Si tu as besoin d’aide maintenant
En France, si tu as des pensées suicidaires ou si tu t’inquiètes pour quelqu’un, appelle le 3114. Ce numéro est gratuit, accessible 24 h/24 et 7 j/7. Un professionnel formé à la prévention du suicide pourra t’écouter et t’orienter.
En cas de danger immédiat ou de passage à l’acte, appelle le 15 ou le 112. Si tu risques de te faire du mal, rejoins une personne de confiance et demande-lui de rester avec toi pendant l’appel. Éloigne-toi de ce qui pourrait te mettre en danger.
Hors de France, contacte les urgences ou un service de prévention du suicide de ton pays. Le 112 est utilisable dans l’Union européenne.
Ces repères viennent du 3114 et de Service Public. Tu peux demander de l’aide avant d’avoir les mots pour tout expliquer.
Pourquoi aborder ce sujet ici ?
Une recherche sur le suicide en Islam peut partir de situations très différentes : une question religieuse, une souffrance personnelle, l’inquiétude pour un proche ou un deuil. Une réponse limitée au mot « haram » laisse beaucoup de ces questions sans réponse.
Je présente ici les textes et les avis consultés, puis des moyens concrets de demander de l’aide. Je ne suis ni un savant ni un professionnel de santé. Pour les soins et la prévention, je m’appuie sur les ressources du 3114 ; pour les questions religieuses, sur le Coran, les hadiths authentiques et les avis identifiés ci-dessous.
1. Ce que les textes disent du suicide
Dans la sourate An-Nisa, verset 29, Allah dit :
« Et ne vous tuez pas vous-mêmes. Allah, en vérité, est Miséricordieux envers vous. »
Référence : Coran 4:29, extrait de la traduction de Muhammad Hamidullah, vérifié sur Quran.com.
Dar al-Ifta d’Égypte rappelle que le suicide est interdit et relève des péchés majeurs. L’institution présente cette interdiction comme fondée sur le Coran, la Sunnah et le consensus des savants. Elle précise aussi que cet acte, à lui seul, ne fait pas sortir son auteur de l’Islam. Avis de Dar al-Ifta, 8 mai 2014.
Cette règle religieuse doit être expliquée avec soin. Face à quelqu’un qui dit vouloir mourir, la priorité pratique est de prendre sa parole au sérieux et de l’aider à contacter un professionnel. Le 3114 recommande une écoute sans jugement et sans culpabilisation. Conseils du 3114 pour parler à un proche.
2. La miséricorde et le jugement d’une personne
Dans la sourate Az-Zumar, verset 53, Allah appelle Ses serviteurs à revenir vers Lui :
« ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. »
Référence : Coran 39:53, extrait de la traduction de Muhammad Hamidullah, vérifié sur Quran.com. Le tafsir d’Ibn Kathir disponible sur cette page explique ce verset comme un appel au repentir et au retour vers Allah. Il ne constitue pas une garantie permettant d’annoncer le sort d’une personne décédée.
Un récit de Sahih Muslim apporte un autre repère. Après le décès par suicide d’un homme qui avait émigré à Médine, At-Tufayl rapporte au Prophète Muhammad ﷺ un rêve concernant cet homme. Le Prophète ﷺ invoque alors Allah en sa faveur. Référence : Sahih Muslim 116, Livre de la foi, chapitre 49, hadith 218 ; authentique (sahih).
Ce texte permet de rappeler qu’une invocation en faveur d’un musulman mort par suicide a un fondement dans la Sunnah. Il ne rend pas le suicide licite et ne promet pas le pardon à toute personne dans cette situation. Il invite à éviter les affirmations définitives sur le sort d’un défunt.
3. Les funérailles et les invocations pour le défunt
Un musulman mort par suicide conserve les rites funéraires musulmans. Dar al-Ifta d’Égypte rappelle le devoir collectif du lavage rituel, du linceul, de la prière funéraire et de l’enterrement. Avis en français du 26 octobre 2015.
Une question revient à propos de Sahih Muslim 978, Livre des funérailles, chapitre 37, hadith 138 ; authentique (sahih) : ce récit rapporte que le Prophète ﷺ n’a pas personnellement accompli la prière funéraire sur un homme mort par suicide.
Ce récit ne suffit pas à conclure que toute la communauté doit refuser la prière funéraire. Dans un autre avis, Dar al-Ifta rappelle le droit du défunt musulman à cette prière et cite notamment le juriste malikite Ibn Abd al-Barr, dans Al-Istidhkar (3/29), sur la prière pour les musulmans ayant commis des péchés majeurs. L’institution rappelle également qu’il faut demander à Allah de leur pardonner. Avis de Dar al-Ifta du 19 avril 2011.
Pour organiser des funérailles ou résoudre une difficulté locale, contacte un imam compétent. Un article ne remplace pas cet accompagnement. La famille a aussi besoin d’une présence attentive pendant le deuil.
