Ta-Ha 20:1-55 - L'histoire de Moussa et Pharaon

📖 Tafsir - Ta-Ha 20:1-55 - L’histoire de Moussa et Pharaon

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📚 Étude des Versets

📌 Ta-Ha : La révélation du Coran et la mission de Moussa auprès de Pharaon

Référence : Sourate Ta-Ha (20), Versets 1-55

Contexte du signet :

La sourate Ta-Ha est une sourate mecquoise qui débute par une déclaration d’intention : le Coran n’a pas été révélé pour rendre malheureux le Prophète ﷺ, mais comme rappel pour ceux qui craignent Allah. Elle contient l’un des récits les plus détaillés de la mission de Moussa عليه السلام : son appel au buisson ardent dans la vallée sacrée de Tuwa, les miracles du bâton et de la main, sa demande de soutien par son frère Harun, et son envoi vers Pharaon. 'Umar ibn al-Khattab رضي الله عنه embrassa l’Islam après avoir entendu réciter les premiers versets de cette sourate chez sa sœur Fatima. Ibn Kathir la considère comme l’une des sourates les plus émouvantes sur le récit de Moussa.

Versets clés en français :

20:1-4 : « Ta, Ha. Nous n’avons pas fait descendre sur toi le Coran pour que tu sois malheureux, si ce n’est qu’un rappel pour celui qui craint [Allah], une révélation de Celui qui a créé la terre et les cieux sublimes. »

20:11-14 : « Puis, quand il y arriva, il fut appelé : “Ô Moussa ! Je suis ton Seigneur. Enlève tes sandales : tu es dans la vallée sacrée de Tuwa. Moi, Je t’ai choisi. Écoute donc ce qui va être révélé. Certes, c’est Moi Allah. Point de divinité que Moi. Adore-Moi donc et accomplis la prière pour te souvenir de Moi.” »

20:17-21 : « “Et qu’y a-t-il dans ta main droite, ô Moussa ?” Il dit : “C’est mon bâton sur lequel je m’appuie, qui me sert à effeuiller les arbres pour mes moutons, et j’en fais d’autres usages.” [Allah] dit : “Jette-la, ô Moussa !” Il la jeta ; et voilà qu’elle était un serpent qui rampait. [Allah] dit : “Prends-la et n’aie pas peur. Nous la ramènerons à son état premier.” »

20:25-28 : « [Moussa] dit : “Seigneur, ouvre-moi ma poitrine, et facilite ma mission, et dénoue un nœud en ma langue, afin qu’ils comprennent mes paroles.” »

20:39 : « “Jette-le [Moussa bébé] dans le coffret, puis jette-le dans le fleuve. Le fleuve le rejettera sur la rive, et un ennemi à Moi et à lui le recueillera. Et J’ai répandu sur toi une affection de Ma part, afin que tu sois élevé sous Mon œil.” »

20:44 : « “Puis, parlez-lui tous deux avec douceur. Peut-être se rappellera-t-il ou [Me] craindra-t-il.” »

Tafsir consulté :

  • [x] Ibn Kathir
  • [ ] At-Tabari
  • [ ] Al-Qurtubi
  • [ ] Autre : _______________

Notes du tafsir :

Ibn Kathir développe minutieusement le récit de Moussa, de l’appel divin à la confrontation avec Pharaon, comme un modèle de mission prophétique.

Points clés :

  1. Le Coran n’est pas une source de malheur (v.1-4) : Ibn Kathir explique que les mécréants de Quraysh disaient au Prophète ﷺ : « Ce Coran a été révélé pour te rendre malheureux. » Allah répond que le Coran est un rappel — non une source de peine — venant de Celui qui a créé la terre et les cieux. Le croyant qui porte le Coran porte la lumière, non un fardeau. C’est ce passage qui fit pleurer 'Umar ibn al-Khattab رضي الله عنه et provoqua sa conversion. Il dit : « Comme ces paroles sont belles et nobles ! » et alla déclarer sa foi au Prophète ﷺ (rapporté par Ad-Daraqutni et d’autres).

