Yunus 10:31-60 - Les preuves de l'unicité divine

📖 Tafsir - Yunus 10:31-60 - Les preuves de l’unicité divine

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📚 Étude des Versets

📌 L’unicité du Créateur, le défi du Coran et la miséricorde pour chaque communauté

Référence : Sourate Yunus (10), Versets 31-60

Contexte du signet :

Ces versets constituent le cœur argumentatif de la sourate Yunus. Après avoir établi la nature éphémère de ce monde (v.1-30), Allah interpelle directement les polythéistes avec des questions rhétoriques auxquelles ils ne peuvent que répondre par l’affirmation de Son unicité. Puis le Coran est défendu par un défi formel : produire ne serait-ce qu’une sourate semblable. Enfin, Allah expose le principe de justice divine — chaque communauté a reçu un messager — et décrit le Coran comme une guérison, une miséricorde et un guide.

Versets clés en français :

10:31-32 : « Dis : “Qui vous attribue de la nourriture du ciel et de la terre ? Qui détient l’ouïe et la vue ? Et qui fait sortir le vivant du mort et fait sortir le mort du vivant ? Et qui administre tout ?” Ils diront : “Allah.” Dis alors : “Ne Le craignez-vous donc pas ? Tel est Allah, votre vrai Seigneur. Au-delà de la vérité, qu’y a-t-il donc sinon l’égarement ? Comment alors pouvez-vous vous détourner ?” »

10:34-36 : « Dis : “Est-ce qu’il y a parmi vos associés un qui commence la création puis la refait ?” Dis : “C’est Allah qui commence la création puis la refait. Comment alors pouvez-vous vous détourner ?” Dis : “Est-ce qu’il y a parmi vos associés un qui guide vers la vérité ?” Dis : “C’est Allah qui guide vers la vérité. Celui qui guide vers la vérité est-il plus digne d’être suivi, ou bien celui qui ne se dirige qu’autant qu’il est lui-même dirigé ? Qu’avez-vous donc ? Comment jugez-vous ?” Et la plupart d’entre eux ne suivent que conjecture. Mais la conjecture ne sert à rien contre la vérité. Allah sait parfaitement ce qu’ils font. »

10:37-38 : « Ce Coran n’est nullement à être forgé en dehors d’Allah ; mais c’est la confirmation de ce qui existait déjà avant lui, et l’exposé détaillé du Livre — en quoi il n’y a pas de doute — venant du Seigneur des mondes. Ou bien ils disent : “Il l’a inventé.” Dis : “Composez donc une sourate semblable à ceci, et appelez à votre aide n’importe qui vous pourrez, en dehors d’Allah, si vous êtes véridiques.” »

10:47 : « À chaque communauté un messager. Et lorsque leur messager vint, tout fut décidé en équité entre eux, et ils ne furent point lésés. »

10:57-58 : « Ô gens ! Une exhortation vous est venue de votre Seigneur, une guérison de ce qui est dans les poitrines, un guide et une miséricorde pour les croyants. Dis : “[C’est] par la grâce d’Allah et par Sa miséricorde ; voilà de quoi ils devraient se réjouir. C’est bien mieux que tout ce qu’ils amassent.” »

Tafsir consulté :

  • [x] Ibn Kathir
  • [ ] At-Tabari
  • [ ] Al-Qurtubi
  • [ ] Autre : _______________

Notes du tafsir :

Ibn Kathir développe ces versets comme une démonstration rationnelle imparable du tawhid (unicité divine) et de l’authenticité du Coran.

Points clés :

  1. Les questions rhétoriques décisives (v.31-32) : Allah pose une série de questions dont la réponse est évidente même pour les polythéistes : Qui nourrit depuis le ciel et la terre ? Qui accorde l’ouïe et la vue ? Qui fait sortir le vivant du mort et le mort du vivant ? Qui administre toute chose ? Ibn Kathir souligne que les Quraysh eux-mêmes étaient contraints de répondre « Allah ». C’est la méthode coranique du « ilzâm » — amener l’adversaire à reconnaître la vérité par ses propres aveux. Puisqu’ils admettent qu’Allah est le Créateur et l’Administrateur de tout, leur adoration des idoles devient une contradiction flagrante.

