La 'aqîqah est le sacrifice d’une ou deux bêtes à l’occasion de la naissance d’un enfant. C’est une sunnah confirmée (mu’akkadah) selon la majorité des savants, et certains malikites la considèrent comme recommandée. Elle est un acte de gratitude envers Allah et un moyen de rançonner l’enfant.
كُلُّ غُلَامٍ مُرْتَهَنٌ بِعَقِيقَتِهِ تُذْبَحُ عَنْهُ يَوْمَ سَابِعِهِ وَيُسَمَّى وَيُحْلَقُ رَأْسُهُ
« Tout enfant est otage de sa 'aqîqah : on sacrifie pour lui le septième jour, on lui donne un nom et on rase sa tête. »
— Sunan at-Tirmidhi n°1522 (sahih selon Al-Albani)
📖 Le nombre de bêtes
- Pour un garçon : deux moutons (ou chèvres) équivalents
- Pour une fille : un mouton (ou une chèvre)
Le Prophète ﷺ a dit : « Pour le garçon, deux moutons équivalents, et pour la fille, un mouton. » (Sunan Abi Dawud n°2834, sahih selon Al-Albani)
Si les moyens sont limités, un seul mouton pour le garçon suffit. Le Prophète ﷺ a fait la 'aqîqah pour Al-Hassan et Al-Husayn d’un mouton chacun (Sunan Abi Dawud n°2841, sahih selon Al-Albani).
✅ Les règles de la 'aqîqah
Le moment
- Le septième jour après la naissance — c’est le moment idéal selon le hadith
- Si on ne peut pas le septième jour, le quatorzième, puis le vingt-et-unième (avis de certains savants comme l’imam Ahmad)
- Si on dépasse ces délais, on peut la faire à tout moment — mieux vaut tard que jamais
Les conditions de la bête
Les mêmes conditions que le sacrifice du 'Id al-Adha :
- L’âge minimum — un mouton d’au moins six mois, une chèvre d’au moins un an
- Pas de défauts apparents — ni borgne, ni boiteuse, ni malade, ni maigre à l’extrême
- Égorger en mentionnant le nom d’Allah — Bismillah, Allahu Akbar
Ce qui accompagne la 'aqîqah le même jour
- Le rasage de la tête du nouveau-né — on donne en aumône le poids des cheveux en argent (ou son équivalent)
- Le choix du prénom — un beau prénom parmi les noms aimés d’Allah ou les noms des prophètes
☀️ La distribution de la viande
Les savants divergent sur la répartition exacte. Les avis les plus répandus :
- Manger, offrir et donner en aumône — comme pour le sacrifice du 'Id, on la divise en trois tiers : un pour la famille, un pour les proches et amis, un pour les pauvres
- On peut cuisiner la viande et inviter les gens à un repas — c’est une occasion de joie et de partage
- Il est permis de donner au boucher une partie de la viande comme rémunération en plus de son salaire, mais pas en guise de paiement
⚠️ Points d’attention
- La 'aqîqah n’est pas obligatoire pour celui qui n’a pas les moyens — elle ne devient pas une dette
- Le père est le premier responsable du sacrifice, mais un autre peut le faire à sa place (grand-père, oncle…)
- Ne pas briser les os de la bête selon l’avis de certains savants (rapporté de 'Aisha رضي الله عنها), bien que d’autres considèrent cela comme non obligatoire
- Pas de 'aqîqah avec une part de vache ou de chameau selon l’avis prépondérant chez les hanbalites — c’est un mouton ou une chèvre entière. D’autres savants l’autorisent par analogie avec le udhiyah
📖 Et si les parents n’ont pas fait la 'aqîqah ?
Certains savants, dont l’imam Ahmad, estiment que l’adulte peut faire sa propre 'aqîqah si ses parents ne l’ont pas faite. Le Prophète ﷺ a fait la 'aqîqah pour lui-même après la prophétie selon un hadith rapporté par Al-Bayhaqi (dont l’authenticité est discutée). L’avis le plus prudent est que c’est permis sans être obligatoire.
🔗 Fiches liées
- Les droits de l’enfant avant et après la naissance
- L’éducation des enfants en Islam
- Le mariage : conditions et sunnahs
📚 Sources : Sahih al-Bukhari n°5471 · Sunan at-Tirmidhi n°1522 (sahih, Al-Albani) · Sunan Abi Dawud n°2834, n°2841 (sahih, Al-Albani) · Al-Mughni d’Ibn Qudama, chapitre de la 'aqîqah