas un seul mot de revendication de divinité.

  6. La vérité sur 'Issa (v.34-36) : « Tel est 'Issa fils de Maryam : parole de vérité, sur laquelle ils doutent. Il ne convient pas à Allah de S’attribuer un fils. Gloire et pureté à Lui ! Quand Il décide d’une chose, Il dit seulement “Sois !” et elle est. » Ibn Kathir affirme que ce passage est la réponse divine définitive aux divergences chrétiennes sur la nature de 'Issa عليه السلام. Les conciles de Nicée, Constantinople et Chalcédoine ont débattu pendant des siècles — le Coran tranche avec clarté : 'Issa est un serviteur d’Allah, un prophète noble, né miraculeusement, mais nullement divin.

  7. L’avertissement du Jour du Regret (v.37-40) : Ibn Kathir conclut cette section par l’avertissement que les factions qui divergent à propos de 'Issa auront un rendez-vous au « Jour du Regret » (yawm al-hasra), quand l’affaire sera tranchée définitivement. Ceux qui n’ont pas cru réaliseront leur erreur trop tard. Allah est l’héritier ultime de la terre et de tout ce qui s’y trouve — la possession de toute chose Lui reviendra quand cette vie prendra fin.

Hadiths connexes :

  • Le Prophète ﷺ a dit : « Personne n’a parlé dans le berceau sauf trois : 'Issa fils de Maryam, le compagnon de Jurayj, et un nourrisson parmi les Bani Isra’il. » (Sahih al-Bukhari, Livre des prophètes, n°3436) — en lien avec les versets 29-33.

  • Le Prophète ﷺ a dit : « Parmi les femmes du monde entier, il te suffit de Maryam fille de 'Imran, Khadija fille de Khuwaylid, Fatima fille de Muhammad et Asiya femme de Pharaon. » (Sahih Muslim, Livre des vertus des Compagnons, n°2431, selon At-Tirmidhi) — en lien avec le statut exceptionnel de Maryam.

Date de vérification : 2026-02-21


Dernière mise à jour : 2026-02-21

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