📖 Tafsir - Ya-Sin 36:33-50 - Les signes dans la création
#islam #tafsir #versets #exégèse
📚 Étude des Versets
📌 Preuves de la résurrection à travers les signes naturels
Référence : Sourate Ya-Sin (36), Versets 33-50
Contexte du signet :
Après le récit des messagers rejetés, Allah présente des preuves tangibles de Sa puissance dans la nature : la terre morte qui revit, la nuit et le jour, le soleil et la lune, les navires. Ces signes démontrent que Celui qui crée et ordonne tout cela est capable de ressusciter les morts. Le passage se conclut par l’annonce soudaine de l’Heure.
Versets clés en français :
36:33 : « Et une preuve pour eux est la terre morte : Nous lui redonnons la vie et en faisons sortir des grains dont ils mangent. »
36:36 : « Gloire à Celui qui a créé tous les couples de ce que la terre fait pousser, d’eux-mêmes, et de ce qu’ils ne savent pas ! »
36:37 : « Et une preuve pour eux est la nuit, dont Nous dépouillons le jour, et voilà qu’ils sont dans les ténèbres. »
36:38 : « Et le soleil court vers un gîte qui lui est assigné ; telle est la détermination du Tout-Puissant, de l’Omniscient. »
36:39 : « Et la lune, Nous lui avons déterminé des phases jusqu’à ce qu’elle revienne comme la palme vieillie. »
36:40 : « Le soleil ne peut rattraper la lune, ni la nuit devancer le jour ; et chacun vogue dans une orbite. »
36:41 : « Et un signe pour eux est que Nous avons transporté leur descendance dans l’arche chargée. »
36:44 : « Si ce n’est par une miséricorde de Notre part et en tant que jouissance pour un certain temps. »
36:48 : « Et ils disent : “À quand cette promesse, si vous êtes véridiques ?” »
36:49 : « Ils n’attendent qu’un seul Cri qui les saisira pendant qu’ils se disputeront. »
Tafsir consulté :
- [x] Ibn Kathir
- [ ] At-Tabari
- [ ] Al-Qurtubi
- [ ] Autre : _______________
Notes du tafsir :
Ibn Kathir explique que ces versets constituent un argumentaire cosmologique puissant en faveur du Tawhid et de la résurrection.
Points clés :
La terre morte revivifiée (v.33-35) : Le premier signe est la terre aride que la pluie ressuscite, faisant sortir grains, jardins de palmiers et vignes, et des sources. Ibn Kathir souligne l’analogie directe : Celui qui redonne vie à la terre morte peut redonner vie aux ossements. Ce raisonnement est repris dans plusieurs sourates (Ar-Rum 30:19, Al-Hajj 22:5). Les fruits et la subsistance sont présentés comme une miséricorde que les hommes devraient reconnaître.
Les couples dans la création (v.36) : « Gloire à Celui qui a créé tous les couples » — Ibn Kathir note que ce verset englobe la dualité dans toute la création : mâle/femelle, nuit/jour, terre/ciel, doux/salé, lumière/obscurité. Le verset ajoute « et de ce qu’ils ne savent pas », indiquant qu’il existe des formes de dualité que l’homme n’a pas encore découvertes.
L’alternance nuit-jour (v.37) : L’image du jour « dépouillé » de la nuit (naslakh) évoque le geste de retirer une peau, laissant apparaître l’obscurité comme l’état originel. Ibn Kathir y voit un rappel de la fragilité de la lumière : c’est Allah qui la maintient, et Il peut la retirer à tout moment.
Le soleil et son « gîte » (v.38) : « Le soleil court vers un gîte (mustaqarr) qui lui est assigné. » Le Prophète ﷺ a expliqué ce verset à Abu Dharr رضي الله عنه : « Son gîte est sous le Trône. Il se prosterne et demande la permission de se lever à nouveau. Un jour, il lui sera dit : “Retourne d’où tu es venu”, et il se lèvera de l’ouest. » (Sahih al-Bukhari, Livre du début de la création, n°3199).
La lune et ses phases (v.39) : La comparaison avec « la palme vieillie » ('urjun al-qadim) est remarquable : le croissant lunaire à la fin de son cycle ressemble exactement à une vieille branche de dattier recourbée et jaunie. Ce cycle régulier sert de calendrier naturel pour les musulmans (mois lunaires, Ramadan, Hajj).
L’ordre cosmique parfait (v.40) : « Le soleil ne peut rattraper la lune, ni la nuit devancer le jour ; chacun vogue dans une orbite. » Ibn Kathir souligne la précision de cet ordre : chaque astre a sa trajectoire, sa vitesse, son rôle. Le mot « yasbahun » (يسبحون — ils voguent/nagent) évoque un mouvement fluide dans l’espace.
L’arche de Nuh et les navires (v.41-44) : Le rappel de l’arche de Nuh عليه السلام — qui transporta la descendance de l’humanité — est suivi par l’évocation des navires que les hommes construisent. Sans la miséricorde d’Allah, ils se noieraient sans personne pour les secourir. Ce bienfait maritime est un signe de la providence divine.
L’indifférence face aux signes (v.45-47) : Malgré ces preuves éclatantes, les mécréants détournent le regard quand on leur demande de dépenser de ce qu’Allah leur a accordé. Ils répondent avec sarcasme : « Nourrirons-nous quelqu’un qu’Allah aurait pu nourrir Lui-même ? » Ibn Kathir note que cette réponse trahit une incompréhension totale du sens de l’épreuve et de la solidarité.
La soudaineté de l’Heure (v.48-50) : Les mécréants demandent quand viendra la promesse du châtiment. La réponse est terrifiante : un seul Cri les saisira pendant qu’ils vaqueront à leurs affaires, en plein marché ou en pleine dispute. Ils n’auront le temps ni de faire de testament, ni de retourner vers leurs familles.
Date de vérification : 2026-02-21
Dernière mise à jour : 2026-02-21