Maryam 19:41-98 - Ibrahim et les autres prophètes

📖 Tafsir - Maryam 19:41-98 - Ibrahim et les autres prophètes

#islam #tafsir #versets #exégèse


📚 Étude des Versets

📌 Maryam : Le débat d’Ibrahim avec son père et la mention des prophètes élus

Référence : Sourate Maryam (19), Versets 41-98

Contexte du signet :

Cette seconde partie de la sourate Maryam défile un cortège de prophètes après les récits de Zakariya, Yahya, Maryam et 'Issa. Elle s’ouvre sur le dialogue poignant entre Ibrahim عليه السلام et son père Azar, idolâtre obstiné, puis mentionne Moussa, Isma’il, Idris et leurs descendants, avant de dénoncer ceux qui, après eux, ont abandonné la prière et suivi les passions. La sourate se clôt sur la réfutation de la prétention que Dieu aurait un fils et sur la promesse que les croyants recevront l’amour d’Allah (al-wudd). Ibn Kathir y voit une galerie de modèles prophétiques illustrant différentes facettes de la piété.

Versets clés en français :

19:41-42 : « Et mentionne dans le Livre Ibrahim. C’était un véridique et un prophète. Quand il dit à son père : “Ô mon père, pourquoi adores-tu ce qui n’entend ni ne voit, et ne te profite en rien ?” »

19:47 : « [Ibrahim] dit : “Paix sur toi ! J’implorerai mon Seigneur de te pardonner, car Il m’a toujours été bienveillant.” »

19:54-55 : « Et mentionne dans le Livre Isma’il. Il était fidèle à ses promesses ; et c’était un messager et un prophète. Et il commandait à sa famille la prière et la zakat, et il était agréé auprès de son Seigneur. »

19:56-57 : « Et mentionne dans le Livre Idris. C’était un véridique et un prophète. Et Nous l’élevâmes à un haut rang. »

19:59 : « Puis leur succédèrent des générations qui délaissèrent la prière et suivirent les passions. Ils se trouveront en perdition. »

19:88-93 : « Et ils ont dit : “Le Tout Miséricordieux S’est attribué un enfant !” Vous avancez certes là une chose abominable ! Peu s’en faut que les cieux ne s’entrouvrent à ces mots, que la terre ne se fende et que les montagnes ne s’écroulent, du fait qu’ils aient attribué un enfant au Tout Miséricordieux, alors qu’il ne convient nullement au Tout Miséricordieux d’avoir un enfant ! Tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre se rendront auprès du Tout Miséricordieux [au Jour du Jugement], en serviteurs. »

19:96 : « Certes, ceux qui croient et font de bonnes œuvres, le Tout Miséricordieux leur accordera Son amour. »

Tafsir consulté :

  • [x] Ibn Kathir
  • [ ] At-Tabari
  • [ ] Al-Qurtubi
  • [ ] Autre : _______________

Notes du tafsir :

Ibn Kathir présente chaque prophète mentionné comme un modèle spécifique de vertu, avant de conclure sur la transcendance absolue d’Allah.

Points clés :

  1. Ibrahim et son père : la da’wa par la douceur (v.41-48) : Ibrahim عليه السلام s’adresse à son père avec une douceur remarquable, répétant « Ô mon père » (ya abati) quatre fois. Ibn Kathir note qu’il ne l’insulte pas, ne le rabaisse pas, mais argumente avec logique et tendresse : pourquoi adorer ce qui n’entend pas, ne voit pas et ne profite en rien ? Le père réagit par la menace de lapidation. Ibrahim répond par : « Paix sur toi, j’implorerai mon Seigneur de te pardonner. » Ibn Kathir explique qu’Ibrahim tint cette promesse jusqu’à ce qu’il devint clair que son père était un ennemi d’Allah, auquel moment il cessa de demander pardon pour lui (Sourate At-Tawba 9:114). Ce passage est un modèle de da’wa familiale : la fermeté dans la vérité sans rompre les liens de respect.

  2. Isma’il : la fidélité aux promesses (v.54-55) : Ibn Kathir souligne qu’Isma’il عليه السلام est distingué par une qualité spécifique : « sadiq al-wa’d » — fidèle à ses promesses. Selon les récits, il avait promis d’attendre quelqu’un à un endroit précis et attendit trois jours jusqu’à ce que la personne revienne. D’autres rapportent qu’il promit à son père de se soumettre au sacrifice et tint parole. En plus de cette qualité, il ordonnait à sa famille la prière et la zakat — montrant que la piété personnelle doit se prolonger dans l’éducation des proches.