  2. Au-delà de la vérité, il n’y a que l’égarement (v.32) : Ibn Kathir met en évidence ce principe logique fondamental. Il n’existe pas de position intermédiaire entre la vérité et l’égarement. Si Allah est le seul vrai Seigneur — ce que les polythéistes admettent — alors toute adoration dirigée vers un autre est nécessairement de l’égarement. Ce raisonnement binaire est un pilier du tawhid coranique.

  3. La conjecture ne remplace pas la vérité (v.36) : Les polythéistes fondaient leur croyance sur le suivi aveugle de leurs ancêtres et des suppositions sans preuve. Ibn Kathir commente que « la conjecture (al-zann) ne sert à rien contre la vérité (al-haqq) » — c’est un principe épistémologique coranique. En matière de croyance, seule la certitude basée sur des preuves divines est acceptable. Le Prophète ﷺ a dit : « Méfiez-vous de la conjecture, car la conjecture est le plus mensonger des propos » (Sahih al-Bukhari, Livre de l’adab, n°6064).

  4. Le défi de produire une sourate semblable (v.37-38) : C’est le célèbre « tahaddi » — le défi coranique. Après avoir affirmé que le Coran ne peut avoir été forgé par un humain, Allah lance un défi : produisez ne serait-ce qu’une seule sourate comparable, avec l’aide de qui vous voulez. Ibn Kathir rappelle que ce défi a été lancé progressivement dans le Coran : d’abord produire un livre semblable (17:88), puis dix sourates (11:13), puis une seule sourate (2:23, 10:38). En quatorze siècles, personne n’a relevé ce défi avec succès, ce qui constitue pour les savants musulmans la preuve la plus éclatante du caractère miraculeux (i’jâz) du Coran.

  5. Chaque communauté a eu son messager (v.47) : Ce verset établit un principe de justice divine universelle : aucun peuple n’est châtié sans avoir d’abord reçu un avertisseur. Ibn Kathir le relie au verset de la sourate Al-Isra (17:15) : « Nous ne châtions pas tant que Nous n’avons pas envoyé de messager. » Cela signifie que la responsabilité (taklif) n’existe qu’après la transmission du message. Le jugement de chaque communauté est rendu « en équité » — personne n’est lésé, car la preuve divine a été établie.

  6. Le Coran : guérison des poitrines (v.57) : Ibn Kathir explique les quatre qualités du Coran mentionnées dans ce verset : (a) une « exhortation » (maw’iza) qui touche les cœurs, (b) une « guérison de ce qui est dans les poitrines » (shifâ’) — c’est-à-dire qu’il guérit les maladies spirituelles comme le doute, l’hypocrisie et l’ignorance, © un « guide » (hudâ) qui montre le droit chemin, et (d) une « miséricorde » (rahma) pour les croyants. Ibn Kathir note que la guérison est « de ce qui est dans les poitrines », indiquant que le Coran soigne d’abord les cœurs avant les corps.

  7. Se réjouir de la grâce d’Allah (v.58) : Allah ordonne de se réjouir de Sa grâce et de Sa miséricorde — c’est-à-dire du Coran et de la guidance — plutôt que des biens matériels que les gens amassent. Ibn Kathir rapporte que certains Salaf interprétaient « la grâce d’Allah » comme l’Islam et « Sa miséricorde » comme le Coran. Ce verset remet en perspective les priorités : la plus grande richesse n’est pas l’or ni les biens, mais la guidance divine. Le Prophète ﷺ a dit : « La richesse ne réside pas dans l’abondance des biens, mais la vraie richesse est celle de l’âme » (Sahih al-Bukhari, Livre du raqâ’iq, n°6446).

Date de vérification : 2026-02-21


Dernière mise à jour : 2026-02-21

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