📖 Tafsir - Sad 38:1-44 - Dawud, Sulayman et la patience
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📚 Étude des Versets
📌 La lettre Sad, le jugement de Dawud, le royaume de Sulayman et la patience d’Ayyub
Référence : Sourate Sad (38), Versets 1-44
Contexte du signet :
Sad est une sourate mecquoise de 88 versets. Elle tire son nom de la lettre arabe « Sâd » qui ouvre la sourate, suivie d’un serment par le Coran « plein de rappel » (dhî adh-dhikr). Cette sourate est une réponse aux Qurayshites qui s’étonnaient qu’un avertisseur soit envoyé parmi eux. Elle présente trois récits prophétiques majeurs : Dawud (David) et l’épreuve du jugement, Sulayman (Salomon) et l’épreuve du pouvoir, et Ayyub (Job) et l’épreuve de la patience. Ces trois prophètes-rois illustrent comment la foi et la soumission à Allah transcendent toute épreuve.
Versets clés en français :
38:1 : « Sâd. Par le Coran au glorieux rappel ! »
38:5 : « Réduira-t-il les divinités à un Seul Dieu ? Voilà une chose vraiment étonnante ! »
38:17-18 : « Endure ce qu’ils disent, et rappelle-toi David, Notre serviteur, doué de force. Il était certes un grand revenant [à Allah]. Nous soumîmes les montagnes à glorifier Allah avec lui, au coucher du soleil et au lever. »
38:24 : « Il dit : “Il t’a fait tort en demandant de joindre ta brebis à ses brebis.” Beaucoup de gens transgressent les droits de leurs associés, sauf ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres — et ceux-là sont bien rares. Et Dawud comprit que Nous l’avions mis à l’épreuve. »
38:30 : « Et à Dawud Nous fîmes don de Sulayman. Quel bon serviteur ! Il était très grand revenant [à Allah]. »
38:34-35 : « Et Nous mîmes Sulayman à l’épreuve en plaçant sur son siège un corps. Puis il se repentit. Il dit : “Seigneur, pardonne-moi et fais-moi don d’un royaume tel que nul après moi n’aura de pareil.” »
38:41-44 : « Et rappelle-toi Ayyub, Notre serviteur, quand il appela son Seigneur : “Le diable m’a infligé détresse et souffrance.” — “Frappe [la terre] de ton pied : voici une eau fraîche pour te laver et une boisson.” […] Nous le trouvâmes vraiment endurant. Quel bon serviteur ! Il était plein de repentir. »
Tafsir consulté :
- [x] Ibn Kathir
- [ ] At-Tabari
- [ ] Al-Qurtubi
- [ ] Autre : _______________
Notes du tafsir :
Ibn Kathir analyse ces versets comme une réponse au rejet des Qurayshites par des exemples de prophètes éprouvés qui restèrent fidèles à Allah.
Points clés :
La lettre Sâd et le Coran plein de rappel (v.1-3) : La sourate s’ouvre par la lettre mystérieuse « Sâd » — partie des hurûf muqatta’ât dont le sens précis est connu d’Allah — suivie d’un serment par le Coran « plein de rappel » (dhî adh-dhikr). Les mécréants sont « dans l’orgueil et le schisme » (fî 'izzatin wa shiqâq) — leur rejet du Prophète ﷺ n’est pas fondé sur des preuves mais sur l’arrogance. Ibn Kathir souligne que leur étonnement — « Réduira-t-il les divinités à un Seul Dieu ? » — révèle leur attachement aveugle au polythéisme hérité de leurs ancêtres.
L’avertissement par les peuples détruits (v.12-16) : Allah rappelle les peuples de Nuh, 'Ad, Pharaon, Thamud, Lut et les Gens d’al-Ayka — tous ont traité les messagers de menteurs et reçu un châtiment mérité. « Chacun d’eux a traité les messagers de menteurs. Ma punition fut donc bien méritée. » Ces exemples historiques servent d’avertissement aux Qurayshites : le même sort peut vous frapper. Ibn Kathir note que la mention de multiples peuples détruits renforce l’urgence du message.