  2. L’appel dans la vallée sacrée de Tuwa (v.11-14) : Moussa عليه السلام, en voyage avec sa famille, aperçut un feu sur le mont Tur (Sinaï). En s’approchant, il entendit la voix d’Allah directement — sans intermédiaire angélique — un honneur qui lui valut le titre de « Kalim Allah » (l’interlocuteur d’Allah). L’ordre d’enlever ses sandales marque le respect dû à la sacralité du lieu. Le message est direct et sans ambiguïté : « Certes, c’est Moi Allah. Point de divinité que Moi. » Ibn Kathir souligne que la prière (salat) est mentionnée immédiatement après la déclaration de tawhid, montrant leur lien indissociable.

  3. Le bâton et la main : les deux miracles (v.17-22) : Allah demande à Moussa ce qu’il tient dans sa main — non par ignorance, mais pour établir la réalité ordinaire de l’objet avant le miracle. Le bâton, simple outil de berger, se transforme en serpent vivant. La main de Moussa, placée sous son aisselle, en ressort d’une blancheur éclatante, sans maladie. Ibn Kathir explique que ces deux miracles sont adaptés au contexte de l’Égypte, où la magie était l’art suprême : Pharaon et son peuple ne pouvaient arguer qu’il s’agissait de magie ordinaire, car ces prodiges dépassaient tout ce que les magiciens pouvaient produire.

  4. La prière de Moussa pour la facilitation (v.25-35) : Cette invocation est un modèle pour tout prédicateur. Moussa demande quatre choses : l’ouverture de la poitrine (le courage et la sérénité), la facilitation de la mission, le dénouement de sa difficulté d’élocution (probablement due à une brûlure de la langue dans son enfance), et le soutien de son frère Harun comme adjoint. Ibn Kathir note que le Prophète Muhammad ﷺ reçut une grâce supérieure : « N’avons-Nous pas ouvert pour toi ta poitrine ? » (Sourate Ash-Sharh 94:1) — Allah lui donna spontanément ce que Moussa avait dû demander.

  5. L’enfance de Moussa sous la protection divine (v.37-40) : Ibn Kathir retrace la chronologie : la mère de Moussa, inspirée par Allah, le place dans un coffret sur le Nil ; le coffret est recueilli dans le palais de Pharaon ; l’épouse de Pharaon (Asiya) s’attache à lui ; Moussa refuse toutes les nourrices jusqu’au retour de sa propre mère. Le verset 39 contient une expression extraordinaire : « J’ai répandu sur toi une affection de Ma part » (alqaytu 'alayka mahabbatan minni) — Allah a fait que quiconque voyait Moussa l’aimait, même Pharaon. Cette protection divine invisble est un miracle en soi : l’ennemi élève celui qui causera sa perte.

  6. Parler avec douceur même au tyran (v.44) : Cet ordre est d’une profondeur immense : Allah commande à Moussa et Harun de s’adresser à Pharaon — le plus grand tyran de l’époque, celui qui se proclamait dieu — « avec douceur » (qawlan layyinan). Ibn Kathir explique que « peut-être se rappellera-t-il ou craindra-t-il » montre que la porte du repentir est ouverte même au pire des oppresseurs. Si la douceur est prescrite avec Pharaon, elle l’est a fortiori avec tout autre interlocuteur. Ce verset est un fondement de l’éthique du dialogue en Islam.

  7. La connaissance d’Allah embrasse tout (v.52) : « La connaissance de tout cela est auprès de mon Seigneur, dans un Livre. Mon Seigneur ne Se trompe point et n’oublie pas. » Ibn Kathir commente que ce verset affirme deux attributs divins complémentaires : l’absence d’erreur et l’absence d’oubli. Tout est consigné dans la Table Préservée (Al-Lawh Al-Mahfuz) — le passé, le présent et le futur — avec une précision absolue. Cette affirmation rassure le croyant : aucune de ses bonnes actions n’est perdue, aucune injustice n’est oubliée.

Hadiths connexes :

  • 'Umar ibn al-Khattab رضي الله عنه embrassa l’Islam après avoir entendu réciter les premiers versets de la sourate Ta-Ha chez sa sœur Fatima bint al-Khattab. (Rapporté par Ad-Daraqutni et d’autres dans les livres de sira) — en lien avec les versets 1-4.

  • Le Prophète ﷺ a dit : « J’ai été favorisé par rapport aux prophètes par six choses », et parmi elles : « Il m’a été donné les paroles concises (jawami’ al-kalim). » (Sahih Muslim, Livre des mosquées, n°523) — en lien avec les versets 25-28 où Moussa demande la facilitation de la parole.

Date de vérification : 2026-02-21


Dernière mise à jour : 2026-02-21

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