Demander des soins et garder un soutien spirituel
Des pensées suicidaires méritent une aide professionnelle. Le 3114 explique que la crise suicidaire peut se développer lorsque la souffrance paraît insupportable et que les solutions semblent ne plus exister. Des aides sont disponibles. Comprendre ce qui arrive, sur le site du 3114.
Un médecin, un psychologue ou un psychiatre peut accompagner cette souffrance. Un proche ou un imam peut apporter un soutien complémentaire, sans remplacer les soins. Pour trouver une aide adaptée, le 3114 peut orienter vers les ressources disponibles près de chez toi. Comment et à qui en parler ?.
La recherche de soins a sa place dans la vie religieuse. Un hadith rapporté par Abu Hurayra enseigne qu’Allah a créé un traitement pour les maladies : Sahih al-Bukhari 5678, Livre de la médecine, chapitre 1, hadith 1 ; authentique (sahih). Ce hadith ne promet ni une guérison immédiate ni l’efficacité d’un traitement précis.
L’article sur le tawakkul développe cette confiance en Allah accompagnée d’actions concrètes. La prière et les invocations peuvent rester un appui pendant une prise en charge. Si tu es en danger, contacte les secours sans attendre de te sentir mieux spirituellement.
Si tu traverses cette souffrance
Tu peux commencer par une phrase simple, adressée à un proche ou à un soignant : « J’ai des pensées suicidaires et j’ai besoin d’aide. » Tu n’as pas à préparer un récit complet pour appeler le 3114. Ses professionnels peuvent t’aider à préciser ce que tu traverses et à chercher une suite à cet échange. Le déroulement d’un appel au 3114.
Si tu crains de te faire du mal maintenant, appelle le 15 ou le 112 et demande à une personne de confiance de rester avec toi. Si tu es mineur, parle à un adulte de confiance, à l’infirmier scolaire ou à un médecin ; le 3114 est aussi une ressource pour demander de l’aide.
Si tu t’inquiètes pour quelqu’un
Le 3114 rappelle que parler directement du suicide ne suggère pas l’idée à la personne. Cela peut lui permettre d’exprimer sa souffrance. Tu peux lui demander : « Est-ce que tu penses au suicide ? »
Prends le temps d’écouter sa réponse. Évite les reproches, les comparaisons avec les épreuves des autres et les paroles qui font peser sur elle la douleur de sa famille. Ne promets pas de garder le secret si sa sécurité est en jeu : explique que tu veux chercher de l’aide avec elle.
Tu peux appeler le 3114, seul ou avec ton proche. L’évaluation du danger demande des professionnels formés ; tu n’as pas à la porter seul. En cas de danger immédiat, appelle le 15 ou le 112, reste auprès de la personne si tu peux le faire sans te mettre en danger, et suis les consignes des secours.
Sources : Que dire ? Quoi faire ? et Que faire si la personne envisage le suicide ?, ressources du 3114 ; numéros d’urgence, Service Public.
Après le suicide d’un proche
Un deuil après un suicide peut laisser des questions, de la colère ou de la culpabilité. Tu peux chercher une aide professionnelle ou associative, même longtemps après le décès. Le 3114 propose des repères pour l’entourage et peut aider à trouver un accompagnement.
Si tu soutiens une personne endeuillée, une aide concrète peut compter : apporter un repas, l’accompagner dans une démarche, prendre de ses nouvelles ou écouter un souvenir du défunt. Respecte son rythme. Évite de lui demander pourquoi elle n’a rien vu venir ou de lui imposer une façon de vivre son deuil. Conseils du 3114 pour accompagner un proche endeuillé.
Sur le plan religieux, les références présentées plus haut permettent de demander le pardon d’Allah pour le défunt musulman et de préserver ses rites funéraires. Elles ne donnent pas le droit d’annoncer sa condamnation à sa famille.
Sources consultées
Les références et les informations sur les services d’aide ont été vérifiées le 30 septembre 2026. Les citations françaises du Coran sont des extraits de la traduction de Muhammad Hamidullah ; les hadiths sont résumés et distingués des avis juridiques.
- Coran 4:29 : texte et traduction.
- Coran 39:53 : texte, traduction et tafsir d’Ibn Kathir.
- Sahih Muslim 116 : invocation en faveur d’un homme mort par suicide.
- Sahih Muslim 978 : récit concernant la prière funéraire.
- Sahih al-Bukhari 5678 : maladies et traitements.
- Dar al-Ifta d’Égypte : interdiction et statut du musulman, rites funéraires et prière pour les défunts, avec référence à Ibn Abd al-Barr.
- 3114 : numéro national et ressources de prévention, avec les pages thématiques liées dans l’article.
- Service Public : numéros d’urgence en France.