Dawud, serviteur doué de force (v.17-20) : Allah consola le Prophète ﷺ en lui rappelant Dawud, qualifié de « doué de force » (dhâ al-ayd) dans l’adoration. Les montagnes et les oiseaux glorifiaient Allah avec lui. Allah lui donna « la sagesse et la faculté de bien juger » (al-hikma wa fasl al-khitâb). Le Prophète ﷺ a dit : « La prière la plus aimée d’Allah est la prière de Dawud : il dormait la moitié de la nuit, priait un tiers, et dormait un sixième. Et le jeûne le plus aimé d’Allah est le jeûne de Dawud : il jeûnait un jour et rompait un jour. » (Sahih al-Bukhari, n°1131 ; Sahih Muslim, n°1159)
L’épreuve de Dawud : les deux plaignants (v.21-26) : Deux hommes escaladèrent le mur de son oratoire. L’un dit : « Mon frère a quatre-vingt-dix-neuf brebis et moi une seule ; il me dit : “Confie-la-moi.” » Dawud jugea immédiatement en faveur du plaignant sans entendre l’autre partie, puis comprit qu’Allah le mettait à l’épreuve. Il tomba en prosternation et se repentit. Ibn Kathir explique que l’épreuve consistait à juger hâtivement sans entendre les deux parties — un rappel que même un prophète-roi doit faire preuve de rigueur dans la justice. La leçon est universelle : ne jamais juger avant d’avoir entendu tous les protagonistes.
Sulayman et l’épreuve du pouvoir (v.30-40) : Sulayman, « quel bon serviteur ! », reçut un royaume incomparable : le vent soumis à son commandement, les djinns bâtisseurs et plongeurs, les diables enchaînés. Mais il fut d’abord éprouvé — « Nous mîmes Sulayman à l’épreuve en plaçant sur son siège un corps » — puis il demanda pardon et implora un royaume que nul n’aurait après lui. Ibn Kathir rapporte différentes interprétations de « un corps sur son siège », la plus courante étant que c’était un djinn qui prit sa place. La leçon est que même le plus grand des rois reste un serviteur qui doit revenir à Allah.
Ayyub et la patience exemplaire (v.41-44) : Ayyub perdit ses biens, ses enfants et sa santé. Après une longue épreuve, il appela Allah : « Le diable m’a infligé détresse et souffrance. » Allah lui dit : « Frappe la terre de ton pied » — une source d’eau jaillit pour le laver et le guérir. Allah lui rendit sa famille « et autant qu’eux avec eux ». Le verdict divin : « Nous le trouvâmes vraiment endurant (sâbiran). Quel bon serviteur ! Il était plein de repentir (awwâb). » Ibn Kathir note que la patience d’Ayyub est devenue proverbiale dans la tradition islamique.
Le serment d’Ayyub et la miséricorde divine (v.44) : « Prends dans ta main un faisceau de brindilles, et frappe avec, et ne viole pas [ton serment]. » Ayyub avait juré de frapper sa femme de cent coups si Allah le guérissait (elle avait commis une erreur pendant sa maladie). Allah, par miséricorde, lui permit de rassembler cent brindilles en un faisceau et de la frapper une seule fois — préservant ainsi son serment sans nuire à son épouse. Ibn Kathir souligne la tendresse d’Allah envers Ses serviteurs patients : Il leur trouve des issues qu’ils n’imaginaient pas.
Hadiths connexes :
Le Prophète ﷺ a dit : « Le jeûne le plus aimé d’Allah est le jeûne de Dawud : il jeûnait un jour et rompait un jour. Et la prière la plus aimée d’Allah est la prière de Dawud : il dormait la moitié de la nuit, priait un tiers, et dormait un sixième. » (Sahih al-Bukhari, n°1131 ; Sahih Muslim, n°1159)
Le Prophète ﷺ a dit : « Quand Ayyub se lavait, des sauterelles d’or tombèrent sur lui. Il se mit à les ramasser dans son vêtement. Son Seigneur l’appela : “Ô Ayyub, ne t’ai-je pas enrichi au point de te passer de ce que tu vois ?” Il dit : “Si, par Ta puissance ! Mais je ne me passe pas de Ta bénédiction.” » (Sahih al-Bukhari, n°3391)
Date de vérification : 2026-02-21
Dernière mise à jour : 2026-02-21