📖 Tafsir - Qaf 50:1-45 - Qaf et la résurrection
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📚 Étude des Versets
📌 Le serment par le Coran glorieux et la certitude de la résurrection
Référence : Sourate Qaf (50), Versets 1-45
Contexte du signet :
Qaf est une sourate mecquoise qui s’ouvre par la lettre isolée « Qaf » suivie d’un serment par le Coran glorieux. Le Prophète ﷺ récitait régulièrement cette sourate lors du prêche du vendredi (khutba), comme le rapporte Muslim dans son Sahih. Elle aborde la résurrection que les mécréants nient, leur rappelle les peuples détruits avant eux, affirme la proximité absolue d’Allah envers l’homme (« Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire », v.16), et décrit en détail la scène du Jour du Jugement où chaque âme viendra avec un conducteur et un témoin.
Versets clés en français :
50:1-2 : « Qaf. Par le Coran glorieux ! Mais ils s’étonnent que l’un des leurs soit venu les avertir, et les mécréants disent : “Voilà une chose étrange !” »
50:3-4 : « Quoi ! Lorsque nous serons morts et devenus poussière… ? Ce serait un retour bien improbable. Certes, Nous savons ce que la terre ronge d’eux, et Nous avons un Livre qui garde tout. »
50:6-7 : « N’ont-ils donc pas observé le ciel au-dessus d’eux, comment Nous l’avons bâti et embelli, et comment il est sans fissures ? Et la terre, Nous l’avons étendue et Nous y avons enfoncé fermement des montagnes et y avons fait pousser toutes sortes de magnifiques couples de végétaux. »
50:16 : « Nous avons effectivement créé l’homme et Nous savons ce que son âme lui suggère, et Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire. »
50:17-18 : « Quand les deux recueillants recueillent, l’un assis à droite et l’autre à gauche, il ne prononce pas une parole sans avoir auprès de lui un observateur prêt à l’inscrire. »
50:19 : « L’ivresse de la mort vient avec la vérité : “Voilà ce dont tu t’écartais !” »
50:21-22 : « Et chaque âme viendra accompagnée d’un conducteur et d’un témoin. “Tu restais indifférent à cela. Et bien, Nous t’avons ôté ton voile ; ta vue aujourd’hui est perçante.” »
50:30 : « Le jour où Nous dirons à l’Enfer : “Es-tu rempli ?” Il dira : “Y en a-t-il encore ?” »
50:37 : « Il y a bien là un rappel pour quiconque a un cœur, prête l’oreille tout en étant témoin. »
Tafsir consulté :
- [x] Ibn Kathir
- [ ] At-Tabari
- [ ] Al-Qurtubi
- [ ] Autre : _______________
Notes du tafsir :
Ibn Kathir présente cette sourate comme l’une des plus puissantes sur le thème de la résurrection et de la surveillance divine permanente.
Points clés :
La lettre Qaf et le serment (v.1-5) : La sourate s’ouvre par la lettre isolée « Qaf » — l’un des hurûf muqatta’ât dont la signification exacte est connue d’Allah seul. Le serment par le « Coran glorieux » (al-Qur’ân al-majîd) établit la noblesse et la grandeur de ce Livre. Les mécréants s’étonnent qu’un homme parmi eux les avertisse, et considèrent impossible le retour après la mort et la décomposition en poussière. Ibn Kathir note que leur étonnement vient de l’ignorance : Celui qui a créé une première fois peut recréer.
Les preuves dans la création (v.6-11) : Allah invite à observer le ciel sans fissures, la terre étendue avec ses montagnes, ses végétaux en couples — tout cela comme « rappel et enseignement » pour tout serviteur qui revient à Allah. Ibn Kathir souligne que la création de ces merveilles est plus grandiose que la résurrection des corps : « La création des cieux et de la terre est certes plus grande que la création des gens » (Ghafir 40:57).
Les peuples détruits (v.12-14) : Le peuple de Nuh, les Gens du Puits (Ar-Rass), les Thamud, les ‘Ad, Pharaon, les frères de Lut, les Gens d’Al-Ayka (peuple de Shu’ayb) et le peuple de Tubba’ — tous ont traité leurs messagers de menteurs et la menace s’est accomplie. Ibn Kathir y voit un avertissement direct aux Quraysh : vous n’êtes pas plus forts que ces peuples.
Plus près que la veine jugulaire (v.16) : « Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire (habl al-warîd). » Ibn Kathir explique que c’est la proximité de la science d’Allah — Il connaît les pensées les plus intimes, les chuchotements de l’âme (waswasa), avant même qu’ils ne deviennent des paroles. La veine jugulaire, qui passe par le cou et irrigue le cerveau, est la veine la plus proche du cœur de l’homme, et Allah est encore plus proche.
Les deux anges scribes (v.17-18) : Deux anges sont assignés à chaque être humain — l’un à droite inscrit les bonnes actions, l’autre à gauche inscrit les mauvaises. Ibn Kathir rapporte que l’ange de gauche attend avant d’inscrire un péché : le Prophète ﷺ a dit : « L’ange de gauche attend six heures lorsque le serviteur commet un péché. S’il se repent et demande pardon, l’ange ne l’inscrit pas. Sinon, il l’inscrit comme un seul péché. » (Rapporté par At-Tabarani ; Al-Albani l’a jugé hassan)
Le conducteur et le témoin (v.21-22) : Au Jour du Jugement, chaque âme viendra avec un ange conducteur qui la mène et un ange témoin qui témoigne de ses actes. Le voile de l’insouciance sera levé et la vue sera « perçante » (hadîd) — l’homme verra la réalité qu’il niait. Ibn Kathir note le contraste saisissant : dans le bas monde, un voile empêchait de voir la vérité ; dans l’au-delà, tout sera exposé avec une clarté absolue.
L’Enfer insatiable et le Paradis proche (v.30-35) : L’Enfer sera interrogé : « Es-tu rempli ? » et il répondra : « Y en a-t-il encore ? » — illustrant l’immensité de l’Enfer et le grand nombre de ses habitants. Le Prophète ﷺ a dit : « L’Enfer ne cessera de dire “Y en a-t-il encore ?” jusqu’à ce que le Seigneur de la puissance y pose Son Pied, alors il se contractera et dira “Assez ! Assez !” » (Sahih al-Bukhari, n°4848 ; Sahih Muslim, n°2848). Quant au Paradis, il sera « rapproché » des pieux (v.31), il ne sera pas loin — c’est la récompense de quiconque revenait à Allah avec un cœur repentant.
Hadiths connexes :
Umm Hisham bint Haritha رضي الله عنها rapporte : « Je n’ai appris sourate Qaf que de la bouche du Messager d’Allah ﷺ, car il la récitait chaque vendredi sur le minbar lorsqu’il s’adressait aux gens. » (Sahih Muslim, n°873)
Le Prophète ﷺ a dit : « L’Enfer ne cessera de dire “Y en a-t-il encore ?” jusqu’à ce que le Seigneur de la puissance y pose Son Pied. » (Sahih al-Bukhari, n°4848)
Date de vérification : 2026-02-21
Dernière mise à jour : 2026-02-21