  3. Idris : élevé à un haut rang (v.56-57) : Ibn Kathir rapporte qu’Idris عليه السلام fut élevé à un rang élevé dans les cieux. Le Prophète ﷺ, lors de l’Isra’ et du Mi’raj, rencontra Idris au quatrième ciel, et celui-ci lui dit : « Bienvenue au frère vertueux et au prophète vertueux. » (Sahih al-Bukhari, Livre de la prière, n°349.) Idris est également identifié par certains savants comme l’un des premiers à écrire et à coudre les vêtements. Son élévation est un honneur divin unique.

  4. Les générations qui délaissèrent la prière (v.59-60) : Après cette galerie de prophètes pieux, Ibn Kathir mentionne les générations qui « délaissèrent la prière et suivirent les passions ». Le mot « adha’u » signifie soit qu’ils abandonnèrent complètement la prière — ce qui est de la mécréance — soit qu’ils la retardèrent de son temps prescrit, ce qui est un grand péché. Ibn Kathir rapporte de Sa’id ibn al-Musayyib qu’il disait : « Quiconque ne prie pas avant le coucher du soleil et avant son lever a délaissé la prière. » Leur destination est « ghayy » — un ravin en Enfer d’une profondeur terrifiante — sauf ceux qui se repentent.

  5. La réfutation de la filiation divine (v.88-93) : Ces versets sont parmi les plus puissants du Coran. L’affirmation que le Tout Miséricordieux aurait un fils est qualifiée de « chose abominable » (shay’an idda) — si abominable que les cieux, la terre et les montagnes seraient sur le point de se fendre. Ibn Kathir explique que cette réaction cosmique n’est pas métaphorique mais réelle : la création entière est outrée par cette affirmation. Tous les êtres — anges, hommes, djinns, animaux — se présenteront devant Allah en serviteurs ('abdan), aucun en tant que fils ou associé. La relation entre Allah et Sa création est celle du Seigneur au serviteur, sans exception.

  6. L’amour d’Allah pour les croyants (v.96) : « Le Tout Miséricordieux leur accordera Son amour (wudd). » Ibn Kathir rapporte le hadith du Prophète ﷺ : « Quand Allah aime un serviteur, Il appelle Gabriel et lui dit : “J’aime untel, aime-le donc.” Gabriel l’aime, puis il lance un appel dans les cieux : “Allah aime untel, aimez-le donc.” Les habitants des cieux l’aiment, puis l’acceptation est placée pour lui sur terre. » (Sahih al-Bukhari, Livre de l’adab, n°6040.) C’est la plus belle récompense : l’amour du Créateur, des anges et des hommes pieux.

  7. Le Coran facilité pour avertir et réjouir (v.97) : La sourate se conclut sur la fonction du Coran : avertir les pieux et réjouir les croyants. Ibn Kathir note que le Coran a été révélé en arabe « dans ta langue » — la langue du Prophète ﷺ — pour faciliter la compréhension et la transmission. L’avertissement s’adresse à ceux qui s’opposent (qawm ludda — un peuple querelleur), et la bonne nouvelle aux croyants sincères (muttaqin). Les générations de rebelles, aussi nombreuses furent-elles, ont été détruites — « en perçois-tu un seul d’entre eux ou en entends-tu le moindre murmure ? » — preuve que la puissance d’Allah efface ceux qui Le défient.

Hadiths connexes :

  • Le Prophète ﷺ a dit : « Quand Allah aime un serviteur, Il appelle Gabriel et dit : “J’aime untel, aime-le.” Gabriel l’aime, puis lance un appel parmi les gens du ciel, et ils l’aiment. Puis l’acceptation est placée pour lui sur terre. » (Sahih al-Bukhari, Livre de l’adab, n°6040) — en lien avec le verset 96 sur l’amour d’Allah.

  • Le Prophète ﷺ rencontra Idris au quatrième ciel lors de l’Isra’ et du Mi’raj. Idris lui dit : « Bienvenue au frère vertueux et au prophète vertueux. » (Sahih al-Bukhari, Livre de la prière, n°349) — en lien avec le verset 57.

Date de vérification : 2026-02-21


Dernière mise à jour : 2026-02-21

🎯 Testez vos connaissances !
Lancer le Quiz →